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Les faits de société à travers le prisme de l'économie…

Les spéculateurs sont-ils mauvais?

Dans une société où l’Etat est acteur économique majeur, il est nécessaire de posséder des fonds publics importants. Or depuis la chute des économie planifiée de l’ex URSS, il n’existe plus que deux moyens pour récupérer ces fonds : la fiscalité d’une part, la levée de fonds sur les marchés financiers d’autre part.

Lorsque la fiscalité a atteint un maximum, il faut alors se tourner vers les investisseurs financiers, les fameux « méchants » spéculateurs.

Que font-ils concrètement ? Ils acceptent de prêter leurs fonds pour une durée donnée en échange d’un intérêt qu’ils récupèrent régulièrement ou au terme du prêt. Il se crée donc simplement un marché de l’offre et la demande de fonds, et comme sur tous les marchés, le prix (ici l’intérêt) va fluctuer selon les quantités demandées et offertes et les risques de l’échange (ici le risque de ne pas être remboursé s’il y a faillite de l’Etat).

Lorsque les Etats ont besoin de fonds et que leurs finances sont mauvaises, les taux d’intérêt vont grimper puisque les investisseurs vont craindre un défaut de remboursement.

La première conclusion est donc que, loin d’être mauvais, les investisseurs sont l’expression marchande de la sanction d’une mauvaise gestion des finances publiques.

Oui mais, on voit aujourd’hui en Europe, qu’ils favorisent la faillite des Etats simplement pour faire des bénéfices ! Ils sont donc mauvais n’est-ce pas ?

Pas vraiment. En réalité, ils expriment leurs craintes face à des Etats qui ont du mal à coopérer. Ici, ils sanctionnent les défaillances institutionnelles du l’UE.

C’est ce que mettait en exergue un brillant article du journal The Economist cette semaine intitulé « The euro’s existential worries ».

Quelles sont ses défaillances institutionnelles ?

Elles sont le reflet de pays désireux de coopérer, de s’unir dans l’UE mais dont les fonctionnements sont très différents. D’un côté, des pays rigoureux dont le contrat social est fondé sur une stabilité économique (l’Allemagne d’après guerre longtemps blessée par une hyperinflation qui réduisait le pouvoir d’achat des citoyens), de l’autre des pays qui ont acheté la paix sociale avec d’importantes dépenses, des retraites généreuses et des réformes de fond toujours repoussées (la Grèce notamment). Ainsi, lorsqu’il s’est avéré que le système grec ne fonctionnait pas, il a fallu du temps aux Allemands pour accepter de se sacrifier pour un pays jugé « laxiste ».

Cette attente a été ressentie sur les marchés financiers comme un manque de coordination des Etats Membres, un sentiment qu’il y aura toujours des tensions entre ces pays unifiés mais trop différents pour connaître une croissance durable et homogène au sein de la zone. C’est cela qu’ont sanctionné les investisseurs.

Peut-on les condamner d’avoir peur ? Difficilement, étant donné que les premiers économistes ayant travaillé sur la création de l’union monétaire européenne avaient déjà fait les mêmes remarques…

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Encore un site d’économie ?

Les économistes sont restés dans leur tour d’ivoire depuis trop longtemps, au point qu’aujourd’hui ils sont accusés de tous les maux et ne trouvent plus de place pour s’expliquer. Trop abstraite, trop complexe, incapable d’expliquer les phénomènes actuels, voilà la conception qu’a l’individu lambda de l’économie. Ce blog a pour but de réconcilier cette discipline simple, vivante et intuitive avec ceux qui s’interrogent sur les problèmes que posent nos économies globalisées. Ici, pas de mathématiques, pas de grands discours ni de suites incompréhensibles de statistiques. Nous ramenons l’économie dans la réalité qu’elle n’aurait jamais du quitter…
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