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Les faits de société à travers le prisme de l'économie…

Austérité Allemande : le bras d’honneur de la fourmi !

L’Allemagne se lance dans une politique d’austérité et l’annonce très clairement au monde « à l’heure où on se demande encore en France s’il faut appeler ça austérité ou rigueur » comme le disait Mar Fiorentino ce matin au micro de BFM.

Depuis le début de la crise, nos cousins germains sont poussés par l’ensemble des pays de la zone euro et même les autres plus éloignés, à prendre les rênes de la croissance et voilà qu’ils font volte face, galopant sur le sentier de la rigueur là où nous marchons timidement.

Un bras d’honneur aux cigales

A vrai dire, on aurait pu s’en douter. Les tensions ravivées entre Berlin et Paris après le plan de sauvetage grec, la visite de Tim Geithner parachuté en urgence sur le front allemand par Obama et hier soir, l’annulation du dîner entre les dirigeants allemand et français par la nouvelle dame de fer, Frau Merkel… Le message est clair pour quoi veut l’entendre et comprendre, Mme Merkel doit composer avec une opposition politique forte à présent et se doit d’être irréprochable pour les siens avant tout. C’est la contrainte interne. Par ailleurs, sentant que les pays membres se reposent de plus en plus sur son pays, elle sait que le moindre défaut allemand aura des conséquences graves sur l’ensemble de la zone. C’est la contrainte européenne. En fait, elle ne fait que réagir au piège dans lequel se trouve l’Allemagne actuellement (voir Nouvelle Loi de Gresham). Enfin, il n’est pas impossible qu’elle prenne un certain plaisir à remettre les cigales à leur place. C’est la contrainte de l’ego.

Quelle mouche l’a piquée ?

Accusée de concurrence déloyale par Mme Lagarde il y a quelques semaines, l’Allemagne fait à présent la sourde oreille aux demandes irréalistes des autres cigales : soutenir la croissance au péril de la dette, faire la promotion des comportements catastrophiques des pays en péril aujourd’hui, voilà ce qu’on lui demande ! Et à cela, l’Allemagne répond par un comportement sage, exprimant implicitement une chose que personne ne veut entendre : elle fait ce que désirent les individus sur les marchés.

Et les marchés le lui rendent bien : depuis le début de l’année, la bourse allemande a perdu 1% alors que la France perdait 13% dans le même temps. Par ailleurs, les écarts de taux  des obligations d’Etat se creusent lentement mais sûrement. Alors quelle mouche l’a piquée ? La conscience des volontés vu marché et à ce petit jeu, l’Allemagne risque de décevoir les gouvernements pour ne pas être le dindon de la farce européenne !

En complément: le billet de JP Chevallier , le billet de Philippe Herlin

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Rigueur vs. Croissance, mais qui a raison ?

Les économistes sont retombés dans le débat opposant Keynes et Hayek, qu’on croyait réglé dans les années 1950-60.

Lorsque l’économie va mal, faut-il intervenir massivement pour relancer la croissance (ce qui a été fait tout au long de l’année dernière) ou au contraire maîtriser les dépenses publiques et assainir l’économie pour qu’elle reparte sur des bases nettes (ce que les gouvernements veulent faire).

Une chose est sûre, si l’on est cohérent, on ne passe pas de l’une à l’autre en l’espace d’un an !

Mais bon, inutile de revenir sur le manque de logique des gouvernants, regardons plutôt ce qu’on doit faire dans la situation actuelle.

Ce qu’on doit faire, et ce n’est pas idéologique, c’est ce qui nous permet de sortir de cette crise. Ici, deux camps s’opposent fermement. D’un côté Stiglitz, prix Nobel très critique à l’égard du marché, de l’autre, les économistes dits « libéraux », très critiques à l’égard de l’Etat. L’opposition porte sur une question de priorité : faut-il prendre le risque d’augmenter les déficits publics pour soutenir une faible croissance ou réduire ces déficits au risque de détruire la croissance ?

Premièrement, autant le dire tout de suite, Stiglitz a raison, et avec lui, l’ensemble des suivants de Keynes ! Une politique de rigueur, implique une augmentation des prélèvements, une baisse des dépenses publiques et donc un ralentissement de l’activité. Alors oui, adopter une politique d’austérité (c’est le nom politiquement correct de la rigueur semble-t-il) va ralentir l’activité pendant un certain temps, particulièrement dans des pays où l’Etat Providence représente une part importante de l’économie nationale.

Faut-il en conclure que le débat est tranché ? Et bien non, car cela Hayek et Keynes le savaient déjà et pourtant ils n’ont cessé de s’opposer (en réalité, ils ont cessé de s’opposer en 1937, lorsque Keynes s’est rapproché d’Hayek, mais cela est une autre histoire). Alors pourquoi le débat continue ?

Pour une raison simple : la rigueur réduit les déficits publics et redonne confiance aux investisseurs étrangers qui apportent les fonds nécessaires aux investissements. Deuxièmement, l’Etat en limitant son implication dans l’économie laisse davantage de libertés aux entreprises privées qui vont profiter de la place vacante, embauchant donc davantage et utilisant les nouveaux profits pour produire plus efficacement. Enfin, une croissance résultant de l’activité privée est encadrée par les consommateurs et les investisseurs, forçant les entreprises privées à produire des biens adéquats aux désirs des consommateurs tout en limitant leurs dépenses.

