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Les faits de société à travers le prisme de l'économie…

Politique ou marché?

Marielle de Sarnez, députée européenne MoDem expliquait aujourd’hui l’importance d’avoir une politique budgétaire commune accompagnant la politique monétaire pour prévenir les crises futures de la zone UE.

Elle terminait son intervention en rappelant une vérité qu’elle semble détester : « quand il n’y a pas de politique, c’est le marché qui a le pouvoir« . Exactement madame, mais pourquoi en être attristée?

Oh… peut-être parce que le marché n’est pas l’ami des politiques. Le marché, c’est un système de décisions libres, décentralisées reposant sur trois choses simples: la propriété de soi et des choses acquises par l’effort, le contrat dans l’échange (et le travail) et la monnaie. Dans un tel système, il n’y a pas de place pour les politiques car les décisions sont prises par des individus qui récompenses ceux qu’ils apprécient et sanctionnent ceux qui ne leur apportent rien, c’est un plébiscite permanent, un vote constant et sur tout. Bref une démocratie qui contente chacun par le biais d’élections qui portent sur tout. Ici, inutile de voter pour un ensemble de propositions, parmi lesquelles certaines ne nous concernent pas ni ne nous attirent. Ici, pas de promesses jamais tenues. Ici, on est maître et responsable de soi.

A la réflexion Madame de Sarnez a raison, si les politiques libéraient le marché, ils s’apercevraient déçus de leur véritable utilité…

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Quand les politiques réinventent l’économie

Ce matin, Corinne Lepage, invitée d’Hedwige Chevrillon au 12-15 de BFM Radio, annonçait le congrès annuel de Cap 21, orienté autour de 4 axes : citoyen, économique, écologique et social.

Concernant la politique de la décroissance, si chère aux fondateurs de l’écologie politique moderne promue par le Club de Rome en 1957, l’eurodéputé précisait qu’une telle politique ne pouvait conduire qu’à des « ravages ».

Elle proposait alors d’«Inventer un nouveau modèle de développement qui prenne en compte le caractère fini des ressources dans lesquelles nous vivons, c’est indispensable ».

Madame Lepage aurait du se souvenir que c’est là tout l’objet de la science économique définie par Lionel Robbins comme la « science qui étudie le comportement humain dans la relation entre des fins et des moyens rares à usages alternatifs », dans Essay on the Nature and Significance of Economic Science (1932). Plus encore, elle aurait du s’intéresser aux travaux de Julian Simon (The Ultimate Resource, 1981) pour comprendre que le système le plus efficace pour réduire le gaspillage de ressources rares n’est autre que le marché. En effet, sur le marché, et à la condition essentielle que les ressources aient un propriétaire, le système de prix  et la concurrence disciplinent les comportements. Les producteurs étant contraints de réduire leur prix pour vendre leurs biens devront trouver le moyen le plus efficace pour produire. Puisque les ressources, naturelles et humaines sont rares et coûteuses, il est donc obligatoire de les utiliser de façon économe.

Si Cap 21 refuse le marché, quel système peut-il nous proposer qui remplacera la concurrence et permettra en même temps d’économiser les ressources ? Un contrôle public des ressources rares, l’Histoire nous a montré que cela était toujours voué à l’échec (pollution en URSS, sauvegarde des espèces menacées en Afrique, braconnage aux Etats-Unis, ces trois phénomènes ont disparu avec l’apparition de la propriété et la mise sur le marché des ressources en danger). En matière de sauvegarde des ressources naturelles comme humaines, il n’y a pas de troisième voie et malheureusement il n’en existe qu’une seule réellement efficace : le marché.

Cela peut paraître dur à entendre, mais la protection de l’environnement comme de n’importe quel type de biens ne peut passer que par la propriété et l’échange libre, les deux institutions qui fondent le système marchand.

A propos des études empiriques sur la supériorité du marché pour protéger les espèces en voie de disparition et les ressources naturelles, voir les travaux de Garett Hardin, Hernando de Soto, Bruce Yandle.

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Réguler les Agences par la concurrence !

Ce matin, François David, président de Coface, donnait son point de vue sur la régulation des agences de notation sur BFM.

Un point de vue fort instructif de la part d’un homme qui connaît bien le métier. Réguler les agences de notation disait-il en substance, ne doit pas passer par leur mise sous tutelle de l’Etat, ni par la création d’un contrôleur d’agences…

Comme souvent, les solutions les plus simples sont les meilleures. Pour inciter les agences à faire leur travail, il faut les forcer à se montrer transparentes, rigoureuses et indépendantes vis-à-vis des entreprises et Etats contrôlés. Comment faire selon lui ?

