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Les faits de société à travers le prisme de l'économie…

Pour le plaisir, une petite critique de l’administration par un physicien…

L’élément le plus lourd

par Suren Erkman (le Temps)

L’Administratium a été découvert il y a 20 ans, par William DeBuvitz, ce qui a valu à ce dernier l’IgNobel de physique 1991

Un jour de février 1988, alors qu’il faisait passer des examens, William DeBuvitz, professeur de physique dans un College du New Jersey, lisait un mémo sur une énième restructuration de son institution, présentant le lot habituel de nouveaux directeurs et autres adjoints. Au même instant, son regard s’arrêta sur un grand tableau périodique des éléments, affiché au mur. En un éclair de sérendipité, un nouvel élément chimique était né: l’Administratium (symbole Ad). En 1990, cette découverte fondamentale eut les honneurs du Journal of Irreproducible Results, avant de valoir à son auteur, onction suprême, l’IgNobel de physique (parodie des Prix Nobel) en 1991.

On ne saurait trop déplorer l’injuste discrétion qui a entouré le vingtième anniversaire de la publication de cette contribution décisive à la patachimie. Heureusement, grâce aux patientes investigations de nombreux chercheurs de l’ombre, on en sait aujourd’hui un peu plus sur cet élément fascinant. L’Administratium ne possède ni protons ni électrons. En revanche, il comporte un neutron, 125 assistants-neutrons, 75 vice-neutrons, et 111 assistants-vice-neutrons, ce qui en fait, avec une masse atomique de 312, l’élément chimique le plus lourd connu à ce jour.

L’Administratium étant dépourvu d’électrons, il est chimiquement totalement inerte. Toutefois on peut le détecter indirectement, car il ralentit systématiquement les réactions: un processus se déroulant normalement en une fraction de seconde peut prendre plusieurs jours en présence d’Administratium.

Des campagnes de prospection récentes laissent penser que la quantité totale d’Administratium, présent principalement sous forme d’un minerai super-amorphe (la «bureaucratite»), augmente inexorablement, en dépit des divers tsunamis néo- ou ultralibéraux balayant régulièrement la planète. La nouvelle est inquiétante, car l’exposition à l’Administratium, même à très faible dose, provoque un tableau clinique préoccupant, comme le rappelle Wikipédia: hypertension, hyperthermie, vasodilatation périphérique faciale et même coprolalie.

Il va sans dire que la recherche d’un antidote efficace constituera l’une des priorités du futur pôle d’excellence académique «Frontiers in Administratium». En attendant, le consommateur citoyen ne peut que se réjouir en apprenant la prochaine mise sur le marché, par une start-up des cleantechs, d’une nouvelle qualité d’éco-administratium bio et équitable – totalement neutre en carbone, comme il se doit.

Article originellement publié ici.

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Les économistes sont restés dans leur tour d’ivoire depuis trop longtemps, au point qu’aujourd’hui ils sont accusés de tous les maux et ne trouvent plus de place pour s’expliquer. Trop abstraite, trop complexe, incapable d’expliquer les phénomènes actuels, voilà la conception qu’a l’individu lambda de l’économie. Ce blog a pour but de réconcilier cette discipline simple, vivante et intuitive avec ceux qui s’interrogent sur les problèmes que posent nos économies globalisées. Ici, pas de mathématiques, pas de grands discours ni de suites incompréhensibles de statistiques. Nous ramenons l’économie dans la réalité qu’elle n’aurait jamais du quitter…
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