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Les faits de société à travers le prisme de l'économie…

E. Garessus: Une foudroyante attaque contre le principal atout de la Suisse

L’initiative fiscale du PS ne contribue pour sa part qu’à augmenter les impôts, anéantir les fondements institutionnels du pays. C’est même une menace pour la liberté.

La Suisse traverse la crise mieux que d’autres, en termes d’emplois comme de PIB. C’est l’économie la plus compétitive au monde. Mais sa richesse peut s’envoler si l’on touche à son principal avantage concurrentiel. «Il est démontré que le premier atout de la Suisse réside dans la capacité d’un pays relativement petit à apprendre et à expérimenter», selon Robert Nef (1). Cet apprentissage n’est possible que si le pays peut comparer ses solutions aux autres. C’est pourquoi notre réussite dépend de la multiplicité des expériences réalisées dans les cantons et communes, ces laboratoires d’idées, de la capacité à copier les bonnes mesures et ignorer celles qui ne fonctionnent pas. L’initiative socialiste «pour des impôts enfin équitables» et «contre les abus de la concurrence fiscale» entre les cantons, qui sera soumise au peuple le 28 novembre, anéantit le premier atout du pays, le pilier majeur du succès helvétique et de ses institutions.

La crise a mis à nu notre statut de nain politique sur la scène internationale. La Suisse a souffert de l’environnement protectionniste. Elle a dû compenser son poids politique insignifiant par sa compétitivité économique. «Les petits pays sont davantage disposés à apprendre non parce qu’ils sont plus intelligents ou plus assidus, mais parce qu’ils ont moins de pouvoir et doivent en permanence s’adapter aux changements», poursuit Robert Nef. A l’inverse «le pouvoir politique est un état qui permet aux plus puissants de ne pas devoir apprendre», selon Karl W. Deutsch.

L’initiative fiscale du Parti socialiste s’attaque précisément à cette concurrence des idées, des modèles et des propositions. Elle ferait avancer le socialisme mais reculer la compétitivité de la Suisse. Le danger est grand parce qu’elle joue sur un réel malaise à l’égard des bonus exorbitants des dirigeants les plus détestés, les Ospel et autres Kurrer. Elle fait croire que seul un tout petit nombre de cantons et 1% des revenus seraient touchés, les plus de 250 000 francs. Elle cible le soi-disant «tourisme fiscal des multimillionnaires», «les privilèges», la «sous-enchère». A croire que la Constitution suisse a été écrite par des ultra-libéraux ou à la sortie d’une «Tea Party». Difficile d’être plus populiste!

L’ensemble du barème fiscal serait touché et pas uniquement les revenus supérieurs à 250 000 francs. Un exemple: A Wollerau, commune fiscalement très attractive, un contribuable qui gagne 250 000 francs paie aujourd’hui un impôt sur le revenu de 9%. En cas d’acceptation, le taux passerait à 22%. Mais on ne peut pas taxer à 9% un revenu de 249 999 francs et à 22% celui de 250 000 francs. Le fossé est trop brutal. L’acceptation par le peuple modifierait le barème de toute la classe moyenne. Non seulement les cantons les plus fiscalement attractifs, mais absolument tous les cantons du pays verraient leur souveraineté fiscale entamée. Certains cantons en bonne santé recevraient davantage d’argent que nécessaire et seraient incités à les dépenser dans des tâches superflues. Il en serait terminé de la retenue fiscale helvétique et de la responsabilité fiscale des cantons. Les recettes tartuffières de la cuisine socialiste se concluent une fois encore par une perte de pouvoir d’achat pour la classe moyenne.

Pour faire passer une idée qui s’oppose à l’essence même de la Suisse, il faut multiplier les tours de passe-passe, agiter les pires épouvantails et ressortir les clichés de la lutte des classes.

