Iconomie

Icône

Les faits de société à travers le prisme de l'économie…

Y a comme un problème…

Monétarisme ou Keynesianisme?

Jean Marc Vittori soulignait ce matin dans les Echos la faiblesse du ratio dette/PIB comme indicateur de la santé d’une économie et laissait penser, fort logiquement, qu’un ratio comparant un stock (une dette) -sans tenir compte de sa structure qui plus est – à un flux (production nationale) ne pouvait pas permettre aux investisseurs étrangers d’être confiants dans l’avenir des pays européens. Mr Vittori n’est pas le premier à dire cela; et nous avions déjà évoqué l’erreur de ce ratio et les dangers qui en découlent (ces fameux 3% de Maastricht qui ne veulent rien dire dès que la croissance passe sous les 5%); mais il semble mettre un voile sur un phénomène plus grave qui expliquerait sans doute aussi bien la méfiance actuelle des investisseurs: les politiques économiques européennes comme américaines sont en plein paradoxe et n’obéissent ni à la logique keynesienne (pourtant mise en avant par tous les partisans de la relance et du sauvetage des banques) ni à la logique monétariste friedmanienne (qui est le fondement des politiques de rigueur).

Keynes en son temps (jusqu’en 1936 dirons-nous puisqu’il admit son erreur en 1937… mais passons) expliquait déjà qu’une politique de relance ne pouvait fonctionner qu’en actionnant les deux leviers budgétaires et monétaires, ainsi il fallait des taux faibles (ce que l’on a) mais aussi des dépenses publiques fortes et orientées vers l’investissement (sic!). Or les hommes et femmes présents sur les marchés financiers aussi bien que sur ceux de l’immobilier et des biens et services n’ont pas accueilli la relance avec l’enthousiasme attendu, car ils ont anticipé que les dépenses d’aujourd’hui sont les impôts de demain. En bref, ils ont refusé d’être soumis à « l’illusion monétaire « de Keynes. Ce n’est pas la première fois que cela arrive, la stagflation avait vu mourir les théories keynesiennes pour les mêmes raisons. Cependant, à la différence des actions menées lors des crises précédentes, les gouvernants s’entêtent dans une politique schizophrène: garder des taux bas pour favoriser les investissements et la consommation mais réduire toutes les dépenses publiques pour ne pas effrayer les marchés et éviter la faillite. Voilà une mixture au goût amer puisque la relance se voit amputée de son meilleur atout (l’effet multiplicateur) alors que la rigueur perdra de son effet en permettant aux investisseurs de se lancer dans les activités les plus risquées, faute de mieux dans une période aussi morose.

Le résultat sera donc inefficace peu importe le camp et la doctrine économique: peu de croissance donc peu d’emploi et en même temps de l’inflation (grâce aux taux faibles souhaités par les Etats endettés). Dès lors comment espérer autre chose que de la méfiance de la part des investisseurs, réel moteur de la croissance?

Rappelons une chose essentielle, les mécanismes économiques sont complexes car ils ont pour objets les individus, ce qui veut dire qu’une politique ne peut fonctionner que si elle est cohérente aux yeux de ces mêmes individus. Ainsi, le premier pas vers la reprise doit être de résoudre ce paradoxe dans la politique économique, Messieurs les politiciens, faites un choix, et faites le vite!

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Délits d’initiés à Wall Street

FBI launches insider trading probe into major US hedge funds

According to the Wall Street Journal, investigators are looking into multiple insider-trading rings that reaped millions

The FBI has begun what is expected to be a far-reaching probe into insider trading with raids on hedge funds linked to some of Wall Street’s most high-profile and wealthiest players.

The sweep – which began with armed agents raiding the Connecticut offices of Level Global Investors and Diamondback Capital Management, both multibillion dollar hedge funds set up by former managers at Steve Cohen’s SAC Capital Advisors – is already affecting stocks: a collective $15bn was wiped off the valuations of Goldman Sachs, Morgan Stanley, Citigroup, Bank of America and JP Morgan Chase.