Par deux moyens qui se renforcent l’un l’autre : une diffusion de leurs analyses et de leurs conclusions d’une part et une mise en concurrence des agences de notation.

Pour réguler les agences, il faut une menace d’être évincé du marché à la moindre erreur de jugement et quel système favorise la sélection des meilleurs : la concurrence !

Voilà la conclusion de Mr David : concurrence et responsabilité des agences face à leurs notations.

Parfois, il est nécessaire d’écouter les spécialistes pour retrouver des solutions simples…

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Retraite : quand l’idéal socialiste mène au marché…

Pierre Moscovici expliquait ce matin sur BFM qu’il ne fallait pas toucher à la retraite à 60 ans et qu’il ne fallait absolument pas abandonner le système par répartition.

Alors comment combler le trou creuser par des retraites de plus en plus nombreuses ?

Sa solution est louable : conserver le droit de partir à 60 ans et inciter les individus à travailler plus longtemps par un système de « sur-côte ».

L’idée est séduisante mais elle ne répond pas à la question du financement. En réalité, cela revient à laisser les individus agir comme ils l’ont toujours fait à la différence qu’ils gagneront encore plus en travaillant plus longtemps, donc le trou risque de s’agrandir ou plutôt de s’approfondir…

Pourtant, la volonté de Mr Moscovici de laisser les individus choisir combien de temps ils doivent travailler est incontestablement bonne. Alors comment appliquer cette idée, si proche des valeurs de liberté et de responsabilité chères aux idéaux français, à un système financièrement soutenable ? Comment laisser les individus choisir et supporter le poids de leurs décisions ?

Et bien, il n’y a qu’une seule solution que Mr Moscovici connaît mais ne peut accepter pour des raisons idéologiques : la retraite par capitalisation…

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L’or pulvérise les 1000€ l’once (I. Mouilleseaux)

Rien de tel qu’une preuve empirique de ce que nous avancions à propos de l’or :

L’or pulvérise les 1 000 euros l’once (retrouvez l’Edito des Matières Premières & Devises ici)
Isabelle Mouilleseaux

Cher investisseur,

Pas de point hebdomadaire étoffé sur les marchés matières cette semaine. Je vous propose donc une version light.

Retenez que l’euro continue de plonger contre le dollar. Passant la semaine dernière de 1,2791 $ à 1,2383 $ en fin de semaine. 1,2284 $ ce matin ! Rien ni personne ne semble pouvoir l’arrêter dans sa chute.

Pas étonnant de voir l’once d’or en euro flamber. Il a allègrement franchi la barre symbolique des 1 000 euros l’once ! Les flux de capitaux qui vont s’investir dans l’or sont inextinguibles. Valeur refuge contre l’inflation, le chaos, la dépréciation monétaire, le désordre économique… il a tout pour plaire par les temps qui courent.

+50% de hausse depuis septembre, +25% depuis le début de l’année… les investisseurs lui font confiance.

Cours de l'once d'or en euros depuis le 1er janvier 2010. (Source : Graphique 24HGold.com)

Cours de l’once d’or en euros depuis le 1er janvier 2010.
(Source : Graphique 24HGold.com)

L’argent comme les platinoïdes ont suivi le mouvement haussier de l’or cette semaine (voir cours ci-dessous).

Du côté du pétrole, c’est toujours le repli. 70 $ le WTI ce matin… loin des 90 $ que nous frôlions il y a quelques semaines encore. Après un possible rebond à court terme, le baril devrait reprendre sa chute nous dit Sébastien Duhamel, analyste de l’investisseur Or & Matières.

Les perspectives de reprise économique dans nos pays occidentaux sont mises à mal, alors même que la lutte contre la surchauffe économique chinoise s’intensifie, ce qui risque de ralentir le seul moteur qui tire actuellement la croissance de la planète. Pire, la Chine tire quasiment à elle seule la demande en matières premières, pétrole et en métaux de base en tête. Tout ralentissement serait pour cette classe d’actifs préjudiciable.

Après leur récent décrochage, les métaux de base se sont stabilisés la semaine dernière. Mais ce matin, le rouge vif s’impose face au fort repli de l’euro/dollar.

