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Les faits de société à travers le prisme de l'économie…

E. Garessus: Perte de confiance envers les monnaies

Quelle monnaie mérite la confiance de l’épargnant qui chercherait à préserver son capital en vue de la retraite? La réponse n’est pas aisée. Mettre son épargne sous le matelas n’est plus possible. «Un homme de 30 ans qui projette de prendre sa retraite dans 30 ans doit calculer avec un facteur de dépréciation de 3, selon Guido Hülsmann, dans son récent ouvrage sur les monnaies

«C’est la pire instabilité monétaire depuis 3000 ans», selon le prix Nobel Robert Mundell. Existe-t-il une monnaie qui permette à l’épargnant de préserver son capital? Mettre son argent sous le matelas n’est plus possible. «Un homme de 30 ans qui projette de prendre sa retraite dans 30 ans doit calculer avec un facteur de dépréciation de trois, écrit Guido Hülsmann, dans son récent ouvrage sur les monnaies 1. La stabilité à long terme du pouvoir d’achat des monnaies (PAM) n’a jamais été soumise à pareille entreprise de démolition, pour ce professeur d’université et célèbre représentant de l’école libérale autrichienne. L’épargnant est pénalisé, sacrifié, forcé de se frayer un chemin dans le dédale des produits financiers pour préserver son capital.

Dans son livre, l’auteur dépasse un cadre historique étroit pour présenter une théorie non consensuelle de la monnaie et intégrer les dimensions politiques et morales. Car pour ce démystificateur des politiques des banques centrales, le système monétaire est la cause de la montée du nationalisme et du centralisme étatique.

Le premier penseur qui avança l’idée d’un PAM stable a été Saint Thomas d’Aquin. Il fallut ensuite attendre le XVIIe siècle, avec John Locke (PAM lorsque le stock de monnaie ne varie pas) et David Ricardo (lorsque l’unité monétaire conserve son pouvoir d’achat) pour reformuler ce postulat. Une définition impartiale n’est pourtant pas aisée. Il reste que l’éradication du PAM par la dépréciation des monnaies s’est accélérée: De l’an1066 à 1601, le stock de monnaie a augmenté artificiellement de 30% et la livre d’argent a perdu un tiers de sa valeur. Durant les deux siècles suivants, avec l’émergence du système bancaire moderne, ce facteur d’augmentation monétaire a été de 16. Et de 1971 avec l’avènement du papier-monnaie jusqu’en 2007, la masse monétaire a augmenté de 7,6 fois (Etats-Unis).

L’épargnant est victime d’une inflation que l’auteur définit comme «l’augmentation de la quantité nominale d’un moyen d’échange au-delà de la quantité qui en aurait été produite sur le marché libre». L’expression «marché libre» signifie ici une «coopération sociale conditionnée par le respect des droits de la propriété privée». En ce sens, l’inflation est «une augmentation de la masse monétaire par une violation des droits de propriété». Elle n’est pas seulement redistributive, mais «elle crée ses avantages par la force», selon l’expert.

Dans une thèse à mille lieues de la pensée unique, des «truismocrates» et des «possédés de l’homogène», pour reprendre Philippe Muray, Hülsmann défend avec conviction la monnaie dite naturelle, celle qui non seulement joue le rôle de moyen d’échange, mais qui a aussi une valeur avant d’être utilisée comme monnaie (exemple l’or et l’argent). La monnaie naturelle résulte de la coopération volontaire des individus. A l’inverse, la monnaie papier que nous connaissons aujourd’hui ne répond pas à ces critères. «Elle n’a jamais émergé spontanément sur le marché, mais toujours sous la contrainte de l’Etat», écrit-il.

Par son opposition à la dégradation des monnaies, Guido Hülsmann s’inscrit dans les traditions chrétiennes et libérales. La défense de la production naturelle de monnaie date du XIVe siècle avec l’évêque Nicolas Oresme, auteur du premier traité jamais écrit sur la monnaie. Au siècle dernier, c’est l’école libérale autrichienne qui reprit le flambeau avec Ludwig von Mises (1881-1973) et Murray Rothhbard (1926-95) – Hülsmann a d’ailleurs écrit une biographie de Ludwig von Mises (1143 pages). Pascal Salin, Jesus Huerta de Soto et Pierre Leconte s’inscrivent aussi dans cette lignée.

