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Les faits de société à travers le prisme de l'économie…

Une coopération douce amère…

Le couple Sarkozy-Merkel s’est enfin entendu sur la gouvernance de l’Union Européenne. Mieux, ils vont réclamer ensemble, au G20, des mesures d’encadrement des marchés, notamment une taxe sur les transactions financières et sur les banques.

Enfin nos dirigeants affichent une union parfaite. D’accord au niveau international pour taxer les transactions financières. D’accord au niveau européen pour sanctionner les pays laxistes, notamment en leur retirant leur droit de vote. Ces décisions communes ne sont pas surprenantes. Les dirigeants français et allemand ont en commun la même crainte des marchés financiers et la même expérience de la gestion de la crise grecque. Rien de vraiment inattendu dans leur déclaration, ce serait plutôt un soulagement de les voir enfin réunis autour des mêmes propositions.

Pourtant, il y a un sujet de discorde plus profond qui a été dépassé et celui-ci représente, si ce n’est une surprise, du moins une information nouvelle quant au futur de l’UE. Depuis plusieurs semaines, Nicolas Sarkozy réclame une structure formelle de gouvernement économique et Christine Lagarde annonçait hier encore dans le Süddeutsche Zeitung qu’il fallait « réfléchir sérieusement à la nécessité d’un gouvernement économique qui aurait une réelle fonction de pilotage et ne soit pas seulement un contrôleur des banques et des marchés, mais un exécutif efficace et coordinateur». A ce sujet, le gouvernement français fait aujourd’hui volte face et s’aligne avec l’Allemagne qui ne souhaite ajouter aucune structure de peur de voir la BCE perdre son indépendance. On pourrait penser que cette volonté affichée d’agir ensemble, de faire des concessions est une bonne chose pour l’UE mais ce qu’on voit surtout c’est le message envoyé par l’Allemagne. Madame Merkel a imposé, une fois de plus, son point de vue et les autres gouvernants européens n’ont plus le choix : il faut suivre et se taire.

Que l’on suive l’Allemagne plutôt que la Grèce ou l’Espagne est une sage décision, mais le danger demeure lorsqu’il n’existe plus de contre-pouvoir de se laisser entrainer sur des chemins qu’on ne voulait pas prendre, surtout lorsque l’Allemagne lance la chasse aux spéculateurs et à la finance en général ; chasse qui sonnera l’hallali de l’économie européenne…

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Austérité Allemande : le bras d’honneur de la fourmi !

L’Allemagne se lance dans une politique d’austérité et l’annonce très clairement au monde « à l’heure où on se demande encore en France s’il faut appeler ça austérité ou rigueur » comme le disait Mar Fiorentino ce matin au micro de BFM.

Depuis le début de la crise, nos cousins germains sont poussés par l’ensemble des pays de la zone euro et même les autres plus éloignés, à prendre les rênes de la croissance et voilà qu’ils font volte face, galopant sur le sentier de la rigueur là où nous marchons timidement.

Un bras d’honneur aux cigales

A vrai dire, on aurait pu s’en douter. Les tensions ravivées entre Berlin et Paris après le plan de sauvetage grec, la visite de Tim Geithner parachuté en urgence sur le front allemand par Obama et hier soir, l’annulation du dîner entre les dirigeants allemand et français par la nouvelle dame de fer, Frau Merkel… Le message est clair pour quoi veut l’entendre et comprendre, Mme Merkel doit composer avec une opposition politique forte à présent et se doit d’être irréprochable pour les siens avant tout. C’est la contrainte interne. Par ailleurs, sentant que les pays membres se reposent de plus en plus sur son pays, elle sait que le moindre défaut allemand aura des conséquences graves sur l’ensemble de la zone. C’est la contrainte européenne. En fait, elle ne fait que réagir au piège dans lequel se trouve l’Allemagne actuellement (voir Nouvelle Loi de Gresham). Enfin, il n’est pas impossible qu’elle prenne un certain plaisir à remettre les cigales à leur place. C’est la contrainte de l’ego.

Quelle mouche l’a piquée ?

Accusée de concurrence déloyale par Mme Lagarde il y a quelques semaines, l’Allemagne fait à présent la sourde oreille aux demandes irréalistes des autres cigales : soutenir la croissance au péril de la dette, faire la promotion des comportements catastrophiques des pays en péril aujourd’hui, voilà ce qu’on lui demande ! Et à cela, l’Allemagne répond par un comportement sage, exprimant implicitement une chose que personne ne veut entendre : elle fait ce que désirent les individus sur les marchés.

Et les marchés le lui rendent bien : depuis le début de l’année, la bourse allemande a perdu 1% alors que la France perdait 13% dans le même temps. Par ailleurs, les écarts de taux  des obligations d’Etat se creusent lentement mais sûrement. Alors quelle mouche l’a piquée ? La conscience des volontés vu marché et à ce petit jeu, l’Allemagne risque de décevoir les gouvernements pour ne pas être le dindon de la farce européenne !

En complément: le billet de JP Chevallier , le billet de Philippe Herlin

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Vers une Union Européenne Allemande

L’interdiction de la vente à nu annoncée par Angela Merkel est clairement une mauvaise nouvelle pour les investisseurs. Cependant, cette décision unilatérale, non coordonnée fait office de « gadget » lorsqu’elle est prise par un seul pays.

Alors pourquoi s’être engagée rapidement dans une telle voie, au risque de se mettre à dos les autres Etats Membres ?

Il faut bien comprendre que Mme Merkel doit maintenant faire avec un parti d’opposition important dans son pays (SPD) et de ce fait, elle va devoir faire des concessions pour éviter un blocage de toutes initiatives futures au Bundesrat. Ce qui peut apparaître comme une mauvaise décision à l’échelle européenne doit donc d’abord être étudié au niveau de la politique nationale allemande.

Voilà un nouveau sujet de friction pour l’UE, désormais pour comprendre l’orientation de l’UE, il faudra comprendre la politique interne du pays qui soutient la zone…

Sur les effets de la vente à nu : Le blog à Lupus, les Echos

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RÈseau LHC

Encore un site d’économie ?

Les économistes sont restés dans leur tour d’ivoire depuis trop longtemps, au point qu’aujourd’hui ils sont accusés de tous les maux et ne trouvent plus de place pour s’expliquer. Trop abstraite, trop complexe, incapable d’expliquer les phénomènes actuels, voilà la conception qu’a l’individu lambda de l’économie. Ce blog a pour but de réconcilier cette discipline simple, vivante et intuitive avec ceux qui s’interrogent sur les problèmes que posent nos économies globalisées. Ici, pas de mathématiques, pas de grands discours ni de suites incompréhensibles de statistiques. Nous ramenons l’économie dans la réalité qu’elle n’aurait jamais du quitter…