Cours à
3 mois
Vendredi
7 mai
2010
Vendredi
14 mai
2010
Variation/ semaine
Aluminium* 2 091 2 107 0,77%
Cuivre* 6 919 6 986 0,97%
Plomb* 2 008 1 980 -1,39%
Nickel* 22 220 22 175 -0,20%
Etain 17 650 17 575 -0,42%
Zinc* 2 080 2 087 0,34%
Acier (Méditerranéen) 495 475 -4,04%
Or (spot) 1 208,00 1 231,40 1,94%
Argent (spot) 18,4 19,34 5,11%
Platine (spot) 1 660,00 1 717,00 3,43%

* cours en $ sur le LME à trois mois

Côté softsblé, maïs et soja s’affichent en repli sur la semaine. Plombés par la hausse du dollar, mais aussi par des emblavements (mise en terre des semis) qui se déroulent rapidement et dans de bonnes conditions aux Etats-Unis. Ce qui laisse présager de bonnes récoltes à venir.

Blé, maïs et soja cotaient respectivement 4,68 $, 3,59 $ et 9,43 $ le boisseau à Chicago vendredi soir, livraison trois mois.

Un petit mot sur le sucre qui a atteint avec une rapidité inouïe mon objectif de 13 cents la livre de sucre, que je m’étais fixé mi-février alors qu’il cotait autour de 27 cents. Si vous avez shorté le sucre, débouclez votre position.

L’Organisation internationale du sucre (ISO) anticipe un excédent de sucre pour la saison 2010/2011 de 2,5 millions de tonnes. Pour la saison en cours, le déficit devrait se chiffrer à 8,5 millions de tonnes, contre 9,4 prévus en début d’année.


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Commission d’enquête contre les spéculateurs?

Voici une info de la Tribune :

Le porte parole du PS Benoît Hamon a annoncé lundi matin que le groupe parlementaire socialiste demanderait ce mardi l’ouverture d’une commission d’enquête pour savoir qui sont les spéculateurs et quelles sont leurs méthodes.

C’est Benoît Hamon qui en a fait l’annonce lors de son point presse hebdomadaire : les députés socialistes vont demander ce mardi la création d’une commission d’enquête sur la spéculation qui affecte la zone euro .

Le porte-parole du PS a précisé la vocation de cette commission parlementaire : « Savoir qui spécule contre les intérêts des peuples » et identifier les « méthodes » qu’utilisent les spéculateurs.

La Tribune, 17 Mai 2010

Que signifierait vraiment l’existence d’une telle commission?

Deux choses. Tout d’abord, condamner ces méchants spéculateurs. Mais de quoi sont-ils coupables? Ils sont les individus et investisseurs qui acceptent de confier leurs fonds à des Etats surendettés, et en contrepartie ils demandent un intérêt puisque leur argent va être immobilisé pendant un certain temps et ce placement comporte un risque… Les condamner revient donc à limiter encore les fonds des Etats!

Par ailleurs, « enquêter » sur ces spéculateurs parce qu’on les juge dangereux revient à « enquêter » sur les consommateurs d’un bien particulier dont on n’apprécie pas le prix… Pourtant, le prix sur un marché n’est ni bon ni mauvais, il est le reflet des préférences de milliers de consommateurs face aux capacités des producteurs.

Monsieur Hamon, en vous en prenant aux offreurs de crédits, vous vous en prenez tout bonnement aux citoyens que vous voulez protéger…

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Petit rappel d’économie

Hier soir, Cécile Duflot été invitée sur le plateau d’ On n’est pas couché. Loin de nous l’envie de vous décrire le débat sans saveur opposant la secrétaire du parti écologiste et les chroniqueurs Zemmour et Naulleau.

Non, sans façon ! Seulement, Madame Duflot s’est risquée (comme beaucoup) à critiquer le marché pour une raison suffisamment étrange et rarement citée pour mériter qu’on s’y attarde. Le marché, disait-elle en substance, entraine des gaspillages et doit de fait être réglementé.

Revenons sur cette hypothèse élevée au rang d’axiome, de dogme même ; le marché crée le gaspillage ?

Madame Duflot, comment fonctionne le marché ? Sur un marché, la concurrence force les entreprises à toujours baisser leurs prix pour conserver leurs parts de marché. De ce fait, elles sont contraintes de maîtriser leurs dépenses, recherchant toujours la façon la moins coûteuse pour produire les plus grandes quantités. D’ailleurs, c’est justement cette « immoralité » du marché que condamnent les vôtres : sur le marché, seules les entreprises les plus performantes survivent, les autres disparaissent. Ce darwinisme économique poussent les entreprises à n’utiliser que le minimum de ressources rares (capital, travail, matières premières et autres ressources naturelles). C’est la raison pour laquelle, en temps de crise, les embauches se font rares !

