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Les faits de société à travers le prisme de l'économie…

D’une bulle à l’autre, les délices de la politique champagne !

Pour fêter le livre de Nouriel Roubini (Economie de Crise), il serait peut-être de bon ton de développer un peu cette idée de bulles économiques.

Un concept flou mais pourtant pas si compliqué à comprendre, et tellement important pour anticiper les conséquences des politiques actuelles.

Pour saisir l’essence du concept, deux choses à garder en tête : premièrement, les hommes et femmes répondent aux incitations données par les institutions, c’est-à-dire que les institutions (politiques, économiques, sociales) font les incitations des individus qui font elles-mêmes les comportements et ce sont ces comportements qui aboutissent aux résultats qu’on observe dans la société. Ainsi, on ne peut comprendre une situation donnée simplement en observant la société ou le marché à un moment donné. Il faut toujours et avant tout tenir compte des institutions qui régissent les vies des gens.

Deuxièmement, les prix ont un sens. Un prix se fixe sur un marché selon les préférences des individus, la quantité de biens demandée et la quantité offerte par les producteurs qui dépend elle-même des capacités des entreprises. On peut donc dire que le prix reflète l’ensemble des goûts et capacités de la société, il est un symbole essentiel au bon fonctionnement du marché. Lorsque le prix augmente, c’est que les consommateurs veulent davantage de ce bien et cela incite de nouvelles entreprises à entrer sur le marché pour profiter de cette hausse de prix…

Que se passe-t-il alors quand les prix sont artificiellement modifiés ? Les producteurs font de mauvaises anticipations. Si le prix est artificiellement haut, ils pensent que la demande est grande et décident d’entrer sur le marché. Ils vont investir (engager des fonds qu’il faudra rembourser) pour produire plus et s’apercevront ensuite  que personne ne veut ces biens excédentaires. Ils ne pourront donc pas rembourser leurs investissements et feront faillite. C’est ce que Hayek appelait l’Effet Accordéon (Concertina Effect), car l’économie se détend artificiellement puis se contracte avec les faillites des entreprises trop nombreuses sur un marché.

Lorsque les entreprises ont sur-investi dans les valeurs informatiques (la fameuse bulle internet), les gouvernants des Etats-Unis ont tenté d’éviter l’éclatement de cette bulle. Craignant des faillites inéluctables (les entrepreneurs étaient trop optimistes), ils ont faciliter la création immobilière, en baissant les taux d’emprunt pour les entreprises et les ménages désireux d’acheter de l’immobilier. Ce fut le début de la crise des subprimes… En effet, en trichant sur un prix (ici le taux d’emprunt, qui n’est rien d’autre que le prix qui se fixe sur le marché des fonds prêtables, c’est-à-dire entre les personnes voulant emprunter et celles ayant de l’épargne), on a modifier les incitations des acheteurs et des investisseurs. On a alors produit trop d’immobilier par rapport à ce que pouvaient acheter les ménages américains. Quand les Américains s’en sont aperçus, les entrepreneurs ne pouvaient plus rembourser leurs investissements, ce fut l’éclatement de la bulle immobilière créée par l’Etat Américain pour éviter la bulle internet. C’est ça la politique champagne ! On passe d’une bulle à l’autre.

Et bien, c’est ce que nous prédit Nouriel Roubini (qui rappelons le, avait déjà prévu la crise des subprimes) pour les années à venir. La raison est toujours la même. En conservant des taux d’intérêt faibles dans les plus grandes places mondiales (US, UE), on incite les entrepreneurs à investir et à court terme, cela va créer de la croissance. Mais cette croissance sera fictive puisqu’on va produire alors que personne ne peut acheter ces nouveaux biens. Et hop ! Nouvelle bulle, nouvelle crise…

Cela doit nous amener à une conclusion fondamentale : chaque fois qu’il y a intervention publique dans l’économie, elle doit être mûrement réfléchie et jamais motivée par la volonté de « réorienter » l’investissement dans un secteur moins risqué ; sans quoi on ne fera que passer d’une bulle à l’autre, bulles devenant de plus en plus grosses jusqu’à ce qu’elles éclatent : la fatalité de la politique champagne…

A lire en complément : Le Blog à Lupus

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Classé dans:Soyons clairs !, Un peu de méthode, , , , , , , ,

One Response

  1. […] lira avec grand intéret :  D’une bulle à l’autre, les délices de la politique champagne ! (BLOG ICONOMIE) (cliquez sur le […]

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