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Les faits de société à travers le prisme de l'économie…

Retraite, injustice et symbole…

Le relèvement de l’âge légal de départ à la retraite est confirmé par le gouvernement !

Fidèles à leurs idées qu’une population qui vit de plus en plus longtemps doit aussi travailler plus longtemps, ils ont agi sans plier sous les menaces des grands groupes de pression : syndicats et fonctionnaires.

Fidèles à leurs idées ?

S’ils ont relevé l’âge de départ, ils n’ont cependant pas mis en place la fameuse « convergence » entre public et privé. En effet, ce matin, on pouvait lire partout que la SNCF avait rassuré ses cheminots sur le fait que leur retraite à 50 ans ne bougerait pas. Ouf ! Les hommes et femmes faisant mission de service public et qui plus est dans des conditions de pénibilité extrême (c’est bien pour cela qu’il existe la prime « charbon ») sont épargnés par les réformes de l’Etat.

La première conclusion que l’on peut tirer est donc que le gouvernement marchera sur des œufs avec les groupes organisés, capables de mobiliser les masses, c’est-à-dire les fonctionnaires et les grands syndicats.

L’écart public-privé est « plus symbolique qu’inefficace »

Voilà ce qu’on pouvait lire ce matin dans les Echos ou entendre sur BFM. Inutile d’aligner les retraites publiques sur le privé parce que cela attaquerait un symbole sans pour autant permettre des économies substantielles.

Mais justement Mesdames et Messieurs du gouvernement, ne comprenez-vous pas que dans un climat morose, empli d’incertitudes, ce sont les symboles qu’il faut changer ! A l’heure où la moindre annonce du gouvernement change la tendance des marchés, affirmer le statu quo ne peut être salutaire.

En vérité, ils se savent mais sont coincés comme toujours, entre la recherche d’efficacité et les forces d’inerties sociales. Lorsqu’il s’agit de prendre une mesure coûteuse, il est plus facile de la faire peser sur la population la plus grande et la mieux organisée et d’en écarter les petits groupes, facilement identifiables ayant voix au chapitre. Cependant, il faut garder à l’esprit que ces petits groupes favorisés grandissent et que bientôt il faudra choisir, faute de voir les budgets de l’Etat s’effondrer sous leurs propres déficits.

En attendant, il ne reste plus qu’à observer les vrais créateurs de richesses quitter un navire qui les a trop longtemps soumis au supplice de la planche.

A lire en complément: L’analyse de Lupus sur un autre groupe organisé, les bénéficiaires de la PAC.

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L’optimisme français et la rigueur

Dominique Seux décrivait ce matin les réformes du gouvernement pour redresser les finances publiques. Et une chose est sure, ça va faire mal. Si le projet semble aller dans le bon sens, il demeure très optimiste du point de vue de la croissance à venir et de la capacité de l’Etat à maîtriser son budget. On pourra remarquer la ressemblance avec les réformes suédoises couronnées de succès, tout en gardant à l’esprit que le projet français est beaucoup plus ambitieux (passer de 8% à 3% de déficit pour 2013) car il tente ce tour de force dans un pays où les syndicats patronaux et ouvriers n’avancent jamais dans le même sens et surtout à une époque où les perspectives de croissance sont faibles (la Suède avait réduit son déficit de 12% à 2% entre 1993 et 1997, en bénéficiant d’une croissance de 4%).

Par ailleurs, gardons à l’esprit que les pays ayant réussi le pari d’une baisse des déficits rapides et durables ont souvent accompagné leurs plan de rigueur d’un assainissement monétaire, c’est-à-dire d’une dévaluation monétaire visant à redonner à la monnaie sa vraie valeur et donc à signaler aux investisseurs et citoyens la véritable richesse (ou plutôt absence de richesse) du pays. Dans le cas Français, il faudra compter avec une monnaie dont la valeur représente un ensemble disparates de richesses nationales…

Si le plan semble aller dans le bon sens et malgré son optimisme quelque peu naïf, son succès ne pourra être garanti que par une croissance forte, qui est le fondement de toutes les prévisions et hypothèses du plan. Reste donc à savoir comment le gouvernement va en faire la promotion. Espérons qu’il se souvienne alors des principes fondamentaux de la croissance: l’accumulation de capital (humain comme physique) et la liberté d’entreprendre. Pour cela, nous sommes prêts à lui fournir gracieusement les oeuvres (entre autres) de Schumpeter, Solow, Smith, Lucas, Kydland & Prescott…

Le commentaire de Dominique Seux : Les Echos

Le commentaire d’Erik Izraelewicz : La Tribune

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Fiscalité: cibler les niches, le chenil ou les chiots?