Plutôt que d’installer les radars socialistes sur les autoroutes de l’uniformisation fiscale, mieux vaudrait étudier des pistes de réforme novatrices. Reiner Eichenberger, professeur à l’Université de Fribourg, propose par exemple que les pendulaires soient en partie taxés sur leur lieu de travail. L’idée (2) ne consiste pas à «taxer la mobilité», mais à accompagner une évolution spontanée de la société. L’impôt dont s’acquitterait le pendulaire s’accompagnerait de l’attribution des droits politiques dans la commune de travail. Cette proposition renforcerait la marge de manœuvre financière des centres économiques et les inciterait à améliorer leurs services et infrastructures pour les pendulaires.

La démocratie directe et le fédéralisme doivent être renforcés et non pas combattus. Les cantons, plus proches des citoyens, sont mieux gérés que la Confédération. Or le référendum financier n’est possible dans certains cantons romands que pour les plus lourdes dépenses publiques.

Une autre idée, qui fonctionne dans les communes, mérite d’être encouragée à un autre niveau, celle des comités de gestion. Mark Schelker et Reiner Eichenberger (2) ont par exemple montré que l’existence de ces comités indépendants et démocratiquement élus a freiné la hausse des dépenses et des impôts dans les communes. Pourquoi ne pas élargir l’expérience aux grandes communes, aux cantons et à la Confédération?

L’initiative socialiste s’attaque enfin directement à la liberté individuelle. Le principe majoritaire (une personne, un vote) est parfaitement honorable. Comme le défendait Zaccaria Giacometti, professeur de droit de l’Université de Zurich (3), la liberté qui n’est pas portée par la majorité n’est pas durable. Mais ce principe ne devrait pas être employé pour des questions de redistribution, ainsi que l’a expliqué Friedrich Hayek. L’initiative du PS s’inscrit précisément dans ce cadre en imposant une répartition des revenus à 1% des citoyens. En combattant l’autonomie fiscale cantonale, les sirènes hygiénistes du PS utilisent le principe majoritaire pour faire taire toute dissidence créative. L’initiative fiscale du PS n’est pas seulement un programme de hausse d’impôts.

(1) Schweizer Monatshefte,
octobre 2009 et octobre 2010.

(2) Mark Schelker & Reiner Eichenberger, 2008. CREMA Working Paper Series 2008-06.

(3) Das Merheitsprinzip und
die Freiheit, Robert Nef, Schweizer Monatshefte, octobre 2008.

 

 

 

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France’s Worst Enemy (Nicolas Lecaussin)

A social model of inequality between the public and the private.

When the economic crisis struck in 2008, the French government assured its citizens that our social model would protect and cushion us; that we would not be hit nearly as hard as other countries in the downturn.

Two years later, one can hardly claim that France has been shielded by its social model. Unemployment has risen constantly, even more strongly than for our peers such as the U.K. and Germany. Even Germany has emerged better off than France, with its excellent export figures.

It would seem that, again, in the post-crisis period, the French model does not bring us good news. The 0.6% increase in France’s GDP for the second quarter falls well short of the 2.2% registered for Germany, which is expected to grow more than 3% (and as high as 3.5%) this year, against a 1.4% forecast for France. Similarly, the U.S. and the U.K. are expecting growth of more than 2.4% this year.

As always, we’re told that next year will be better. Paris predicts that it will enjoy growth of 2% in 2011, which would be some reversal of fortune given that next year the euro zone is only set to grow 1.4%. As this newspaper reported on Monday, Natixis economist Jean-Christophe Caffet highlighted this wishful forecasting with his prediction that the French economy will grow only 1% next year, after factoring in France’s spending cuts and weakening exports.

So it turns out that before, during, and after the crisis, the French social model so highly vaunted by our political leaders has been of no great help for the French economy. On the contrary, it has become the major obstacle to long overdue economic reforms. French leaders are right: The French social model does protect us. But not from the crisis—it protects us from economic growth.

The glorious past of this social model has been forgotten too quickly. Since the end of the 1970s, France has been bogged down in double-digit unemployment—more than 10% for adult workers and 21% for young job-seekers. Angst in the suburbs has increased without pause, and the national education system has sent hundreds of thousands of young people into the world without degrees, condemned to long-term unemployment.