La thèse monétaire de Hülsmann permet de mieux comprendre les mécanismes de l’explosion de la dette publique. En tout temps, ce sont les gouvernements qui ont été les principaux bénéficiaires de l’inflation. D’une part, ils ont contraint tous les citoyens à accepter les billets comme s’il s’agissait d’une monnaie naturelle. D’autre part, ils ont attribué à la monnaie papier divers privilèges (cours légal, monopole légal, suspensions légales des paiements) qui lui ont assuré une circulation plus large que celle qui aurait été la leur sur le marché libre.

L’élément fondateur du système actuel remonte aux XVIIe et XVIIIe siècles, avec l’octroi du monopole du cours légal aux billets d’une banque à réserves fractionnaires (lorsque l’émission de billets se fait en plus grand nombre que la banque n’en a en réserve). Quant à l’avènement du papier-monnaie, il date du 15 août 1971 quand la Réserve fédérale a suspendu le remboursement de ses billets. Aujourd’hui plus personne ne parle en effet de reprise par la banque centrale des billets en espèces. Il résulte de cette décision qu’aucune banque centrale ne peut faire faillite et que les ressources monétaires potentielles d’un gouvernement sont illimitées. Il bénéficie d’un crédit infini auprès de sa banque centrale. Comme l’investisseur sait que le gouvernement pourra toujours faire face à ses obligations financières, il est prêt à en acheter toujours davantage même s’il sait que l’Etat ne pourra pas tout rembourser. Sous un régime de monnaie papier, la dette publique croît donc plus vite que le stock de monnaie.

L’auteur va très loin et attribue à l’inflation «décrétée» non seulement la croissance «exponentielle de l’Etat providence», mais aussi «l’éradication des standards moraux et sociaux» au détriment de la famille.

Impossible de revenir en arrière et de réformer le système monétaire? C’est une question de bonne volonté, selon Hülsmann. 40 ans après la fin du système de Bretton Woods, l’auteur dresse un bilan particulièrement sombre, mais fort utile. L’inflation «décrétée» est effectivement une injustice sociale.

1. L’éthique de la production de monnaie, Jürg Guido Hülsmann, L’Harmattan, 2010.

Source : Le Temps

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A lire absolument : Europe’s three great delusions

The continent’s leaders have still not grasped how much they need to do to save the euro

May 20th 2010 | From The Economist print edition

IT HAS been another turbulent week for the euro.

Investors have pondered the €750 billion ($950 billion) rescue plan devised by euro-zone finance ministers—and remain nervous (see article). The euro has fallen sharply. Fears that the rescue plan will not be implemented may grow. But the real worry is that the time the plan should buy may be wasted as a result of three delusions which have overtaken European leaders.

The first is shoot-the-messenger syndrome. Too many European politicians lay all the blame on speculators, hedge funds, rating agencies and the rest for “unwarranted” attacks on the euro. Such thinking has informed Germany’s decision to ban “naked” short-selling of government bonds. The German regulator itself admits that this practice played little part in the Greek mess. The ban will apply only in Germany, whereas most short-selling happens in London. If it has any impact at all, it will merely make it harder to sell government bonds.

The decision in Brussels to push through tough rules on hedge funds and private equity reflects an equally gormless view that such firms caused the financial crisis (see article). Nobody can deny that financial regulation needs to be improved. But to attribute the woes of euro-zone government-bond markets solely to evil speculators is dangerously misguided. In fact, investors everywhere (not least at home) have woken up, belatedly, to the extreme fiscal vulnerability of some euro-zone countries—and are now forcing budget cuts.

The second delusion might be termed excessive faith in shock-and-awe. Although the euro’s rescue plan took weeks to devise, €750 billion is an undeniably big number. The European Commission’s president, José Manuel Barroso, claimed it showed the euro zone would do “whatever it takes” to defend itself. Even less troubled euro-zone countries like Italy are pushing new fiscal austerity. Yet for Greece, faith in shock-and-awe seems misplaced. Even if it does everything it has promised (and it may well not), Greece will end up with public debt over 150% of GDP and at best meagre growth prospects. In truth, Greece’s debt problem is one of insolvency, not illiquidity—and insolvency cannot be rectified by piling on more debt, however shocking and awesome the amount. Instead, euro-zone governments and regulators should start planning now for an orderly debt restructuring, including the imposition of losses (“haircuts”) on banks that hold Greek debt.

