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Les faits de société à travers le prisme de l'économie…

Economie et liberté, le cas Russe…

Pourquoi certaines informations ne sont pas relayées par les médias ?  Pourtant cela permettrait de comprendre les raisons des difficultés de commercer et de s’entendre aussi bien économiquement que politiquement avec certains pays…

En voici une illustration.  Moscou, 5 Novembre dernier, Oleg Kashin, journaliste au « Kommersant » a été littéralement passé à tabac à l’entrée de son domicile. Ses agresseurs lui ont brisé les doigts pour qu’il ne puisse plus écrire, la mâchoire pour qu’il ne puisse plus parler et une jambe pour qu’il ne puisse plus marcher. Le choc tant émotionnel que physique fut si violent que les médecins durent le plonger dans un coma artificiel.

La raison d’une telle agression : Kashin écrivait sur la gestion des grands problèmes économiques et politiques par le Kremlin, notamment un projet de construction autoroutière à travers une forêt dans les alentours de Moscou. Dernière d’une longue liste d’agression – au moins 22 journalistes tués en Russie d’après Journalistes Sans Frontières – cette démonstration de violence représente une gradation de l’intolérance du pouvoir à l’égard de ses détracteurs, en effet Kashin, contrairement à Anna Politkovskaya assassinée en 2006, ne menait pas d’investigations destinées à mettre à mal le pouvoir du Kremlin.

Pourtant nul doute qu’une telle attaque quelques jours à peine après les déclarations de Khodorkovsky lors de son procès, dont le jugement devra être rendu le 15 décembre prochain, met en évidence les difficultés de vivre en harmonie avec un voisin si peu concerné par la « rule of law ».

Comment échanger librement avec un pays dans lequel même la presse n’est pas libre (d’après l’index of press freedom, la Russie 140ème est moins libre que l’Afghanistan et la Turquie et juste au dessus de l’Irak) ? D’après l’édition russe du magasine Forbes, « Peu importe qui se trouve derrière ce crime, la responsabilité demeure celle du chef de l’Etat. Ce n’est qu’avec son consentement  ou son encouragement  qu’une telle atmosphère de terreur contre ses dissidents a pu être créée, la censure restaurée et le contrôle civil sur les services de sécurité et la police réduit à néant, rendant la concurrence honnête impossible ».

A l’heure où les Etats Membres de l’Union Européenne cherchent un accord sur la création d’un marché unique de l’énergie pour éviter la dépendance à la Russie des pays les plus à l’Est  (souvenons-nous de la crise de gas naturel en Géorgie il y a quelques années), débattant sur l’efficacité économique à moyen terme d’un réseau européen, peut-être faudrait-il prendre la situation russe en considération.

En complément :

Les déclarations de Khodorkovsky

L’analyse de l’International Press Institute

Press Freedom Index

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Affaire Kerviel et Aléa Moral…

Jérôme Kerviel a été condamné hier à 3 ans de prison et 4,9 milliards d’euros (de dommages et pas d’intérêts, sic!). La Société Générale sort donc totalement blanchie de cette sombre affaire et ce qui permet d’affirmer cela est bien le montant des dommages qui ne seront d’ailleurs jamais remboursés.

Si la condamnation du trader semble logique, tous sourient face à la somme exorbitante annoncée par la court. En effet, c’est la condamnation la plus lourde déclarée par un tribunal en France et elle pèse sur un particulier. Mais beucoup ont déjà relevé cette absurdité! Ce qui nous choque d’autant plus c’est le peu de cas qui est fait de la défense de la SoGé : « nous ne sommes pas responsables, nous ne pouvions pas savoir ce que faisait cet électron libre avec nos fonds », voilà ce que disent les dirigeants en substance.

Mais alors, deux cas sont possibles. Soit les dirigeants mentent, comme beaucoup d’analystes financiers le pensent, puisqu’il est très difficile de cacher les lignes d’investissements et de dépenses quotidiens pour un trader, et la Société Générale est donc responsable d’avoir fermer les yeux sur les risques pris par son poulain. Soit personne dans la banque n’a rien vu (c’est la conclusion du juge), et alors il ne fait pas bon placer son argent dans une telle institution qui ne sait même où passent les fonds laissés à sa disposition. Finalement, l’aveu même de la SoGé est d’être totalement inefficace, incapable de contrôler ses propres activités…

Cependant, cette stratégie s’avère payante, puisque le juge (sûrement peu versé dans les « arcanes » de la finance) a donné raison à la banque. Et quelles sont les incitations qui découlent de ce procès: pour les trader, il va falloir être plus prudent, et c’est une bonne chose, mais pour les banques; elles pourront toujours cacher leurs responsabilités derrière l’avidité des traders… Le voilà l’aléa moral qui résulte d’un tel jugement: pour ne pas être condamnées, les banques n’ont qu’à se montrer de moins en moins regardantes sur les activités de leurs traders pour ensuite les accuser s’ils venaient à leur faire perdre de l’argent. En caricaturant un peu, on pourrait dire que les banques se couvrent en se montrant incompétente dans le contrôle de leurs activités financières.