Over the past 25 years, the number of young, qualified graduates fleeing France to find jobs abroad has continued to grow, while the wealthy continue to seek foreign shelter from the rapacious state. In France, where our supposed social model of « solidarity » functions so beautifully, we had 15,000 citizens die during the heat wave in the summer of 2003, abandoned by public social services and labor unions that work only to defend their privileges rather than their workers.

The French social model is above all a model of inequality between the public and the private, between those who enjoy lifetime employment and those who have to fend for themselves in the labor market. It is paradoxical, if not grotesque, to speak of equality and solidarity in a country where more than six million people live on public money and oppose every attempt at reforming the state. When it comes to salaries, retirement, or vacation, the public sector is clearly better off than the private. Remind me again, where is France’s famed equality?

Worse still, France breaks all records for withholding taxes, but it redistributes less of this money than most members of the OECD. Paris confiscates more than half the wealth created by French people, and redistributes less than the U.S., which only collects about 30% of its citizens’ riches. Where does the money go? The answer is that the French « model » has become a huge cheese: It has engendered an enormous bureaucracy, profiting more than one million civil servants. Politicians exploit it for electoral purposes and the unions hold it up as the model to follow.

It seems that the upper-most echelons of France’s bureaucratic elite are the only ones who can’t understand that income taxes and withholding taxes are counterproductive to growth, and that raising them will do nothing but harm efforts to reduce the public deficit. Meanwhile, thanks to laughable control mechanisms, much of the citizens’ welfare contributions never wind up reaching the poor, but instead are eaten up by armies of bureaucrats who are entrusted with « redistributing » my nation’s wealth. We have not created an equal, just, and brotherly society, but rather assisted in the rise of a caste that profits from the largesse of the welfare state and the unlucky masses who are forced to pay into it.

The Petit Robert dictionary associates the word « model » with another word, which is « to copy. » Well, as far as the French social model is concerned, one could say that it’s the model that the whole world envies but that no one would ever copy.

Mr. Lecaussin is director of development at France’s Institute for Economic and Fiscal Research (IREF).

Source : Wall Street Journal

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Un prélèvement bancaire pour inciter à la responsabilité ?

Les trois grands d’Europe sont d’accord pour mettre en place un nouveau prélèvement bancaire visant à obliger les banques à contribuer aux risques qu’elles prennent. A présent, ils désirent le faire adopter par le G20.

Cela pose deux problèmes majeurs : tout d’abord, la solution d’un prélèvement bancaire pourra difficilement être considérée comme une mesure efficace dans l’ensemble des pays alors que leurs situations sont différentes ; en effet qu’aurait à gagner le Canada dont les banques s’en sont mieux sorties et ne méritent donc pas les mêmes « sanctions » que ces homologues européennes ? De plus, n’est-ce pas hypocrites d’accuser les banques alors qu’elles sont allègrement utilisées par les Etats pour financer leurs dettes puisqu’elles sont autorisées à n’avoir aucun fonds propres pour représenter les acquisitions d’obligations d’Etats, considérées comme non risquées ? Les banques seraient donc taxées, non parce qu’elles prennent des risques inconsidérés mais parce qu’elles participent à l’action irresponsables des gouvernements ! Voilà le meilleur signe du manque de confiance légitime qu’on peut avoir en l’Etat aujourd’hui.

Par ailleurs, quand bien même la crise actuelle serait le fait de l’avidité des banques, comment un prélèvement pourrait les inciter à changer de comportement ? Finalement qui paiera ce prélèvement ? Lorsqu’un nouvel impôt, quelle que soit sa nature, est mis en place sur une entreprise, les coûts supplémentaires sont répercutés sur les consommateurs. Dans le cas des banques, ce sont donc les clients qui paieront…

Finalement, peu importe le rôle des banques dans la crise actuelle, un nouveau prélèvement irréfléchi, tel qu’il est proposé aujourd’hui, ne règlera rien. Abandonnons la politique « nirvana » de penser que chaque problème à une solution fiscale…

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Crise économique ou crise des libertés ?