Burying Greek busts

The third and most disturbing delusion is that deeper structural reform is not necessary; everything will be fine if only Greece and other euro-zone laggards cut their budget deficits. Several notorious fiscal reprobates are promising Angela Merkel that they will whip themselves into line. This is both masochistic and cowardly. On the one hand, sharply reducing demand in economies that are recovering only weakly from recession may cause much unnecessary pain. But an obsession with fiscal discipline may also be an excuse for politicians to run away from tackling Europe’s chronic imbalances and the loss of competitiveness in southern Europe.

Greece, Spain and Italy all made strenuous efforts to qualify for the euro. But once in, they relaxed and gave up the tiresome business of pushing through reforms to enhance competition, hold down labour costs and boost productivity. In fact their loss of monetary and exchange-rate flexibility makes these reforms more pressing—as the euro crisis has underlined. It also makes it imperative that Germany do more to boost domestic demand. How sad that most euro-zone governments still do not seem to get it; how pathetic that they cover their ignorance by blaming hedge-fund managers in London.

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La dépréciation de l’euro est-elle une bonne chose ?

Nicolas Bouzou disait hier dans les Echos que la baisse le l’euro est «une bonne nouvelle parce que cela va renforcer la compétitivité des produits européens et les exportations », ajoutant que «40% des exportations de la France se font hors zone».

Pourtant, les économistes sont souvent très méfiants à l’égard des dépréciations ou pire des dévaluations de monnaie. En effet, baisser la valeur d’une monnaie pour faciliter l’exportation, c’est s’exposer à une hausse des coûts des importations, c’est aussi accepter d’être une proie facile sur les marchés financiers (puisque les valeurs en euro sont moins chères pour les détenteurs d’autres devises…). Plus important, modifier la valeur d’une monnaie, c’est tricher sur un « prix » qui doit se fixer librement selon l’offre et la demande de monnaie et cela entraine toujours des erreurs, des mauvaises anticipations sur les marchés.

Alors pourquoi Nicolas Bouzou considère cette baisse comme une bonne chose ? Il sait pourtant qu’une baisse de l’euro qui facilitera les exportations va donner aux Européens le sentiment d’être compétitifs sans avoir besoin d’innover ni de s’améliorer en réduisant les coûts de production, jeu dangereux lorsque les marchés sont très concurrentiels.

En réalité, s’il ne s’inquiète pas, c’est parce qu’il s’intéresse au contexte économique. Dans un pays où la monnaie reflète la richesse des habitants, sa dévaluation aura les conséquences que nous avons citées (peu d’incitation à réduire les coûts, à innover, risque d’inflation « importée ») mais ce n’est pas le cas de l’euro.

L’euro doit représenter le pouvoir d’achat d’une monnaie utilisée dans plusieurs pays très différents. Or ces dernières années, l’euro, par les actions de la BCE et sous l’influence de l’Allemagne favorable à une monnaie forte, était davantage le reflet des économies les plus puissantes de la zone, particulièrement de l’Allemagne. Ainsi pour l’ensemble des pays en queue de peloton, l’euro n’avait aucun rapport avec la compétitivité et la richesse du pays, il était maintenu à un niveau trop élevé (exactement l’opposé de ce que fait la Chine par ailleurs !).

La crise que traverse l’UE a joué le rôle de signal pour les investisseurs étrangers, et ces derniers ont donc naturellement modifié leur comportement vis-à-vis de l’euro, se montrant plus réticents à en demander en échange des devises de nations plus avancées sur le chemin de la reprise, telles que la Chine et les USA. Cette dépréciation  n’est donc pas dangereuse puisqu’elle représente un retour à la normale, à la situation réelle de l’économie européenne.

Pour autant, si la baisse de l’euro sera indéniablement un facteur de reprise en Europe, il est nécessaire d’alerter les entreprises et les gouvernements de la zone sur la nécessité de poursuivre les efforts de compétitivité car une reprise durable passera par une compétitivité structurelle et non monétaire : c’est-à-dire des entreprises performantes capables d’innover, de réduire leurs coûts de production (et il faudra s’intéresser à la fiscalité des entreprises ici) et désireuses d’investir dans la zone.

En d’autres termes, la baisse de l’euro favorisera la reprise à la marge mais seule une restructuration et un assainissement en profondeur de la zone garantiront la croissance.

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Blog DFCG : L’euro est-il un échec ?

Blog DFCG : L’euro est-il un échec ?.

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Frau Merkel, Démolissez le Mur !