According to reports published in the Wall Street Journal, investigators from several law enforcement and regulatory agencies are looking into multiple insider-trading rings that reaped millions in illegal profits. An FBI spokesman confirmed last night that the agency was executing « court-ordered search warrants », but declined to elaborate.

One focus is whether proprietary information is being passed from companies to hedge funds by network of independent analysts and consultants.

The investigation is being directed by Manhattan US Attorney Preet Bharara. He said last month it was his belief that « illegal insider trading is rampant » on Wall Street and « the people who are cheating the system include bad actors not only at Wall Street firms, but also at Main Street companies. » Bharara continued: « Unlawful insider trading … is an affront not only to the fairness of the market but also to the rule of law. »

Industry figures already directly affected by yesterday’s raids include SAC veteran David Ganek, a prominent New York art collector and manager of Level Global. A spokesman for the firm confirmed the raids had taken place. « We are cooperating fully with the authorities and, at the same time, we are fully operational and continue to work diligently for the benefit of our investors. »

Agents also executed a search warrant at Loch Capital Management in Boston. Loch’s director’s, Tim and Todd brothers, are acquaintances of Steven Fortuna, a hedge-fund manager who pleaded guilty in an insider trading probe centred on the Galleon Group and is now a co-operating witness.

According to reports, the investigation also includes the major industry players SAC, Citadel Asset Management, and mutual-fund firms Janus Capital Group, Wellington Management Co. and MFS Investment Management, Deutsche Bank, UBS, and Prudential Securities.

The biggest stock holding of Diamondback, one of the firms raided and run by Rich Schimel, Lawrence Sapanski and Chad Loweth, is a 5.8% stake in Virgin Media, the UK pay-television company.Jacob Frenkel, a former federal prosecutor and lawyer with the SEC, noted to the Journal that it is a measure of the government’s seriousness that it has « opted not to issue grand jury subpoenas but instead use the search warrant process. »

The raids are not entirely a surprise. Over the weekend, the Journal reported a significant bust was expected. A California research analyst John Kinnucan had warned several of the firms that he’d been approached by « two fresh faced eager beavers from the FBI » who invited him to wear a wire-tap and to help the investigation into insider trading. Investigators told Kinnucan they wanted to tape his calls with is hedge-fund giant SAC. Kinnucan wrote he « declined the young gentleman’s gracious offer to wear a wire and therefore ensnare you in their devious web. »

 

Source : The Guardian

 

 

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Money Week : le nouveau scandale financier

« Vous avez entendu parler du dernier scandale qui vient de tomber ? », m’a demandé Simone Wapler vendredi dernier en déboulant dans mon bureau. « C’est le ‘Foreclosure Gate’… et c’est tout simplement incroyable ! ».

Renseignements pris, effectivement, ce nouveau scandale a tout d’une bombe capable de souffler les marchés.

Ce qui est en train de se passer aujourd’hui aux Etats-Unis est un choc si puissant que le fragile équilibre économique si chèrement construit par la Fed au cours de ces derniers mois pourrait ne pas y résister. Bernanke promettait de nouvelles mesures en cas d’aggravation de la situation : nous y sommes.

Plongeons dans les méandres de l’administration américaine et dans les fosses sceptiques des grandes banques.

Qu’est-ce que le Foreclosure Gate ?
Pour résumer très rapidement ce Foreclosure Gate – scandale des saisies – de très nombreuses procédures de saisies immobilières aux Etats-Unis viennent de s’avérer complètement illégales. Cela peut sembler peu de chose au départ. Un épiphénomène qui ne concerne pas le reste de l’économie américaine, et encore moins le reste du monde. Mais vous vous rappelez la dernière fois qu’on a entendu parler d’un petit problème prétendument « local » sur le marché immobilier américain ? Oui, les fameux subprime

Le Foreclosure Gate = 700 milliards de dollars de pertes supplémentaires possibles + 750 milliards de dollars de dommages et intérêts + 60 milliards de dollars d’arriérés de taxe
Que se passe-t-il cette fois ? Eh bien une sombre histoire d’hypothèques, de titrisation et de saisies indues. Pour saisir un bien, et entamer la fameuse foreclosure, il faut une créance et une hypothèque.