Finalement, tant que les acteurs juridiques ne comprendront pas les mécanismes bancaires et financiers, une seule maxime demeurera pour paraphraser quelqu’un : « Greed is still good »…

 

A lire en complément : le blog de Dominique Seux

Et aussi : le blog à Lupus

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Faut-il se réjouir de la hausse de l’€uro?

Hourra! L’euro, malgré une légère baisse ce matin, reste au dessus des 1,30 dollar! Certains journalistes économiques nous présentent cela comme une victoire, mais est-ce vraiment le cas?

Raisons des variations de devises

La variation des devises à court terme dépend de deux facteurs, le différentiel de taux d’intérêt tout d’abord, c’est-à-dire que les détenteurs de devises cherchent le lieu où l’argent sera le mieux rémunéré. Lorsque ces taux d’intérêt sont faibles sur toutes les places économiques, ils se tournent vers le différentiel de taux de croissance, c’est-à-dire qu’ils recherchent le lieu où la richesse se crée le plus rapidement. Alors quand l’euro grimpe face au dollar, c’est plutôt une bonne nouvelle!

Tout est affaire de contexte

A y regarder de plus près, étant donné le faible taux de croissance européen, la baisse du dollar est avant tout une terrible nouvelle pour les Américains, cela veut dire que même un taux faible en Europe est préféré par les détenteurs de devises, reflet de leur manque de confiance dans l’avenir des US. Mais pour l’Europe, ce n’est guère mieux. Un euro fort c’est avant tout un frein pour les exportations (d’aucun diront un moyen de se protéger de l’inflation importée, mais en ce moment, quelle inflation?) et à l’heure où le marché intérieur n’est que peu dynamique, c’est se priver des exportations qui permettraient à nos entreprises de se relancer.

Mais il y a plus grave…

Mais il y a plus grave! Lorsque les investisseurs placent leur argent dans une zone où le taux d’intérêt n’est que de 1% et que l’accélération du taux de croissance est encore plus faible, c’est qu’ils ne voient plus de perspectives de croissance. Les risques liés à la dette des pays ainsi que la crainte d’une hausse des impôts dissuadent les agents économiques de se lancer dans des projets de long terme. Dès lors, même avec des taux d’intérêt de court terme aussi bas, les investissements n’augmentent pas et on se met à prier pour conserver un peu d’inflation (ou éviter la déflation) histoire de ne pas se retrouver dans la situation japonaise symbolisée par le tristement fameux « aplanissement de la courbe des taux »…

Alors faut-il se féliciter d’un euro fort? Oui, à condition de favoriser l’investissement interne et cela passe forcément par une réforme fiscale favorable aux entreprises à défaut de réelles perspectives d’enrichissement. En d’autres termes, la rigueur de l’Etat ne doit pas signifier la rigueur des entreprises…

A lire en complément: L’analyse de Luc Gaudet, DG chez Placements Louisbourg,

Et aussi, Convergence ou Concurrence fiscale par Jacques Garello, le Figaro

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Echange est Richesse

L’OCDE publiait mercredi 16 juin son rapport sur les « Perspectives du développement mondial 2010 » qui met en avant une tendance nouvelle dans l’économie mondiale : un déplacement des échanges vers les pays en développement et une redistribution des richesses en leur faveur.

Deux remarques nous viennent à l’esprit à la lecture de ce rapport. Tout d’abord, il grave dans le marbre, si c’était encore nécessaire, une vérité profonde que beaucoup d’Européens ont oublié : la richesse des nations est liée à l’ouverture des frontières, à l’échange international. Deux exemples suffisent à illustrer cette vérité : la Chine a retrouvé – et nous insistons sur le terme retrouvé – une place de géant économique lorsqu’elle a accepté le jeu des échanges internationaux, rompant ainsi avec l’idéal de la Muraille qui l’avait entrainé vers le déclin que l’on sait ; et aujourd’hui, elle en est même le principal bénéficiaire, l’exportateur le plus compétitif dans nombre de secteurs. L’Inde a décollé de façon spectaculaire en s’ouvrant à l’échange, sur les conseils du Prix Nobel d’Economie Milton Friedman et de ses « Chicago Boys », au point de représenter une énigme pour les économistes tant son évolution a été rapide.