Voici un article (traduit) du Professeur Don Boudreaux, envoyé au Washington Post

Accusant les «spéculateurs » et « l’avidité des investisseurs » du déclin de l’euro, le gouvernement allemand a imposé de nouvelles taxes et réglementations pour restreindre sévèrement la spéculation (« German lawmakers approve euro rescue package », 21 Mai).

Chacune de ces restrictions est au capital ce que le Mur de Berlin était aux hommes : un obstacle destiné uniquement à protéger les gouvernements répressifs et irresponsables des conséquences de leur irresponsabilité et de leur oppression.

En limitant par la force, la capacité des hommes à fuir un régime tyrannique, le Mur de Berlin ne combattait qu’un symptôme – la fuite des peuples – de la faillite du gouvernement d’Allemagne de l’Est.

De même, en limitant par la force, la capacité des investisseurs à vendre des biens financiers, les nouvelles restrictions allemandes sur le capital ne combattent qu’un symptôme – la fuite des capitaux – de l’imprudence des politiques économiques menées par le gouvernement allemand.

Sincèrement,

Donald J. Boudreaux

Retrouvez les lettres quotidiennes de Don Boudreaux sur Cafe Hayek

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Angela Merkel veut agir !

Ce matin, Angela Merkel menaçait de prendre des mesures unilatérales en cas de non coopération des Etats Membres. (Les Echos)

Cette attitude est tout à fait compréhensible de la part du dirigeant de l’Allemagne « Deep Pocket » de l’UE. Pourtant, cette annonce a eu un effet pervers sur l’Euro qui se retrouvait à 1,22 $ (toujours plus proche du fameux 1,20 $ prévu par les analystes…).

Madame Merkel sait qu’il vaut mieux une annonce douloureuse aujourd’hui (« l’euro est en danger ») qu’une attitude optimiste qui pousserait inéluctablement vers une stagnation de l’UE.

Cependant, s’il faut agir vite pour redonner confiance aux investisseurs étrangers, il faut aussi agir bien. Et se pose alors la question de la cible à réguler. On entend de plus en plus parler d’une taxe sur les flux financiers (type Tobin tax), d’une régulation des Hedge Funds, de l’interdiction de vente de découvert à nu, bref d’une régulation du marché…

Fort heureusement, l’Allemagne semble consciente de la vraie cible à réguler : renforcer le contrôle de dette des Etats.

Ici, il faut alors revenir aux causes de la crise actuelle : qui est responsable de la perte de confiance des investisseurs, qui vit au dessus de ses moyens ?

En répondant à cette question, il sera alors possible de réguler vite et surtout de réguler bien !

Espérons que pour une fois, la nécessité l’emportera sur l’idéologie et convaincra les dirigeants de nos Etats d’admettre leur échec au lieu de prendre encore le marché comme bouc émissaire…

Sur les conséquences d’une régulation des Hedge Funds : Le Blog à Lupus

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Pieds et poings liés, en route vers le Mur!

Aujourd’hui Erik Izraelewicz prévoyait trois scénarios possibles pour l’euro : la chute de l’euro et le retour aux monnaies nationales, un statu quo qui entrainerait la zone euro dans une stagnation à la japonaise et enfin l’intégration avec une politique budgétaire commune gérée par un super ministre du budget européen.

Sa préférence va à la troisième solution puisqu’elle forcerait les pays à avancer dans le même sens.

Mais quel en serait le prix ? A quoi ressemblerait une telle Union Européenne ?

Si la zone s’unit autour d’un ministre du budget, il faudra harmoniser l’ensemble des institutions fiscales pour que cela ait un sens. Harmoniser comment, en s’alignant sur quels pays ?

Par ailleurs, il faudra un consensus social chaque fois qu’une décision sera prise. Baisser les revenus des fonctionnaires dans la zone (sic !) sans risquer de voir la population grecque, espagnole ou française dans les rues ?

Il y a une solution : un super ministre européen aux affaires sociales…

Et comment nommera-t-on ces ministres ?

Plus on approfondit la logique de cette intégration plus on avance vers un modèle étrangement connu… Voyons voir, un super gouvernement dirigeant plusieurs nations dont la volonté des citoyens de vivre encore ensemble est plus que jamais incertaine…

Tout ça a un léger goût de déjà vu.

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L’euro en baisse, l’inflation en hausse !?

L’euro est aujourd’hui à 1,24 $, et malgré un léger regain, les analystes parient sur une baisse encore plus grande dans les mois à venir.