Le PS aurait-il décidé de se mettre à dos l’ensemble de son électorat ?

Dans sa proposition pour financer les retraites apparaissait un point plus qu’étonnant : la hausse du forfait social de 4% à 20% sur l’intéressement et la participation. Normal pourrait-on penser, c’est dans la logique de taxer les « hauts » revenus !

Sans céder au débat sur la définition d’un haut revenu (rappelons simplement qu’en économie, un « riche » est une personne qui vit des intérêts de son patrimoine…), cela pose tout de même un problème : les intéressement et participation concernent plus de 10 millions de salariés en France (voir 15 millions selon certains analystes…). Alors a-t-on autant de hauts revenus en France ? Si c’était le cas, il est évident que nous ne serions pas dans la situation qui est la nôtre aujourd’hui…

Non. Décidemment il semblerait que le PS n’en soit plus à cibler les « niches » mais l’ensemble du chenil ! A présent tout le monde doit être taxer, quitte à ce que les classes moyennes en souffrent les premières !

Rappelons simplement une chose, lorsque les revenus des salariés sont taxés, c’est le pouvoir d’achat et la compétitivité qui en pâtissent… Le voilà donc le fameux volet social du PS ? Espérons qu’on ne le prenne pas en pleine tête…

Enfin, si ces propositions devaient passer, alors la stagnation de l’économie française ne ferait que reporter le problème sur les générations futures.

A force de vouloir « sanctionner » les riches cachés dans leurs niches, c’est l’ensemble du chenil et des chiots à venir qu’on va sanctionner, et là, on pourra parler de sanction durable…

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Réguler les Agences par la concurrence !

Ce matin, François David, président de Coface, donnait son point de vue sur la régulation des agences de notation sur BFM.

Un point de vue fort instructif de la part d’un homme qui connaît bien le métier. Réguler les agences de notation disait-il en substance, ne doit pas passer par leur mise sous tutelle de l’Etat, ni par la création d’un contrôleur d’agences…

Comme souvent, les solutions les plus simples sont les meilleures. Pour inciter les agences à faire leur travail, il faut les forcer à se montrer transparentes, rigoureuses et indépendantes vis-à-vis des entreprises et Etats contrôlés. Comment faire selon lui ?

Par deux moyens qui se renforcent l’un l’autre : une diffusion de leurs analyses et de leurs conclusions d’une part et une mise en concurrence des agences de notation.

Pour réguler les agences, il faut une menace d’être évincé du marché à la moindre erreur de jugement et quel système favorise la sélection des meilleurs : la concurrence !

Voilà la conclusion de Mr David : concurrence et responsabilité des agences face à leurs notations.

Parfois, il est nécessaire d’écouter les spécialistes pour retrouver des solutions simples…

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Retraite : quand l’idéal socialiste mène au marché…

Pierre Moscovici expliquait ce matin sur BFM qu’il ne fallait pas toucher à la retraite à 60 ans et qu’il ne fallait absolument pas abandonner le système par répartition.

Alors comment combler le trou creuser par des retraites de plus en plus nombreuses ?

Sa solution est louable : conserver le droit de partir à 60 ans et inciter les individus à travailler plus longtemps par un système de « sur-côte ».

L’idée est séduisante mais elle ne répond pas à la question du financement. En réalité, cela revient à laisser les individus agir comme ils l’ont toujours fait à la différence qu’ils gagneront encore plus en travaillant plus longtemps, donc le trou risque de s’agrandir ou plutôt de s’approfondir…

Pourtant, la volonté de Mr Moscovici de laisser les individus choisir combien de temps ils doivent travailler est incontestablement bonne. Alors comment appliquer cette idée, si proche des valeurs de liberté et de responsabilité chères aux idéaux français, à un système financièrement soutenable ? Comment laisser les individus choisir et supporter le poids de leurs décisions ?