Que nous apprend cette histoire ? Tout simplement que les détracteurs du marché manquent de cohérence. On peut accuser les entrepreneurs de n’être motivés que par le profit, on pourrait accuser le marché de gaspillage (bien que cela soit totalement faux), mais comment peut-on l’accuser de ces deux maux contradictoires en même temps ?

Madame Duflot devrait se souvenir que l’économie est une science et en tant que telle, elle ne peut vérifier deux conclusions contradictoires. Sans doute a-t-elle oublié cette citation fameuse «Il faut gommer la fureur de l’idéologie par la rigueur de la logique».

A bon entendeur,

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Les spéculateurs sont-ils mauvais?

Dans une société où l’Etat est acteur économique majeur, il est nécessaire de posséder des fonds publics importants. Or depuis la chute des économie planifiée de l’ex URSS, il n’existe plus que deux moyens pour récupérer ces fonds : la fiscalité d’une part, la levée de fonds sur les marchés financiers d’autre part.

Lorsque la fiscalité a atteint un maximum, il faut alors se tourner vers les investisseurs financiers, les fameux « méchants » spéculateurs.

Que font-ils concrètement ? Ils acceptent de prêter leurs fonds pour une durée donnée en échange d’un intérêt qu’ils récupèrent régulièrement ou au terme du prêt. Il se crée donc simplement un marché de l’offre et la demande de fonds, et comme sur tous les marchés, le prix (ici l’intérêt) va fluctuer selon les quantités demandées et offertes et les risques de l’échange (ici le risque de ne pas être remboursé s’il y a faillite de l’Etat).

Lorsque les Etats ont besoin de fonds et que leurs finances sont mauvaises, les taux d’intérêt vont grimper puisque les investisseurs vont craindre un défaut de remboursement.

La première conclusion est donc que, loin d’être mauvais, les investisseurs sont l’expression marchande de la sanction d’une mauvaise gestion des finances publiques.

Oui mais, on voit aujourd’hui en Europe, qu’ils favorisent la faillite des Etats simplement pour faire des bénéfices ! Ils sont donc mauvais n’est-ce pas ?

Pas vraiment. En réalité, ils expriment leurs craintes face à des Etats qui ont du mal à coopérer. Ici, ils sanctionnent les défaillances institutionnelles du l’UE.

C’est ce que mettait en exergue un brillant article du journal The Economist cette semaine intitulé « The euro’s existential worries ».

Quelles sont ses défaillances institutionnelles ?

Elles sont le reflet de pays désireux de coopérer, de s’unir dans l’UE mais dont les fonctionnements sont très différents. D’un côté, des pays rigoureux dont le contrat social est fondé sur une stabilité économique (l’Allemagne d’après guerre longtemps blessée par une hyperinflation qui réduisait le pouvoir d’achat des citoyens), de l’autre des pays qui ont acheté la paix sociale avec d’importantes dépenses, des retraites généreuses et des réformes de fond toujours repoussées (la Grèce notamment). Ainsi, lorsqu’il s’est avéré que le système grec ne fonctionnait pas, il a fallu du temps aux Allemands pour accepter de se sacrifier pour un pays jugé « laxiste ».

Cette attente a été ressentie sur les marchés financiers comme un manque de coordination des Etats Membres, un sentiment qu’il y aura toujours des tensions entre ces pays unifiés mais trop différents pour connaître une croissance durable et homogène au sein de la zone. C’est cela qu’ont sanctionné les investisseurs.

Peut-on les condamner d’avoir peur ? Difficilement, étant donné que les premiers économistes ayant travaillé sur la création de l’union monétaire européenne avaient déjà fait les mêmes remarques…

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RÈseau LHC

Encore un site d’économie ?

Les économistes sont restés dans leur tour d’ivoire depuis trop longtemps, au point qu’aujourd’hui ils sont accusés de tous les maux et ne trouvent plus de place pour s’expliquer. Trop abstraite, trop complexe, incapable d’expliquer les phénomènes actuels, voilà la conception qu’a l’individu lambda de l’économie. Ce blog a pour but de réconcilier cette discipline simple, vivante et intuitive avec ceux qui s’interrogent sur les problèmes que posent nos économies globalisées. Ici, pas de mathématiques, pas de grands discours ni de suites incompréhensibles de statistiques. Nous ramenons l’économie dans la réalité qu’elle n’aurait jamais du quitter…