L’échange est donc moteur d’enrichissement national. Mais l’échange est aussi moteur d’enrichissement mondial, global et c’est l’objet de notre deuxième remarque.

La compréhension du mécanisme même de l’échange – ce que Hayek, un autre Prix Nobel, appelait la « catallaxie » c’est-à-dire « faire d’un ennemi  un ami » – dépend des mots choisis pour le définir et à ce jeu, c’est nous, Occidentaux, qui avons le plus d’efforts à fournir.

Redistribution des richesses ? Mais de quoi parle-t-on ? Lorsqu’un pays se lance dans le commerce international,  il apporte de nouveaux produits, de nouveaux moyens de production et augmente ainsi le stock de richesses mondiales. Les bénéfices qu’il retire de son commerce ne sont pas des pertes pour les autres concurrents mais bel et bien le résultat d’un apport supplémentaire dans la lutte mondiale contre la rareté. Rien n’a été redistribué, de la richesse a été créée !

Pour ne pas avoir peur de la montée en puissance de ces pays émergents, pour comprendre au contraire la chance que cela représente pour nous, habitants des vieux pays développés, il faut cesser de voir l’économie comme une tarte dont les parts sont redécoupées au gré des acteurs et de la concurrence. Quand un nouveau concurrent entre dans le jeu, ce ne sont pas les parts qui changent mais la taille de la tarte, et à ce jeu là, la richesse potentielle est infinie.

Loin de nous effrayer, l’ouverture et la compétitivité des pays émergents doivent nous rassurer car l’échange international est le meilleur remède aux prévisions alarmistes de Malthus et de siens, « au banquet de l’économie ouverte, il y aura toujours plus de couverts que d’invités. »

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L’Equipe de France, reflet de la politique française ?

Comme il fallait s’y attendre, Marine le Pen marchant dans les pas de son père y est allée de son commentaire sur l’équipe de France, ce jeudi à l’émission de Jean-Jacques Bourdin sur BFM Radio.

Affirmant ne pas se reconnaître dans cette équipe, bien que plus fine que son père, elle expliquait que c’était le résultat du comportement des joueurs qui ont « une autre patrie de cœur » et ne chante pas la marseillaise… A dire vrai, ce n’est pas si éloigné des propos de Jean Marie le Pen ; le cœur du débat est toujours l’immigration n’est-ce pas !

Au lieu de polémiquer sur ces commentaires, utilisons-les pour comprendre le fond de l’histoire : les joueurs sont pour majorité issus de familles d’immigrés et le montre lorsqu’ils évoquent une « patrie de cœur » qui fait frémir la vice-présidente du FN. Y a-t-il une raison a cela ? Oui, et cette raison est purement économique. Pour le comprendre, posons-nous les bonnes questions et dans l’ordre s’il vous plait.

D’où viennent ces joueurs ?

Lorsqu’on étudie les origines des joueurs français et donc de sélectionnés en équipe de France, un constat s’impose : une grande majorité est issue des classes pauvres. En effet, il est rare de voir un joueur dont les parents dirigent une grande entreprise ou occupent une fonction politique de premier rang. En réalité la plupart viennent des banlieues défavorisées, des cités qui bordent les grandes villes (Paris, Marseille, Lyon entre autres). Et quelle population vit principalement dans les cités ? Celle issue de l’immigration récente (quelques décennies). Alors en effet, si la majorité des joueurs viennent des cités et des banlieues pauvres, il y a de grandes chances qu’ils soient d’origine nord-africaine puisque les immigrés d’Afrique du Nord y sont nombreux. Si l’on est un homme politique, on peut stopper le raisonnement ici. En revanche, en tant qu’économiste, il nous faut nous interroger sur la raison de cette différence entre famille pauvre et famille aisée. Pourquoi les premières constituent le plus grand producteur de joueurs de football ?

L’argent facile !?