Dans le même temps, l’inflation connaît son plus haut depuis Décembre 2008, avec une augmentation de 1,5% sur un an en Avril dernier et de 0,5%  sur le mois dans les pays de la zone (source Eurostat).

Alors, la valeur de l’euro baisse et pourtant les prix augmentent dans l’UE, comment est-ce possible ?

Il y a deux raisons à cela : tout d’abord une augmentation des prix de l’essence et du tabac (des biens dits « addictifs », c’est-à-dire qu’on achète peu importe leur coût), mais surtout une augmentation des prix due aux importations. Comme l’euro baisse, il en faut plus qu’avant pour acheter un bien en dollar ou en yuan. Ainsi les entreprises qui achètent des biens étrangers voient leurs coûts de production augmenter et revendent plus cher ! C’est ce qu’on appelle l’inflation importée.

Evidemment, cela présente un avantage : les exportations coûtent moins chers donc les entreprises européennes peuvent vendre plus facilement à l’étranger, elles gagnent en compétitivité (l’excédent commercial est d’ailleurs passé de 2,4 milliards d’euros en février dernier à 4,5 milliards d’euros en mars). Mais il ne faut pas oublier le défaut majeur d’un euro faible et en inflation : tous les actifs en euros perdent de leur valeur et deviennent des proies faciles pour les investisseurs.

A l’heure où l’on accuse les spéculateurs de tous les maux, on comprend bien l’erreur de se féliciter d’une baisse de l’euro dont beaucoup de politiques et d’économistes se réjouissent naïvement…  (voir «La solution de l’inflation, la politique champagne »)

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L’or pulvérise les 1000€ l’once (I. Mouilleseaux)

Rien de tel qu’une preuve empirique de ce que nous avancions à propos de l’or :

L’or pulvérise les 1 000 euros l’once (retrouvez l’Edito des Matières Premières & Devises ici)
Isabelle Mouilleseaux

Cher investisseur,

Pas de point hebdomadaire étoffé sur les marchés matières cette semaine. Je vous propose donc une version light.

Retenez que l’euro continue de plonger contre le dollar. Passant la semaine dernière de 1,2791 $ à 1,2383 $ en fin de semaine. 1,2284 $ ce matin ! Rien ni personne ne semble pouvoir l’arrêter dans sa chute.

Pas étonnant de voir l’once d’or en euro flamber. Il a allègrement franchi la barre symbolique des 1 000 euros l’once ! Les flux de capitaux qui vont s’investir dans l’or sont inextinguibles. Valeur refuge contre l’inflation, le chaos, la dépréciation monétaire, le désordre économique… il a tout pour plaire par les temps qui courent.

+50% de hausse depuis septembre, +25% depuis le début de l’année… les investisseurs lui font confiance.

Cours de l'once d'or en euros depuis le 1er janvier 2010. (Source : Graphique 24HGold.com)

Cours de l’once d’or en euros depuis le 1er janvier 2010.
(Source : Graphique 24HGold.com)

L’argent comme les platinoïdes ont suivi le mouvement haussier de l’or cette semaine (voir cours ci-dessous).

Du côté du pétrole, c’est toujours le repli. 70 $ le WTI ce matin… loin des 90 $ que nous frôlions il y a quelques semaines encore. Après un possible rebond à court terme, le baril devrait reprendre sa chute nous dit Sébastien Duhamel, analyste de l’investisseur Or & Matières.

Les perspectives de reprise économique dans nos pays occidentaux sont mises à mal, alors même que la lutte contre la surchauffe économique chinoise s’intensifie, ce qui risque de ralentir le seul moteur qui tire actuellement la croissance de la planète. Pire, la Chine tire quasiment à elle seule la demande en matières premières, pétrole et en métaux de base en tête. Tout ralentissement serait pour cette classe d’actifs préjudiciable.

Après leur récent décrochage, les métaux de base se sont stabilisés la semaine dernière. Mais ce matin, le rouge vif s’impose face au fort repli de l’euro/dollar.

Cours à
3 mois
Vendredi
7 mai
2010
Vendredi
14 mai
2010
Variation/ semaine
Aluminium* 2 091 2 107 0,77%
Cuivre* 6 919 6 986 0,97%
Plomb* 2 008 1 980 -1,39%
Nickel* 22 220 22 175 -0,20%
Etain 17 650 17 575 -0,42%
Zinc* 2 080 2 087 0,34%
Acier (Méditerranéen) 495 475 -4,04%
Or (spot) 1 208,00 1 231,40 1,94%
Argent (spot) 18,4 19,34 5,11%
Platine (spot) 1 660,00 1 717,00 3,43%

* cours en $ sur le LME à trois mois

Côté softsblé, maïs et soja s’affichent en repli sur la semaine. Plombés par la hausse du dollar, mais aussi par des emblavements (mise en terre des semis) qui se déroulent rapidement et dans de bonnes conditions aux Etats-Unis. Ce qui laisse présager de bonnes récoltes à venir.