Les crédits subprime avaient été accordés à tort et à travers. Entre 2004 et 2007, la folie s’est emparée du marché immobilier américain. Vous avez de ressources plus que limitées ? Vous êtes obligé d’accumuler trois petits boulots pour boucler vos fins de mois ? Qu’importe, on vous fait miroiter une jolie maison préfabriquée qui deviendra votre home sweet home. En deux temps trois mouvements, vous voilà propriétaire du rêve de votre vie. Des millions de prêts hypothécaires sont accordés… et les banques ne sont vraiment pas regardantes.

Puis vient la crise. Les saisies se sont multipliées. Et les équipes des établissements prêteurs étant débordées, certaines procédures de saisies ont même été entamées à tort. Les gens se sont défendus comme des beaux diables, ont pris des avocats. C’est ce que vous feriez, à leur place.

Et les avocats ont soulevé un lièvre, un énorme, colossal, lièvre à 700 milliards de dollars.

Que s’est-il passé ? De la titrisation –il faut dire qu’elle est de tous les mauvais coups. Les prêteurs voulaient pouvoir faire de jolis petits paquets avec les créances pour former des MBS (Mortgage Backed Securities), vous vous souvenez ? Il s’agissait, bien sûr de répartir les risques … Les banquiers se sont fait beaucoup d’argent avec ces produits financiers vendus pour « sûrs » puisqu’ils reposaient sur du concret, des biens immobiliers bien réels.

Pour faciliter cette titrisation, la finance a eu recours à un artifice… qui serait illégal.

L’enregistrement d’hypothèque coûte cher en procédures. Surtout si vous multipliez les transferts de votre hypothèque en l’incluant dans des produits titrisés.

Donc, les grandes banques et les deux principaux organismes de prêts hypothécaires, les inénarrables Freddie Mac et Fannie Mae, ont décidé de créer (en 1997) un organisme leur permettant de s’éviter de longues et coûteuses procédures d’enregistrement.
MERS, un système informatisé permettant l’enregistrement des achats et des ventes d’hypothèques – et de sérieuses économies de frais d’enregistrement était né.

2008, les subprime sonnent le glas de la folie immobilière. Le nombre de procédure de saisies explose littéralement. Les foreclosure sont signées à tour de bras… tant et si bien que le Wall Street Journal révèle que des employés de GMAC Home Mortgage et de la banque JPMorgan ont admis dans leur témoignage avoir chacun signé 10 000 documents par mois. Tout cela sans véritable contrôle et surtout sans aucun respect des règles fixées pour les saisies hypothécaires.

Scandale numéro 1 : les saisies illégales
L’affaire devient alors vraiment nauséabonde… et complexe.

1. Les procédures enregistrées par le système MERS ont été jugées illégales, ou du moins non recevables devant un tribunal, et incomplètes. Des millions de prêts peuvent donc être invalidés.

2. Avec l’informatisation des actes de ventes/achats, de nombreux documents ont été perdus. Les banques ne s’avèrent plus capables de prouver qu’elles détiennent bien une hypothèque. Les imbroglios se multiplient : certains propriétaires se sont retrouvés face aux envoyés de deux banques différentes venus saisir le même bien, chaque banque prétendant, preuves à l’appui, détenir l’hypothèque.

3. Pour remédier aux problèmes de pertes de documents, de nombreuses banques, assistées par des avocats à la morale plus que douteuse, ont produits de toute pièce de faux documents d’hypothèque.

4. Et pour couronner le tout, MERS s’est estimé compétent pour décider lui-même des saisies. Or, il n’est qu’un organisme intermédiaire entre les banques qui détenaient réellement l’hypothèque.

Rien que pour septembre, 350 000 biens ont été saisis aux Etats-Unis. Des milliers d’Américains pourraient dans les jours qui viennent se regrouper pour attaquer les banques responsables de ce scandale. Motif : escroquerie (fraud).

Conclusion, c’est la grande panique aux Etats-Unis. Les saisies effectuées sont-elles légales ? Les nouveaux propriétaires – ceux qui ont achetés un bien saisi – sont-ils légitimes ou le bien appartient-ils aux anciens propriétaires saisis ? Vous imaginez l’imbroglio… et les poursuites judiciaires qui se préparent.