Les crises sont historiquement une période de restrictions des libertés. Les gouvernements peuvent alors se cacher derrière la crise pour améliorer leur situation. C’est ce qui se passe dans le secteur minier sur le point d’être soumis à un nouveau régime fiscal destiné à approvisionner les caisses des Etats, et en première ligne de l’Australie.

Bref rappel des faits

Le gouvernement australien a annoncé son désir d’introduire « une taxe de 40% sur les profits des sociétés extractives de minerais en 2012 » (Les Echos). Cette annonce a eu l’effet escompté ; les autres pays producteurs emboitant immédiatement le pas. La Chine a affirmé son projet de réformer la fiscalité sur les compagnies extractives, puis le Chili.

Les conséquences « inattendues »

Ces super-impôts vont apporter une manne substantielle aux gouvernements et ce n’est pas un mal en ces temps de crise des déficits publics. Mais comment va réagir le marché ? Ou plutôt, comment vont réagir les différentes entreprises extractives ? Selon les analystes de Goldman Sachs JBWere, l’industrie du minerai est sensibles aux variations de coûts de production et principalement les petites entreprises. On voit déjà assez clairement deux conséquences à venir de cette taxe.

Tout d’abord, une relocalisation de l’activité comme le menacent les deux géants BHP Billiton et Xstrata.

Ensuite et cela est plus pervers, une modification structurelle de l’industrie. En effet, le gouvernement australien est conscient des risques qu’un tel impôt ferait peser sur l’industrie des minerais et a donc décidé de consulter BHP Billiton pour trouver un accord. Evidemment, seules les grandes entreprises pourront convaincre le gouvernement et cela leur donnera deux avantages : leur taille leur permet d’absorber plus facilement le nouvel impôt en « étalant les pertes » sur les grandes quantités vendues, mais aussi et surtout, ils pourront trouver des accords particuliers avec le gouvernement afin de limiter l’impact du nouvel impôt en échange par exemple de la promesse de rester sur le territoire.

Les petites entreprises seront donc contraintes de disparaître au profit de grands groupes ayant perdu leur indépendance  vis à vis des gouvernements. Si cela ne paraît pas si terrible de prime abord, il faudra s’en souvenir lorsque le prix des minerais augmentera et qu’on entendra alors les médias, politiques et consommateurs se plaindre des effets néfastes du capitalisme…

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Fiscalité: cibler les niches, le chenil ou les chiots?

Le PS aurait-il décidé de se mettre à dos l’ensemble de son électorat ?

Dans sa proposition pour financer les retraites apparaissait un point plus qu’étonnant : la hausse du forfait social de 4% à 20% sur l’intéressement et la participation. Normal pourrait-on penser, c’est dans la logique de taxer les « hauts » revenus !

Sans céder au débat sur la définition d’un haut revenu (rappelons simplement qu’en économie, un « riche » est une personne qui vit des intérêts de son patrimoine…), cela pose tout de même un problème : les intéressement et participation concernent plus de 10 millions de salariés en France (voir 15 millions selon certains analystes…). Alors a-t-on autant de hauts revenus en France ? Si c’était le cas, il est évident que nous ne serions pas dans la situation qui est la nôtre aujourd’hui…

Non. Décidemment il semblerait que le PS n’en soit plus à cibler les « niches » mais l’ensemble du chenil ! A présent tout le monde doit être taxer, quitte à ce que les classes moyennes en souffrent les premières !

Rappelons simplement une chose, lorsque les revenus des salariés sont taxés, c’est le pouvoir d’achat et la compétitivité qui en pâtissent… Le voilà donc le fameux volet social du PS ? Espérons qu’on ne le prenne pas en pleine tête…

Enfin, si ces propositions devaient passer, alors la stagnation de l’économie française ne ferait que reporter le problème sur les générations futures.