On pourrait répondre que « ce sentiment d’argent facilement gagné », « le pognon qui dégouline de ces gens » – pour citer Marine le Pen – qui incite les gens des quartiers défavorisés à se lancer dans le football. Mais ce serait oublier une chose essentielle : l’aventure du foot professionnelle est très risquée. Combien parviennent à devenir professionnels ? Combien de jeunes joueurs référencés à la Fédération Française de Football (plus de 2 millions) réussiront à devenir professionnel ? A dire vrai, un jeune au talent moyen qui se lance dans cette expérience a plus de chance de se retrouver au chômage une fois sortie du centre de formation (s’il est parvenu à y entrer) que de devenir un joueur médiocre de Ligue 1. Alors pourquoi essaye-t-il quand même ?

Le coût d’opportunité !

Le coût d’opportunité est le coût du renoncement à l’ensemble des autres gains possibles lorsqu’on prend une décision. Soyons plus clair. Dans notre cas du footballeur en herbe qui veut devenir professionnel, il va se demander à quoi il renonce en investissant tout son temps et ses efforts dans son rêve. Il fait un arbitrage entre gagner de l’argent avec un autre travail selon une certaine probabilité (le taux de chômage réduit la probabilité) et gagner énormément d’argent mais avec une probabilité presque nulle : celle de devenir professionnel ! A présent prenons deux enfants : Paul, issu d’une famille aisée, vivant au cœur de Paris et ayant à sa disposition un patrimoine suffisamment important pour mener les études qu’il désire. De l’autre côté, prenons Enzo, enfant issu d’une famille pauvre, vivant dans les quartiers nord de Marseille et n’ayant aucun patrimoine pour effectuer des études. Comment ces jeunes gens vont-ils envisagés l’avenir, sachant qu’ils seraient tous deux tentés de devenir footballeur professionnel.

Paul sait que la probabilité de devenir professionnel est faible alors qu’il peut facilement enchaîner les grandes écoles et les diplômes et donc obtenir avec une grande probabilité un poste à haut revenu. Pour lui, sacrifier ce gain presque certain pour avoir une chance infime de devenir professionnel représente un risque énorme et il choisira certainement de continuer ses études, faisant du football le loisir du week-end avec ces collègues de bureau. C’est cela le coût d’opportunité, le coût de renoncer à cette vie dans laquelle faire des études et trouver un travail est quasiment certain. Un coût d’opportunité énorme donc ! Qu’en est-il de Enzo ?

Pour Enzo, les choses sont différentes. Lui aussi est conscient de la difficulté de devenir professionnel. Mais lorsqu’il se demande si cela vaut la peine d’essayer, il compare avec ses autres perspectives d’avenir. De faibles chances d’obtenir un bon diplôme (faute d’argent, il lui faudra mener de front ses études et un petit job), un taux de chômage des jeunes issus de son milieu très élevés (principalement si l’ensemble des jeunes immigrés vit dans les mêmes quartiers et donc que leur discrimination est plus aisée) et une probabilité d’obtenir un poste à responsabilité et à haut revenu aussi faible, voir plus, que celle de devenir professionnel. En effet, combien y a-t-il de jeunes issus de l’immigration qui occupent des postes politiques importants ou dirigent une entreprise du CAC 40 aujourd’hui ?

Enzo va donc effectuer le même calcul que Paul mais les résultats seront très différents : puisqu’il a peu de chance de faire des études et de trouver un emploi intéressant, son coût d’opportunité est faible. En fait, lorsqu’il se demande si l’expérience du football professionnel vaut la peine, il constate qu’il a le choix entre devenir riche avec une très faible probabilité ou avoir un emploi peu rémunérateur avec une faible probabilité.

Enfin ! La voilà la raison de cette inégalité dans le football ! Il n’y a que des enfants d’immigrés disent certains. Et bien la raison est qu’il n’y a pas assez de chance pour eux de s’intégrer autrement. Plus il y a d’inégalités dans la société, plus il y aura d’enfants défavorisés dans le football professionnel et par extension en équipe de France. A la conclusion de Marine le Pen qui disait qu’elle n’aimait pas l’image du « football pour donner un espoir aux Français d’origine immigrée », nous préférons celle de Jamel Debbouze qui sans le savoir a parfaitement résumé la question du coût d’opportunité lorsqu’il a dit « T’as aucune chance, alors saisis-la ! ».

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D’une bulle à l’autre, les délices de la politique champagne !

Pour fêter le livre de Nouriel Roubini (Economie de Crise), il serait peut-être de bon ton de développer un peu cette idée de bulles économiques.

Un concept flou mais pourtant pas si compliqué à comprendre, et tellement important pour anticiper les conséquences des politiques actuelles.