Le gouvernement américain vient de décider de suspendre toutes les saisies en cours pour essayer d’y voir plus clair.

Si les propriétaires gagnent, les banques pourraient être lourdement condamnées. On parle déjà de 750 milliards de dollars. Eh oui, l’escroquerie, c’est du pénal et les sanctions sont lourdes. Ce qui risque de mettre certaines banques au bord de la faillite. Le gouvernement américain et surtout les contribuables accepteront-ils encore une fois de payer pour sauver les banques des conséquences de leur avidité et de leur malhonnêteté ?

Car ce n’est pas tout.

Scandale numéro 2 : la fraude aux taxes
En créant le MERS, les banques ont mis en place un système leur permettant de ne pas s’acquitter des taxes dues – en général aux Etats, ou aux municipalités – à chaque enregistrement de prêts ou à chaque modification.

Ainsi, le MERS devrait entre 60 à 120 milliards de dollars rien qu’à l’Etat de Californie pour rembourser les taxes d’enregistrement non perçues. Qui va payer ?

Scandale numéro 3 : la fraude aux MBS
Si les banques ont créé le MERS, avec son système très léger d’enregistrement des prêts hypothécaires, c’est surtout pour dissimuler ce qui se cache réellement derrière les attractifs MBS. Pour dissimuler que de trop nombreux prêts avaient été attribués à des familles qui auraient du mal à rembourser : bref, que les MBS reposaient sur des crédits même pas subprime mais tout simplement poubelle. C’est ce que le langage marketing de la finance appelait la « répartition du risque ».

Le scandale actuel résulterait donc en grande partie de la volonté des banques de cacher aux yeux des autres banques leurs vilains petits secrets et leurs crédits douteux…

D’après certaines premières estimations, près de 30% des MBS pourraient être frauduleux.

Et là, même une intervention du gouvernement ne pourra rien faire.

Quelles conséquences pour nous ?
Si les banques sont jugées coupables et doivent rembourser ou verser des intérêts soit aux propriétaires floués, soit aux Etats qui n’ont pas reçu les taxes d’enregistrement, soit aux banques qui ont acheté des MBS frauduleux, soit aux assureurs qui ont assurés ces MBS, elles risquent la faillite.

Une vague de faillite en série mettrait à mal l’économie, comme l’avaient fait lessubprime.

D’un autre côté, le Foreclosure Gate pourrait être l’élément déclencheur persuadant la Fed de lancer son quantitative easing 2. Les marchés ont déjà peut-être anticipé ce nouvel afflux de liquidités. Le Dow Jones n’a perdu que -0,29% vendredi dernier. L’argent va rester gratuit pour très très longtemps et les marchés s’en frottent les mains, prouvant une fois de plus leur désintérêt pour l’économie réelle.

A la clôture de vendredi soir, Bank of America cédait 5,82% et l’indice KBW des bancaires américaines reculait de 2,63%.

Par Cécile Chevret,

 

Source : Money Week

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Réforme portuaire et groupe de pression

Les terminaux pétroliers de Fos sont bloqués depuis plus d’une semaine par 220 salariés qui manifestent leur mécontentement face à la réforme portuaire.

Une réforme qui vise à ouvrir les terminaux aux privés afin d’accroître l’efficacité d’une industrie fortement concurrencée par ses voisins européens, mais qui garantit la conservation des postes des salariés, en dépit des baisses de chiffre d’affaire du port qui les emploie.