A force de vouloir « sanctionner » les riches cachés dans leurs niches, c’est l’ensemble du chenil et des chiots à venir qu’on va sanctionner, et là, on pourra parler de sanction durable…

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When I’m Sixty Four!

When I get older, losing my haïr, many years from now,

Will you still be paying me my sweet pensions

Or should I fear Great Depression…

Voilà les paroles qu’on pourrait entendre aujourd’hui à propos des retraites. Le COR (Conseil d’Orientation des Retraites) a rendu la semaine dernière un rapport estimant que même un allongement de la durée du travail à 63 ans et des cotisations à 45 ans ne réduiraient que de moitié le trou creusé par les retraites !

Alors on a ressorti le fameux concept de la boîte à idées ; tout le monde est invité à trouver de nouvelles solutions. Etrangement pourtant, les propositions ne sont que cosmétiques et ne règlent en rien le problème de fond.

Petit tour d’horizon des mesures avancées par les politiques.

  • Augmenter encore les cotisations dans les entreprises. Excellente idée n’est-ce pas ? Ce serait parfait si les cotisations n’augmentaient pas le coût du travail et donc le chômage dans un pays où la croissance est faible…
  • Augmenter les taxes sur les plus riches alors ? Tant qu’à faire… Après tout, ils ont fait leur richesse grâce aux dépenses de l’Etat (éducation, sécurité, services publics en tout genre…) selon Mr Mélanchon. Mais ici encore, on oublie les conséquences d’une augmentation de la fiscalité sur les plus riches ! D’abord une incitation plus forte à quitter un pays qui les empêche de jouir des profits résultants de leur prise de risque et de leur apport aux consommateurs et donc à la société en générale. Puis une baisse de l’incitation à travailler… Et oui, les riches sont qualifiés de riches en économie dès lors que le travail est pour eux un bien suffisamment abondant pour être mis en concurrence avec les loisirs. Ils sont riches parce qu’ils peuvent choisir de réduire leur nombre d’heures travaillées pour augmenter leur temps de loisir, tout en pouvant consommer suffisamment pour survivre ! Si on taxe davantage ces gens là, ils travailleront moins ; comme bien souvent ils sont à la tête d’entreprises, ils réduiront l’activité de plusieurs individus, conséquence : plus de chômage et moins de croissance…

Décidément, ces solutions ne seront pas efficaces et peut-être serait-il temps de s’intéresser au vrai problème : comment un système par répartition peut-il fonctionner lorsque les croissances démographique et économique sont faibles ?

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Evasion fiscale et notion de causalité en économie

L’Etat a besoin d’argent. Partons de ce postulat simple et tout à fait légitime après son intervention massive pour nous sauver de la crise.

Si l’Etat a besoin d’argent, il est donc nécessaire que les citoyens contribuent aux dépenses publiques à travers leurs impôts. Ici se pose alors la question de l’évasion fiscale.

On entend, depuis un an, les membres du gouvernement nous affirmer que si l’on pouvait contraindre les « évadés » à revenir payer leurs impôts en France, le problème du déficit public serait réglé. D’un point de vue purement comptable, les choses sont simples : les payeurs ont fui et le déficit est la cause immédiate de leur refus de participer aux efforts de l’Etat. Très bien, mais cette causalité est fausse.

Pour résoudre efficacement ce problème d’évasion il faut comprendre la notion fondamentale de l’économie : les individus répondent à des incitations. Dès que les choses changent dans leur environnement, ils s’adaptent et adoptent de nouvelles stratégies.

Fort de cette notion, revenons à notre problème d’évasion. Pourquoi les plus riches (et même les moins riches depuis quelques mois) tentent-ils de fuir leur pays ? Parce qu’ils s’adaptent ! Les premiers sont partis lorsqu’ils ont estimé que le montant à payer étaient trop lourd comparé à la qualité des prestations publiques qui leur étaient « offertes ». Ainsi, ils ne créent pas le déficit en fuyant, ils fuient parce qu’ils paient déjà trop compte tenu de que fait l’Etat avec leurs impôts !