Et bien, il n’y a qu’une seule solution que Mr Moscovici connaît mais ne peut accepter pour des raisons idéologiques : la retraite par capitalisation…

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When I’m Sixty Four!

When I get older, losing my haïr, many years from now,

Will you still be paying me my sweet pensions

Or should I fear Great Depression…

Voilà les paroles qu’on pourrait entendre aujourd’hui à propos des retraites. Le COR (Conseil d’Orientation des Retraites) a rendu la semaine dernière un rapport estimant que même un allongement de la durée du travail à 63 ans et des cotisations à 45 ans ne réduiraient que de moitié le trou creusé par les retraites !

Alors on a ressorti le fameux concept de la boîte à idées ; tout le monde est invité à trouver de nouvelles solutions. Etrangement pourtant, les propositions ne sont que cosmétiques et ne règlent en rien le problème de fond.

Petit tour d’horizon des mesures avancées par les politiques.

  • Augmenter encore les cotisations dans les entreprises. Excellente idée n’est-ce pas ? Ce serait parfait si les cotisations n’augmentaient pas le coût du travail et donc le chômage dans un pays où la croissance est faible…
  • Augmenter les taxes sur les plus riches alors ? Tant qu’à faire… Après tout, ils ont fait leur richesse grâce aux dépenses de l’Etat (éducation, sécurité, services publics en tout genre…) selon Mr Mélanchon. Mais ici encore, on oublie les conséquences d’une augmentation de la fiscalité sur les plus riches ! D’abord une incitation plus forte à quitter un pays qui les empêche de jouir des profits résultants de leur prise de risque et de leur apport aux consommateurs et donc à la société en générale. Puis une baisse de l’incitation à travailler… Et oui, les riches sont qualifiés de riches en économie dès lors que le travail est pour eux un bien suffisamment abondant pour être mis en concurrence avec les loisirs. Ils sont riches parce qu’ils peuvent choisir de réduire leur nombre d’heures travaillées pour augmenter leur temps de loisir, tout en pouvant consommer suffisamment pour survivre ! Si on taxe davantage ces gens là, ils travailleront moins ; comme bien souvent ils sont à la tête d’entreprises, ils réduiront l’activité de plusieurs individus, conséquence : plus de chômage et moins de croissance…

Décidément, ces solutions ne seront pas efficaces et peut-être serait-il temps de s’intéresser au vrai problème : comment un système par répartition peut-il fonctionner lorsque les croissances démographique et économique sont faibles ?

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Interdire la Burqa?

Voici un très bon article de The Economist sur l’interdiction de la burqa en France,

http://www.economist.com/opinion/displaystory.cfm?story_id=16108394

L’argument est simple et concret. Il existe trois raisons – de securité, d’égalité sexuelle et de coutume – pour interdire cette tenue et aucune n’est soutenable et efficace dans nos sociétés modernes.

A propos de la sécurité, les femmes portant la burqa pourraient avoir à montrer leur visage en cas de nécessité.

A propos d’égalité sexuelle, les femmes seraient davantage protégées par l’application de lois existantes contre les violences domestiques.

A propos de coutume et de culture, les préférences religieuses de la majorité (ou d’une minorité dominante) ne peuvent aller contre les valeurs de libertés individuelles défendues par les pays occidentaux.

Ainsi limiter le port de la burqa est légalement recevable et socialement concevable alors que l’interdire revient à nier les principes de propriétés et de libertés individuelles qui demeurent le fondement de nos sociétés…

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RÈseau LHC

Encore un site d’économie ?

Les économistes sont restés dans leur tour d’ivoire depuis trop longtemps, au point qu’aujourd’hui ils sont accusés de tous les maux et ne trouvent plus de place pour s’expliquer. Trop abstraite, trop complexe, incapable d’expliquer les phénomènes actuels, voilà la conception qu’a l’individu lambda de l’économie. Ce blog a pour but de réconcilier cette discipline simple, vivante et intuitive avec ceux qui s’interrogent sur les problèmes que posent nos économies globalisées. Ici, pas de mathématiques, pas de grands discours ni de suites incompréhensibles de statistiques. Nous ramenons l’économie dans la réalité qu’elle n’aurait jamais du quitter…