Ainsi, une politique de rigueur assainit les marchés, et entraine à long terme, une restructuration de la croissance (tirée par le privé et non le public), un « potentiel de compétitivité » et une obligation d’innover pour les entreprises. C’est d’ailleurs ce que montrent les travaux empiriques du NBER.

Alors qui a raison ? Les deux courants, seulement ils ne se focalisent pas sur le même horizon temporel. Stiglitz et les néo-keynesiens se fondent sur des modèles de court terme dans lequel l’Etat a un rôle économique fondamental, donc ils aboutissent naturellement à la conclusion que la rigueur entraine une perte de croissance à court terme. Leurs opposants observent les évolutions des marchés à long terme et concluent naturellement qu’à long terme, la rigueur favorise la croissance. Le choix dépend donc de la période qu’on favorise… Espérons que nos gouvernements privilégient l’horizon économique au cycle électoral…

En complément : Rapport Champsaur-Cotis « Rapport sur la situation des finances publiques »

A lire, l’étude empirique du NBER, Reinhart & Rogoff « Growth in a time of Debt » 2010, dans laquelle les auteurs montrent qu’une dette supérieure à 90% du PIB entraine une baisse structurelle de croissance très importante.

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Rigueur, Thatcher et Laffer

Le Figaro titrait ce matin : «Les Plans de rigueur se multiplient en Europe». Que ce soit du fait des gouvernants ou sous les pressions de Bruxelles et du FMI, l’ensemble des pays se dirige vers une cure d’austérité.

Si la rigueur représente l’assainissement des économies nationales, elle véhicule encore des incertitudes et des craintes pour sur les marchés. Naturellement, la rigueur va ralentir la croissance et les dettes publiques sont si grandes que beaucoup doutent de l’efficacité d’un plan de rigueur. Comment faire pour réduire les dettes sans « plomber » la situation économique durablement ?

A ces incertitudes s’ajoutent deux facteurs de crainte : les économistes ne parviennent pas à se mettre d’accord ; là où les disciples de Friedman, les Nouriel Roubini affirment que la maîtrise des dépenses est fondamentale, les Stiglitz et autres affirment qu’une politique d’austérité fera sombrer l’économie mondiale. Par ailleurs, les gouvernements annoncent des politiques de rigueur sans avancer des propositions satisfaisantes. Alors comment faire ?

Le problème est que la politique à venir devra être novatrice en matière de rigueur. En effet, les succès du passé, notamment celui de Margareth Thatcher, était fondé sur une privatisation des secteurs « publics » et une politique d’offre visant à favoriser l’entreprenariat. Or les plans de relance passés ont été tournés vers la demande, une politique à la Keynes. Ainsi, ils ont favorisé encore l’endettement des Etats et réduit les marges de manœuvres des entreprises privées. En effet, lorsque l’Etat récupère des fonds sur les marchés financiers, il réduit la quantité de fonds disponibles pour le privé, c’est l’effet d’éviction. Il est donc impossible aujourd’hui de revenir à une politique d’offre sans accepter que les entreprises privées prennent leur temps pour réinvestir et se confrontent à un marché financier volatile du fait des changements de stratégies des gouvernements.

De plus, les privatisations sont moins aisées aujourd’hui parce que les Etats se sont déjà désengagés de beaucoup d’activité et que leurs déficits sont dus à des dépenses de fonctionnement et non d’investissement. Ainsi, même en se désengageant de certains marchés, l’Etat ne pourra réduire durablement son déficit. Il lui faut modifier la structure de ses dépenses.

Une solution avancée par beaucoup d’économistes dont Jacques Attali, serait d’augmenter les impôts, afin de réduire l’écart entre dépenses et recettes. Cependant, là encore, il faut observer le contexte : les taux d’imposition sont déjà très élevés et il est donc difficile de prévoir qu’une augmentation de la pression fiscale permettrait d’augmenter à coup sûr les recettes fiscales. En effet, lorsque la fiscalité est trop forte, les recettes fiscales diminuent ; c’est ce que nous apprend la Courbe de Laffer et sa fameuse maxime « trop d’impôt tue l’impôt » car il arrive à un moment où les impôts à payer son si élevés qu’ils réduisent les incitations des entrepreneurs et salariés à produire et à s’enrichir. Dès lors, l’assiette fiscale (ou base) se rétracte.

Alors, il sera difficile de privatiser, il est très risqué d’augmenter les impôts et il faut réformer la structure des dépenses de l’Etat. Que faire pour s’en sortir ?

Notre opinion est qu’il est plus que temps d’abandonner le dogme de l’Etat Providence pour inventer une nouvelle organisation sociale. Comme le disait ce matin Alain Madelin, sur BFM radio, « il faut passer d’un Etat Providence à un Etat social, qu’il reste à inventer »

Pour une analyse contradictoire, lire le blog Déchiffrage

En complément : Démystifier la finance , Le futur c’est tout de suite « déficits, qui est responsable? »

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RÈseau LHC

Encore un site d’économie ?

Les économistes sont restés dans leur tour d’ivoire depuis trop longtemps, au point qu’aujourd’hui ils sont accusés de tous les maux et ne trouvent plus de place pour s’expliquer. Trop abstraite, trop complexe, incapable d’expliquer les phénomènes actuels, voilà la conception qu’a l’individu lambda de l’économie. Ce blog a pour but de réconcilier cette discipline simple, vivante et intuitive avec ceux qui s’interrogent sur les problèmes que posent nos économies globalisées. Ici, pas de mathématiques, pas de grands discours ni de suites incompréhensibles de statistiques. Nous ramenons l’économie dans la réalité qu’elle n’aurait jamais du quitter…