On voit bien ici le pouvoir des groupes de pression, ces organisations représentant un petit nombres d’individus facilement identifiables qui ont le pouvoir de faire peser sur l’ensemble de la société les coûts de leurs décisions: ici, ils menacent tout simplement de couper durablement les arrivées de pétrole s’ils n’obtiennent pas la garantie du statu quo…

Bien sûr, les politiques auront du mal à affronter cette menace si les acteurs de la société civile (vous et moi) ne relèvent pas l’absurdité du combat de ces dockers. Allons! Dans quelle entreprise a-t-on la garantie de conserver son poste même si tout va mal? Ces dockers ont cette garantie mais estiment que ce n’est pas suffisant…

Cependant, comme tout malheur profite toujours à quelqu’un, il ne faut pas être trop pessimiste. En bloquant le port de Fos, les dockers permettent simplement à leurs concurrents d’améliorer leurs marges en augmentant leurs parts de marchés… Dommage que ces concurrents se trouvent à Barcelone et à Gênes…

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Affaire Kerviel et Aléa Moral…

Jérôme Kerviel a été condamné hier à 3 ans de prison et 4,9 milliards d’euros (de dommages et pas d’intérêts, sic!). La Société Générale sort donc totalement blanchie de cette sombre affaire et ce qui permet d’affirmer cela est bien le montant des dommages qui ne seront d’ailleurs jamais remboursés.

Si la condamnation du trader semble logique, tous sourient face à la somme exorbitante annoncée par la court. En effet, c’est la condamnation la plus lourde déclarée par un tribunal en France et elle pèse sur un particulier. Mais beucoup ont déjà relevé cette absurdité! Ce qui nous choque d’autant plus c’est le peu de cas qui est fait de la défense de la SoGé : « nous ne sommes pas responsables, nous ne pouvions pas savoir ce que faisait cet électron libre avec nos fonds », voilà ce que disent les dirigeants en substance.

Mais alors, deux cas sont possibles. Soit les dirigeants mentent, comme beaucoup d’analystes financiers le pensent, puisqu’il est très difficile de cacher les lignes d’investissements et de dépenses quotidiens pour un trader, et la Société Générale est donc responsable d’avoir fermer les yeux sur les risques pris par son poulain. Soit personne dans la banque n’a rien vu (c’est la conclusion du juge), et alors il ne fait pas bon placer son argent dans une telle institution qui ne sait même où passent les fonds laissés à sa disposition. Finalement, l’aveu même de la SoGé est d’être totalement inefficace, incapable de contrôler ses propres activités…

Cependant, cette stratégie s’avère payante, puisque le juge (sûrement peu versé dans les « arcanes » de la finance) a donné raison à la banque. Et quelles sont les incitations qui découlent de ce procès: pour les trader, il va falloir être plus prudent, et c’est une bonne chose, mais pour les banques; elles pourront toujours cacher leurs responsabilités derrière l’avidité des traders… Le voilà l’aléa moral qui résulte d’un tel jugement: pour ne pas être condamnées, les banques n’ont qu’à se montrer de moins en moins regardantes sur les activités de leurs traders pour ensuite les accuser s’ils venaient à leur faire perdre de l’argent. En caricaturant un peu, on pourrait dire que les banques se couvrent en se montrant incompétente dans le contrôle de leurs activités financières.

Finalement, tant que les acteurs juridiques ne comprendront pas les mécanismes bancaires et financiers, une seule maxime demeurera pour paraphraser quelqu’un : « Greed is still good »…

 

A lire en complément : le blog de Dominique Seux

Et aussi : le blog à Lupus

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Les craintes de la FED

On apprenait ce matin par Marc Fiorentino sur BFM Radio que la FED envisage déjà un nouveau plan de relance aux Etats-Unis en cas de reprise économique trop faible.

Le syndrome japonais

La raison est simple: éviter une crise japonaise… Le cas du Japon est très éclairant à ce sujet, lorsque le pays est entré en récession, une politique de relance axée sur une baisse des taux d’intérêt à été mise en place afin de relancer l’investissement. Jusqu’ici rien de très nouveau dans le monde de Keynes, sauf que le résultat fut des plus catastrophiques! Même en baissant les taux, les investisseurs se sont montrés réticents à produire plus, faute de perspectives encourageantes. En d’autres termes, ils n’ont pas été victime de l’Illusion Monétaire sur laquelle repose l’ensemble de la doctrine keynesienne. Résultat: des taux d’intérêt de court terme faibles, baissés artificiellement par les autorités monétaires, mais des taux de long terme aussi bas (ils représentent la rentabilité des investissements et se forment sur les marchés, donc impossible de « jouer » artificiellement dessus): c’est ce qu’on appelle l’inversement de la courbe des taux! Dès lors que les taux court et long se sont alignés, aplatis, l’économie risque d’entrer dans une stagnation durable…