Blé, maïs et soja cotaient respectivement 4,68 $, 3,59 $ et 9,43 $ le boisseau à Chicago vendredi soir, livraison trois mois.

Un petit mot sur le sucre qui a atteint avec une rapidité inouïe mon objectif de 13 cents la livre de sucre, que je m’étais fixé mi-février alors qu’il cotait autour de 27 cents. Si vous avez shorté le sucre, débouclez votre position.

L’Organisation internationale du sucre (ISO) anticipe un excédent de sucre pour la saison 2010/2011 de 2,5 millions de tonnes. Pour la saison en cours, le déficit devrait se chiffrer à 8,5 millions de tonnes, contre 9,4 prévus en début d’année.


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Un partenariat euro-japonais pour un système monétaire équilibré

Va-t-on dans le bon sens?

Voici un article de EurActiv pour vous donner une idée…

http://www.euractiv.fr/institutions-0/article/2010/05/14/partenariat-euro-japonais-systeme-monetaire-equilibre_67380

Le fondateur d’Europanova Guillaume Klossa et l’économiste Jean-François Jamet proposent la constitution d’un partenariat euro-japonais pour réduire la volatilité de l’euro et les déséquilibres économiques mondiaux. Cette idée constitue l’une de leur « 60 propositions pour fonder une puissance européenne », rendues publiques le 6 mai dernier.

« Proposer, de concert avec le Japon, à la Chine et aux autres pays asiatiques de remplacer l’alignement du cours de leur monnaie sur celui du dollar, par l’adoption d’un adossement de leur monnaie à un panier de devises incluant l’euro et le yen, dont la part respective augmenterait progressivement face au dollar. » Telle est la proposition formulée dans le rapport intitulé « Une Europe qui ose dans l’intérêt des Européens », publié par le think tank EuropaNova.

Ce partenariat cherche à répondre à la volatilité de l’euro et permettrait à l’Europe de stabiliser sa monnaie face aux monnaies asiatiques pour faciliter ses investissements et exportations vers l’Asie. Pour parvenir à convaincre la Chine, la proposition concernerait tous les pays asiatiques afin de répondre au refus chinois d’une réévaluation du yuan face aux autres pays. Par ailleurs, un tel partenariat offrirait aux pays asiatiques un moyen d’échapper à leur dépendance vis-à-vis du dollar et de l’économie américaine.

Autre proposition en phase avec la crise grecque : la constitution d’un fonds monétaire européen. Si dans un premier temps, il serait financé par les contributions des Etats à proportion de leur PIB, il serait par la suite « alimenté uniquement par les contributions des États membres qui enfreignent les critères du Pacte de Stabilité. » Leur participation financière au fonds serait remplacée sur une contribution proportionnelle au niveau de la dette publique et du déficit. Interrogé par EurActiv.fr, Jean-François Jamet, co-auteur du rapport explique qu’un tel système permettrait de créer une assurance contre le risque de défaut d’un Etat, et d’inciter fortement ces mêmes Etats à respecter les critères du Pacte de Stabilité. » Ce mécanisme aurait enfin l’avantage « d’apporter de la crédibilité aux finances publiques européennes pour l’avenir » tout en étant « facile à mettre en place institutionnellement », conclut-il.

Marek Kubista

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RÈseau LHC

Encore un site d’économie ?

Les économistes sont restés dans leur tour d’ivoire depuis trop longtemps, au point qu’aujourd’hui ils sont accusés de tous les maux et ne trouvent plus de place pour s’expliquer. Trop abstraite, trop complexe, incapable d’expliquer les phénomènes actuels, voilà la conception qu’a l’individu lambda de l’économie. Ce blog a pour but de réconcilier cette discipline simple, vivante et intuitive avec ceux qui s’interrogent sur les problèmes que posent nos économies globalisées. Ici, pas de mathématiques, pas de grands discours ni de suites incompréhensibles de statistiques. Nous ramenons l’économie dans la réalité qu’elle n’aurait jamais du quitter…