Pour saisir l’essence du concept, deux choses à garder en tête : premièrement, les hommes et femmes répondent aux incitations données par les institutions, c’est-à-dire que les institutions (politiques, économiques, sociales) font les incitations des individus qui font elles-mêmes les comportements et ce sont ces comportements qui aboutissent aux résultats qu’on observe dans la société. Ainsi, on ne peut comprendre une situation donnée simplement en observant la société ou le marché à un moment donné. Il faut toujours et avant tout tenir compte des institutions qui régissent les vies des gens.

Deuxièmement, les prix ont un sens. Un prix se fixe sur un marché selon les préférences des individus, la quantité de biens demandée et la quantité offerte par les producteurs qui dépend elle-même des capacités des entreprises. On peut donc dire que le prix reflète l’ensemble des goûts et capacités de la société, il est un symbole essentiel au bon fonctionnement du marché. Lorsque le prix augmente, c’est que les consommateurs veulent davantage de ce bien et cela incite de nouvelles entreprises à entrer sur le marché pour profiter de cette hausse de prix…

Que se passe-t-il alors quand les prix sont artificiellement modifiés ? Les producteurs font de mauvaises anticipations. Si le prix est artificiellement haut, ils pensent que la demande est grande et décident d’entrer sur le marché. Ils vont investir (engager des fonds qu’il faudra rembourser) pour produire plus et s’apercevront ensuite  que personne ne veut ces biens excédentaires. Ils ne pourront donc pas rembourser leurs investissements et feront faillite. C’est ce que Hayek appelait l’Effet Accordéon (Concertina Effect), car l’économie se détend artificiellement puis se contracte avec les faillites des entreprises trop nombreuses sur un marché.

Lorsque les entreprises ont sur-investi dans les valeurs informatiques (la fameuse bulle internet), les gouvernants des Etats-Unis ont tenté d’éviter l’éclatement de cette bulle. Craignant des faillites inéluctables (les entrepreneurs étaient trop optimistes), ils ont faciliter la création immobilière, en baissant les taux d’emprunt pour les entreprises et les ménages désireux d’acheter de l’immobilier. Ce fut le début de la crise des subprimes… En effet, en trichant sur un prix (ici le taux d’emprunt, qui n’est rien d’autre que le prix qui se fixe sur le marché des fonds prêtables, c’est-à-dire entre les personnes voulant emprunter et celles ayant de l’épargne), on a modifier les incitations des acheteurs et des investisseurs. On a alors produit trop d’immobilier par rapport à ce que pouvaient acheter les ménages américains. Quand les Américains s’en sont aperçus, les entrepreneurs ne pouvaient plus rembourser leurs investissements, ce fut l’éclatement de la bulle immobilière créée par l’Etat Américain pour éviter la bulle internet. C’est ça la politique champagne ! On passe d’une bulle à l’autre.

Et bien, c’est ce que nous prédit Nouriel Roubini (qui rappelons le, avait déjà prévu la crise des subprimes) pour les années à venir. La raison est toujours la même. En conservant des taux d’intérêt faibles dans les plus grandes places mondiales (US, UE), on incite les entrepreneurs à investir et à court terme, cela va créer de la croissance. Mais cette croissance sera fictive puisqu’on va produire alors que personne ne peut acheter ces nouveaux biens. Et hop ! Nouvelle bulle, nouvelle crise…

Cela doit nous amener à une conclusion fondamentale : chaque fois qu’il y a intervention publique dans l’économie, elle doit être mûrement réfléchie et jamais motivée par la volonté de « réorienter » l’investissement dans un secteur moins risqué ; sans quoi on ne fera que passer d’une bulle à l’autre, bulles devenant de plus en plus grosses jusqu’à ce qu’elles éclatent : la fatalité de la politique champagne…

A lire en complément : Le Blog à Lupus

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RÈseau LHC

Encore un site d’économie ?

Les économistes sont restés dans leur tour d’ivoire depuis trop longtemps, au point qu’aujourd’hui ils sont accusés de tous les maux et ne trouvent plus de place pour s’expliquer. Trop abstraite, trop complexe, incapable d’expliquer les phénomènes actuels, voilà la conception qu’a l’individu lambda de l’économie. Ce blog a pour but de réconcilier cette discipline simple, vivante et intuitive avec ceux qui s’interrogent sur les problèmes que posent nos économies globalisées. Ici, pas de mathématiques, pas de grands discours ni de suites incompréhensibles de statistiques. Nous ramenons l’économie dans la réalité qu’elle n’aurait jamais du quitter…