Pour éviter cela, les Américains veulent relancer de plus belle, mais à ce jeu on prend le risque que les investisseurs ne se laissent pas berner et que les dépenses publiques gonflent pour rien. C’est le problème avec la relance; si elle échoue une première fois, il ne reste plus qu’une solution: relancer encore et encore au péril des finances publiques… En voulant éviter l’éclatement d’une bulle, on en crée souvent une encore plus grosse, c’est ça la politique champagne!

A lire en complément : Sortie de Crise sur le Blog à Lupus

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Dégradation de la Grèce et non réaction des marchés ?!

Alors que Moody’s  dégradait de 4 crans la note de la Grèce et classait les emprunts de l’Etat dans la catégorie « spéculative », les marchés n’ont pas réagi aussi violemment qu’on pouvait s’y attendre. La bourse de Paris est stable (+0,43%) et l’euro est lentement remonté (1,2193) après sa baisse ce matin. Alors pourquoi personne ne semble inquiet de cette dégradation ? Les méchants spéculateurs seraient-ils devenus sages ? Peut-être sont-ce les agences de notation qui ont perdu toutes crédibilité ?

Une communication publique efficace

En réalité, la raison de la faible réaction des marchés est double. Tout d’abord, et il faut l’admettre quand c’est le cas, la communication des gouvernants européens s’est avérée payante. En insistant sur la particularité grecque, ils ont montré que le risque de faillite des autres Etats n’était pas de la même ampleur. De ce fait, ils ont ramené de la confiance sur les marchés financiers. Mais justement, si les marchés sont en confiance et qu’une note est dégradée, cela devrait causer un cataclysme ! Alors quoi ?

Une réciprocité de l’information

L’absence de réaction des marchés n’est pas surprenante à condition de bien comprendre une chose essentielle : la relation entre investisseurs et agences de notation n’est pas à sens unique mais réciproque. Ainsi lorsqu’une agence dégrade une note, les investisseurs réagissent mais l’inverse est aussi vrai. Lorsque les investisseurs ont des doutes sur le risque de leurs placements, ils demandent des taux plus élevés en guise de garantie – ce qui s’est passé dans le cas des bonds grecs – et voyant la situation se dégrader les agences modifient leur note.

Il est donc normal que la chute attendue ne soit pas arrivée, car en réalité elle a déjà eu lieu il y a plusieurs semaines ! Ce phénomène n’est pas rare et doit nous rappeler le rôle premier des agences de notations tant décriées – et à juste titre parfois – qui n’est autres qu’informer l’ensemble des investisseurs sur les tendances du marché et non de créer ces tendances…

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Etes-vous plus malin qu’un enfant de CM2 ?

Voici la traduction d’un compte rendu d’une étude américaine par Daniel B. Klein qui vaut la peine d’être lu pour comprendre le comportement de nos dirigeants désireux d’être élus ou réélus…

« Qui est le mieux informé à propos des choix de politiques économiques dans le pays  – libéraux (ndlr : sympathisants de la gauche américaine), les conservateurs ou les libertariens ?  D’après une étude de Zogby International que j’ai reporté dans le Econ Journal Watch en Mai, la réponse est sans équivoque :  la gauche est recalé au test d’Econ 101.

La chercheuse Zelijka Buturovic de Zogby et moi-même avons observé les réponses de 4835 adultes américains à huit questions concernant les fondamentaux de la science économique. Nous avons aussi demandé aux sondés leur tendance politique : progressiste, très libéral ; libéral ; modéré ; conservateur, très conservateur ; et libertarien.

Plutôt que de regarder si les sondés avaient répondu correctement, nous nous sommes intéressés aux réponses fausses. Une réponse était considérée comme fausse seulement si elle révélait une ignorance catégorique du problème.

