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Les faits de société à travers le prisme de l'économie…

Henri de Castries sur la Réglementation

Voici l’interview d’Henri de Castries, PDG d’AXA par le magasine Le Temps.

«Notre modèle de réussite, c’est le modèle suisse, fait de fédéralisme et de discipline»

Henri de Castries, 55 ans, préside le conseil d’administration du groupe français AXA depuis le 29 avril 2010 et la direction générale depuis dix ans. Axa est le plus grand groupe européen d’assurances. Il compte 216 000 collaborateurs dans le monde, et a réalisé en 2009 90 milliards d’euros de chiffre d’affaires et 3,6 milliards d’euros de bénéfice. Rencontré à Bordeaux, où AXA a invité la presse, Henri de Castries a répondu aux questions du Temps et du Tages-Anzeiger. Le groupe tenait son assemblée générale lundi.

Le Temps: Si la réglementation financière s’accroît, quel en sera l’impact?

Henri de Castries: J’ignore ce que signifie une plus forte réglementation. Elle doit s’améliorer, mais pas s’accroître. La crise est aussi celle de la réglementation. Elle n’a pas aidé à sa résolution, spécialement dans le secteur bancaire.

– Les marchés boursiers ont sanctionné les assurances depuis la crise de l’euro, non?

– Certes, mais faut-il changer la réglementation parce que les actions baissent?

– Non, mais est-ce que cela suppose que le risque des actions d’assurance est plus élevé qu’on ne le pense?

– Cela signifie plutôt que les marchés pensent que les bénéfices des assurances seront inférieurs aux attentes. Il est possible que les marchés se trompent. Mais des cours plus bas en bourse ne doivent pas conduire à une réglementation accrue

Notre action valait 6 euros en mars 2009 (ndlr: plus de 13 euros lundi). Etait-ce correct? Nous n’avons pourtant pas eu besoin de nouveaux capitaux. Le niveau de l’action exprimait uniquement les craintes des investisseurs. Nous sommes dans un secteur à long terme, mais la volatilité à court terme peut être élevée.

– De très grands groupes ont mal géré leur communication pendant la crise. Quel enseignement en tirez-vous?

– Il faut être beaucoup plus actif, faire confiance aux employés et renforcer la coordination. A l’image de la différence entre un paquebot et le rafting, un système très hiérarchisé et vertical ne fonctionne pas dans un environnement où le changement est rapide. Chacun doit pouvoir prendre rapidement une décision sans attendre un patron très éloigné. L’efficacité se nourrit de la décentralisation des décisions associée à un contrôle de qualité.

– La décentralisation, ce n’est pas très français, non?

– C’est possible. Nous appliquons un système fédéral, comme la Suisse. Notre modèle de réussite, c’est le modèle suisse, fait de fédéralisme et de discipline. Je rappelle que la Suisse a gagné toutes ses guerres contre les Français.

Beaucoup d’entreprises françaises ont un modèle différent du nôtre. AXA est relativement jeune, même si nous avons racheté plusieurs sociétés avec une longue tradition. La vision présentée par Claude Bébéar (ndlr: le fondateur du groupe) a toujours été de développer au plan mondial une stratégie de croissance qui respecte les différences culturelles. Aujourd’hui 80% de nos clients ne sont pas Français et 80% de nos employés ne sont pas Français.

– Quel est pour un assureur comme AXA l’enseignement à tirer de l’accident de BP aux Etats-Unis?

– Si vous avez une marque mondiale et si vous rencontrez un problème en un endroit, vous serez touché dans l’ensemble de votre réseau. AXA n’avait pas assuré cette activité, parce que ce n’est pas un type de risque que nous souhaitions prendre.

– Comment se développe la Suisse, à votre avis?

– L’économie suisse, à quelques exceptions près, a bien résisté durant la crise. La dette publique est inférieure à bien d’autres pays. La question porte sur le modèle de place financière dans l’environnement qui prévaudra dans 10 ou 20 ans, notamment avec un contrôle accru de la fiscalité et un moindre afflux de fonds des pays voisins.

La Suisse pourra s’en sortir grâce à la bonne réputation de ses banques. D’ailleurs, les contrôles fiscaux accrus ne devraient pas causer des problèmes majeurs aux banques suisses. La compétitivité du pays est un atout majeur.

Pour lire l’interview sur le site original, c’est ici.

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