Et pourquoi d’autres, moins riches, les suivent à présent ? Pour la même raison. Ils savent que les impôts risquent d’augmenter encore, non pour fournir de meilleures prestations pour la société mais pour rembourser la dette.

Ainsi, pour combattre l’évasion, il faut accepter la dure réalité : les individus mesurent toujours les coûts et les bénéfices de leurs actions. Lorsque payer plus ne rapporte rien en terme de qualité de vie, ils arrêtent de payer et prennent le risque d’être puni en fuyant leur pays. Loin d’être responsables du déficit, ils sanctionnent la mauvaise gestion de l’Etat !

La lutte contre l’évasion fiscale ne passera pas par une loi, mais par une meilleure utilisation des revenus récoltés par l’impôt et surtout, par une maîtrise des dépenses publique…

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L’importance du contexte

Ce matin, dans l’émission «Les Grandes Gueules» (RMC Info), le débat portait encore et toujours sur la fiscalité française. La fiscalité, nerf de la guerre n’est-ce pas ?

Le problème était le suivant : comment inciter les entreprises à embaucher plus dans ces temps de crise ?

Etrangement, il semblait se dessiner un consensus parmi les intervenants (politiques et économistes, de gauche comme de droite) qui proposaient de taxer le capital davantage que le travail, afin que les entreprises soient contraintes d’embaucher plutôt que de placer ou d’acheter du capital…

La proposition est tout à fait logique. En effet, lorsqu’une entreprise fait face à un avenir favorable, elle voit de nouvelles opportunités de profit et décide de produire plus. Pour produire, elle doit faire le choix entre acheter du capital ou du travail supplémentaire. Si le travail est moins coûteux, elle est incitée à embaucher.

Simple n’est-ce pas ? Mais revenons à la raison qui entraine l’embauche : les opportunités futures. Ainsi cette politique serait tout à fait efficace si l’avenir s’annonçait radieux, sans risque pour les entreprises. Autrement dit, si les perspectives de croissance étaient bonnes.

Que se passe-t-il si la croissance s’annonce faible ? Les entreprises ne voudront pas produire plus, en effet, pour qui produiraient-elles ?

Dans ce cas, taxer davantage le capital rendra simplement la production plus coûteuse, mais n’entraînera jamais d’embauche. Comment favoriser l’emploi lorsque les perspectives de croissance sont mauvaises ?

Et bien, certainement pas en augmentant les coûts dans les entreprises, mais plutôt en les réduisant ! Plus précisément en réduisant le coût du travail dans les entreprises, c’est-à-dire en réduisant les cotisations patronales (cette fameuse part supplémentaire payée par l’entreprise avant que le salarié récupère sa paie).

En réduisant cette cotisation, l’entreprise peut alors embaucher à un coût moindre, et tenter de produire plus même si les opportunités son faibles.

Cela conduit à une conclusion en forme d’alerte pour les hommes politiques : il y a toujours plusieurs solutions pour résoudre un problème général, à vous de choisir celle qui convient à la situation actuelle…

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RÈseau LHC

Encore un site d’économie ?

Les économistes sont restés dans leur tour d’ivoire depuis trop longtemps, au point qu’aujourd’hui ils sont accusés de tous les maux et ne trouvent plus de place pour s’expliquer. Trop abstraite, trop complexe, incapable d’expliquer les phénomènes actuels, voilà la conception qu’a l’individu lambda de l’économie. Ce blog a pour but de réconcilier cette discipline simple, vivante et intuitive avec ceux qui s’interrogent sur les problèmes que posent nos économies globalisées. Ici, pas de mathématiques, pas de grands discours ni de suites incompréhensibles de statistiques. Nous ramenons l’économie dans la réalité qu’elle n’aurait jamais du quitter…