En voici une illustration à travers une proposition économique du sondage : « Les restrictions sur le développement immobilier rendent l’achat d’immobilier plus coûteux ». Les individus pouvaient répondre : 1) totalement d’accord, 2) plutôt d’accord, 3) plutôt en désaccord, 4) totalement en désaccord, 5) n’est pas sûr. Les fondamentaux économiques concluent que peu importent la structure et la forme d’une restriction, elle augmente les coûts de production et d’échange, rendant es biens et services moins bon marché. Il peut y avoir des exceptions mais elles représenteraient des cas très atypiques.

Ainsi nous prenions comme réponses incorrectes « plutôt en désaccord », « totalement en désaccord ». Ce traitement offre une illustration pour ceux qui penseraient que les questions sont ambigües ou vraies et fausses en même temps.

Dans le cas précédent, le pourcentage de conservateurs ayant mal répondu était de 22,3%, celui de très conservateurs 17,6% et celui de libertariens 15,7%. Mais le pourcentage de progressistes et très libéraux ayant mal répondu était de 67,6% et celui des libéraux 60,1%. Ces résultats ne représentent pas un cas isolé dans l’étude.

Les autres questions étaient : 1) La licence obligatoire pour les services professionnels augmentent le prix de ses services (réponse fausse : en désaccord). 2) En moyenne, la qualité de vie est plus élevée aujourd’hui qu’elle l’était il y a 30 ans (réponse fausse : en désaccord). 3) Le contrôle des loyers entraine une pénurie de location immobilière (réponse fausse : en désaccord). 4) Une entreprise qui possède la plus grande part d’un marché est un monopole (réponse fausse : d’accord). 5) Les travailleurs dans le Tiers-Monde travaillant pour des entreprises américaines outre-mer sont exploités (réponse fausse : d’accord). 6) Le libre-échange provoque le chômage (réponse fausse : d’accord). 7) Le salaire minimum augmente le niveau de chômage (réponse fausse : en désaccord).

Comment ont répondu les six groupes idéologiques ? Nous les avons classés selon le nombre moyen de réponses fausses, de 0 à 8 (ndlr, 0 : tout juste, 8 : tout faux) : Très conservateurs, 1,30 ; Libertariens, 1,38 ; Conservateurs, 1,67 ; Modérés, 3,67 ; Libéraux, 4,69 ; Progressistes et Très libéraux, 5,26.

Les Américains des trois premières catégories ont plutôt bien réussi, en revanche les groupes de sensibilité de gauche ont eu du mal à séparer les concepts économiques de leurs préférences politiques, morales et esthétiques.

Pour en être sûr, notons qu’aucune des huit questions n’entrent en conflit avec les sensibilités politiques des conservateurs et libertariens. De même, ces questions n’entrent pas directement en conflit avec les principes de gauche sur l’inégalité et la redistribution. En particulier, les questions sur les licences obligatoires, la qualité de vie, le monopole et le libre-échange ne sont pas en contradiction avec les sensibilités de gauche.

Pourtant les groupes de gauche ont fait pire que les autres à chaque question. Sur la question du monopole, la proportion de progessiste/très libéraux ayant mal répondu (31%) était plus deux fois plus élevée que celle des conservateurs (13%), et plus de quatre fois plus élevée que celle des libertariens (7%). Sur la question de la qualité de vie, la proportion de progressistes/très libéraux ayant mal répondu (61%) était plus de quatre fois plus élevée que celle des conservateurs (13%) et presque trois fois plus élevée que celle des libertariens (21%).

L’étude demandait aussi l’affiliation éventuelle à un parti politique. Ceux ayant répondu « Démocrate » ont eu une note moyenne de 4,59 réponses fausses. Les « Républicains » ont eu 1,61 réponses fausses en moyenne et les « Libertariens » 1,26 réponses incorrectes en moyenne.

