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Les faits de société à travers le prisme de l'économie…

Rigueur, Thatcher et Laffer

Le Figaro titrait ce matin : «Les Plans de rigueur se multiplient en Europe». Que ce soit du fait des gouvernants ou sous les pressions de Bruxelles et du FMI, l’ensemble des pays se dirige vers une cure d’austérité.

Si la rigueur représente l’assainissement des économies nationales, elle véhicule encore des incertitudes et des craintes pour sur les marchés. Naturellement, la rigueur va ralentir la croissance et les dettes publiques sont si grandes que beaucoup doutent de l’efficacité d’un plan de rigueur. Comment faire pour réduire les dettes sans « plomber » la situation économique durablement ?

A ces incertitudes s’ajoutent deux facteurs de crainte : les économistes ne parviennent pas à se mettre d’accord ; là où les disciples de Friedman, les Nouriel Roubini affirment que la maîtrise des dépenses est fondamentale, les Stiglitz et autres affirment qu’une politique d’austérité fera sombrer l’économie mondiale. Par ailleurs, les gouvernements annoncent des politiques de rigueur sans avancer des propositions satisfaisantes. Alors comment faire ?

Le problème est que la politique à venir devra être novatrice en matière de rigueur. En effet, les succès du passé, notamment celui de Margareth Thatcher, était fondé sur une privatisation des secteurs « publics » et une politique d’offre visant à favoriser l’entreprenariat. Or les plans de relance passés ont été tournés vers la demande, une politique à la Keynes. Ainsi, ils ont favorisé encore l’endettement des Etats et réduit les marges de manœuvres des entreprises privées. En effet, lorsque l’Etat récupère des fonds sur les marchés financiers, il réduit la quantité de fonds disponibles pour le privé, c’est l’effet d’éviction. Il est donc impossible aujourd’hui de revenir à une politique d’offre sans accepter que les entreprises privées prennent leur temps pour réinvestir et se confrontent à un marché financier volatile du fait des changements de stratégies des gouvernements.

De plus, les privatisations sont moins aisées aujourd’hui parce que les Etats se sont déjà désengagés de beaucoup d’activité et que leurs déficits sont dus à des dépenses de fonctionnement et non d’investissement. Ainsi, même en se désengageant de certains marchés, l’Etat ne pourra réduire durablement son déficit. Il lui faut modifier la structure de ses dépenses.

Une solution avancée par beaucoup d’économistes dont Jacques Attali, serait d’augmenter les impôts, afin de réduire l’écart entre dépenses et recettes. Cependant, là encore, il faut observer le contexte : les taux d’imposition sont déjà très élevés et il est donc difficile de prévoir qu’une augmentation de la pression fiscale permettrait d’augmenter à coup sûr les recettes fiscales. En effet, lorsque la fiscalité est trop forte, les recettes fiscales diminuent ; c’est ce que nous apprend la Courbe de Laffer et sa fameuse maxime « trop d’impôt tue l’impôt » car il arrive à un moment où les impôts à payer son si élevés qu’ils réduisent les incitations des entrepreneurs et salariés à produire et à s’enrichir. Dès lors, l’assiette fiscale (ou base) se rétracte.

Alors, il sera difficile de privatiser, il est très risqué d’augmenter les impôts et il faut réformer la structure des dépenses de l’Etat. Que faire pour s’en sortir ?

Notre opinion est qu’il est plus que temps d’abandonner le dogme de l’Etat Providence pour inventer une nouvelle organisation sociale. Comme le disait ce matin Alain Madelin, sur BFM radio, « il faut passer d’un Etat Providence à un Etat social, qu’il reste à inventer »

Pour une analyse contradictoire, lire le blog Déchiffrage

En complément : Démystifier la finance , Le futur c’est tout de suite « déficits, qui est responsable? »

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One Response

  1. […] LIRA AVEC GRAND INTERET : Rigueur vs. Croissance, mais qui a raison ? et Rigueur, Thatcher et Laffer (BLOG ICONOMIE) (cliquez sur le […]

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Les économistes sont restés dans leur tour d’ivoire depuis trop longtemps, au point qu’aujourd’hui ils sont accusés de tous les maux et ne trouvent plus de place pour s’expliquer. Trop abstraite, trop complexe, incapable d’expliquer les phénomènes actuels, voilà la conception qu’a l’individu lambda de l’économie. Ce blog a pour but de réconcilier cette discipline simple, vivante et intuitive avec ceux qui s’interrogent sur les problèmes que posent nos économies globalisées. Ici, pas de mathématiques, pas de grands discours ni de suites incompréhensibles de statistiques. Nous ramenons l’économie dans la réalité qu’elle n’aurait jamais du quitter…
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