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Les faits de société à travers le prisme de l'économie…

Faut-il se réjouir de la hausse de l’€uro?

Hourra! L’euro, malgré une légère baisse ce matin, reste au dessus des 1,30 dollar! Certains journalistes économiques nous présentent cela comme une victoire, mais est-ce vraiment le cas?

Raisons des variations de devises

La variation des devises à court terme dépend de deux facteurs, le différentiel de taux d’intérêt tout d’abord, c’est-à-dire que les détenteurs de devises cherchent le lieu où l’argent sera le mieux rémunéré. Lorsque ces taux d’intérêt sont faibles sur toutes les places économiques, ils se tournent vers le différentiel de taux de croissance, c’est-à-dire qu’ils recherchent le lieu où la richesse se crée le plus rapidement. Alors quand l’euro grimpe face au dollar, c’est plutôt une bonne nouvelle!

Tout est affaire de contexte

A y regarder de plus près, étant donné le faible taux de croissance européen, la baisse du dollar est avant tout une terrible nouvelle pour les Américains, cela veut dire que même un taux faible en Europe est préféré par les détenteurs de devises, reflet de leur manque de confiance dans l’avenir des US. Mais pour l’Europe, ce n’est guère mieux. Un euro fort c’est avant tout un frein pour les exportations (d’aucun diront un moyen de se protéger de l’inflation importée, mais en ce moment, quelle inflation?) et à l’heure où le marché intérieur n’est que peu dynamique, c’est se priver des exportations qui permettraient à nos entreprises de se relancer.

Mais il y a plus grave…

Mais il y a plus grave! Lorsque les investisseurs placent leur argent dans une zone où le taux d’intérêt n’est que de 1% et que l’accélération du taux de croissance est encore plus faible, c’est qu’ils ne voient plus de perspectives de croissance. Les risques liés à la dette des pays ainsi que la crainte d’une hausse des impôts dissuadent les agents économiques de se lancer dans des projets de long terme. Dès lors, même avec des taux d’intérêt de court terme aussi bas, les investissements n’augmentent pas et on se met à prier pour conserver un peu d’inflation (ou éviter la déflation) histoire de ne pas se retrouver dans la situation japonaise symbolisée par le tristement fameux « aplanissement de la courbe des taux »…

Alors faut-il se féliciter d’un euro fort? Oui, à condition de favoriser l’investissement interne et cela passe forcément par une réforme fiscale favorable aux entreprises à défaut de réelles perspectives d’enrichissement. En d’autres termes, la rigueur de l’Etat ne doit pas signifier la rigueur des entreprises…

A lire en complément: L’analyse de Luc Gaudet, DG chez Placements Louisbourg,

Et aussi, Convergence ou Concurrence fiscale par Jacques Garello, le Figaro

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Classé dans:Infos éco, Soyons clairs !, Un peu de méthode

2 Responses

  1. LOmiG dit :

    Salut
    merci pour cet éclairage, et je fonce lire l’article de Garello !

  2. Merci pour les explications pertinentes

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Encore un site d’économie ?

Les économistes sont restés dans leur tour d’ivoire depuis trop longtemps, au point qu’aujourd’hui ils sont accusés de tous les maux et ne trouvent plus de place pour s’expliquer. Trop abstraite, trop complexe, incapable d’expliquer les phénomènes actuels, voilà la conception qu’a l’individu lambda de l’économie. Ce blog a pour but de réconcilier cette discipline simple, vivante et intuitive avec ceux qui s’interrogent sur les problèmes que posent nos économies globalisées. Ici, pas de mathématiques, pas de grands discours ni de suites incompréhensibles de statistiques. Nous ramenons l’économie dans la réalité qu’elle n’aurait jamais du quitter…
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