Adam Smith décrivait l’économie politique comme « une branche de la science des hommes de l’Etat ou des législateurs. » Le pouvoir gouvernemental mal dirigé est une chose terrible quoique commune, en revanche réaliser que plusieurs dirigeants et leurs suivants sont ignorants des fondamentaux économiques nous éclaire sur les troubles qui pèsent sur nous aujourd’hui. »

Mr Klein est professeur d’économie à George Mason University. Cet article est fondé sur une étude publiée en Mai 2010 dans le journal Econ Journal Watch, un projet sponsorisé par l’American Institute for Economic Research. L’article est disponible sur : http://econjwatch.org/articles/economic-enlightenment-in-relation-to-college-going-ideology-and-other-variables-a-zogby-survey-of-americans

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La France aboie, l’Allemagne passe…

Les réactions des marchés sont sans appel, leur constat est clair : la France n’est pas l’Allemagne !

Hier les fameux Credit Default Swap des deux pays qui mesurent la confiance des marchés dans la capacité des Etats à rembourser leurs emprunts s’écartaient dangereusement (54 points de base) et ce matin les taux d’emprunts à 10 ans s’éloignaient l’un de l’autre (plus de 3% pour la France contre 2,54% pour l’Allemagne). La conclusion est simple : entre l’Allemagne et la France, les investisseurs ont fait leur choix. Et comment pourrait-il en être autrement ? Nous expliquions hier ce qui incite l’Allemagne a faire cavalier seul dans la course à l’assainissement des finances publiques. Voici quelques points fondamentaux supplémentaires : l’Allemagne mène depuis quelques années déjà des réformes de fond sur le régime fiscal et mieux, les Allemands ont accepté d’avancer ensemble, de faire des réformes.

Qu’en est-il de la France ? Et bien, elle regarde les trois piliers de la stagnation et attend, hésite, tergiverse. Pourtant, il faudra bien agir pour rattraper l’Allemagne sans quoi la notion même d’Union Européenne se videra de son sens. La France se targue d’être le deuxième pays d’Europe (rappelons que l’Allemagne et la France représente environ la moitié de la richesse européenne…), fort bien ! Elle doit alors réformer en profondeur les piliers suivants : retraites, flexibilité du travail et dépenses publiques.

Mais pour réformer, il  faudra apporter le consensus dans le pays et comprendre une chose fondamentale : en achetant la paix social à court terme, on fera fuir les investisseurs nationaux et étrangers, les travailleurs aussi, bref les garants de la croissance qui nous fait tant défaut aujourd’hui…

A lire en complément essentiel :Inquiétante dégradation des CDS sur la dette publique de la France

A voir : Rapport sur la dépense publique

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Quand Phillipe d’Arvisenet donne un cours de communication

Phillipe d’Arvisenet expliquait ce matin sur BFM radio que les taux d’intérêt de la FED devraient encore rester très bas pour les mois à venir. Le directeur des études économiques de la BNP, qui avait déjà expliqué les conséquences de la titrisation des subprimes en Avril 2007, semble avoir parfaitement compris ce qui échappe aux hommes politiques de tous bords.

Les taux d’intérêt doivent rester faibles pour encourager les investissements et redonner confiance aux marchés financiers. Ce qui compte réellement, c’est « l’effet d’annonce », c’est-à-dire qu’il faudra expliquer aux acteurs des marchés financiers la nécessité de remonter les taux lorsque les perspectives économiques se seront améliorées. Ainsi, les taux ne pourront remonter que dans plusieurs mois et surtout en douceur.

Nos hommes politiques devraient écouter Mr Arvisenet pour éviter d’effrayer les marchés par des annonces fortes mais peu réalistes. Pour avoir une reprise durable, il est nécessaire d’obéir à deux principes simples : des propositions réalistes et concertées.

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RÈseau LHC

Encore un site d’économie ?

Les économistes sont restés dans leur tour d’ivoire depuis trop longtemps, au point qu’aujourd’hui ils sont accusés de tous les maux et ne trouvent plus de place pour s’expliquer. Trop abstraite, trop complexe, incapable d’expliquer les phénomènes actuels, voilà la conception qu’a l’individu lambda de l’économie. Ce blog a pour but de réconcilier cette discipline simple, vivante et intuitive avec ceux qui s’interrogent sur les problèmes que posent nos économies globalisées. Ici, pas de mathématiques, pas de grands discours ni de suites incompréhensibles de statistiques. Nous ramenons l’économie dans la réalité qu’elle n’aurait jamais du quitter…