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Les faits de société à travers le prisme de l'économie…

Réforme portuaire et groupe de pression

Les terminaux pétroliers de Fos sont bloqués depuis plus d’une semaine par 220 salariés qui manifestent leur mécontentement face à la réforme portuaire.

Une réforme qui vise à ouvrir les terminaux aux privés afin d’accroître l’efficacité d’une industrie fortement concurrencée par ses voisins européens, mais qui garantit la conservation des postes des salariés, en dépit des baisses de chiffre d’affaire du port qui les emploie.

On voit bien ici le pouvoir des groupes de pression, ces organisations représentant un petit nombres d’individus facilement identifiables qui ont le pouvoir de faire peser sur l’ensemble de la société les coûts de leurs décisions: ici, ils menacent tout simplement de couper durablement les arrivées de pétrole s’ils n’obtiennent pas la garantie du statu quo…

Bien sûr, les politiques auront du mal à affronter cette menace si les acteurs de la société civile (vous et moi) ne relèvent pas l’absurdité du combat de ces dockers. Allons! Dans quelle entreprise a-t-on la garantie de conserver son poste même si tout va mal? Ces dockers ont cette garantie mais estiment que ce n’est pas suffisant…

Cependant, comme tout malheur profite toujours à quelqu’un, il ne faut pas être trop pessimiste. En bloquant le port de Fos, les dockers permettent simplement à leurs concurrents d’améliorer leurs marges en augmentant leurs parts de marchés… Dommage que ces concurrents se trouvent à Barcelone et à Gênes…

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Bulls et Bears sont-ils devenus fous ?

Les variations boursières de ces derniers jours montrent une volatilité incompréhensible des marchés : deux jours de hausse puis une baisse, trois jours de hausse puis deux de baisse sans que les fondamentaux n’aient changé durant ces périodes ; plus étrange encore les banques sont attaquées avant de tirer les marchés à la hausse. Alors quoi ? Les spéculateurs sont fous ? Une guerre sans merci a-t-elle lieu dans l’ombre entre les optimistes bulls et les pessimistes bears ?

Bulls et Bears sont pessimistes

En réalité, il n’y a pas de lutte entre les spéculateurs béats et les sceptiques, tous sont pessimistes quant à l’avenir des marchés, et leurs craintes les poussent à mener des stratégies opposées en apparence seulement. Tandis que les uns attendent la lente reprise et ne répondent plus aux publications des indicateurs des derniers mois, les autres adoptent une attitude de pillards, prenant leurs bénéfices dès que le marché grimpe et se faisant, le poussant à retomber. Tout se passe comme si les premiers attendaient pour agir, tant ils sont peu confiants dans les indices présents, alors que les seconds avaient opté pour une spéculation de court terme puisque le long terme ne réserve rien de bon. Finalement, seuls leurs plans diffèrent, leur compréhension et leurs attentes demeurent identiques. Mais alors, ce pessimisme de rigueur (sic !) est-il normal ?

Pas de changement institutionnel

Depuis l’épisode grec, les effets d’annonce et les mesures de sauvetage se sont multipliés mais quid d’une UE unie et concertée sur les réformes de fond à mener dans le futur ? Si la crise grecque a prouvé une chose, c’est bien que les Etats Membres n’ont pas le même vision du rôle de l’Union et qu’il est donc impossible de s’entendre sur les directions à suivre pour l’Europe. Pourtant, il faudra agir parce que le cadre institutionnel européen demeure incomplet : plus de dirigisme ou plus de laissez-faire ? Relance ou rigueur ? Quelle relance ? Ces questions reflètent l’incapacité de deux cultures politiques et sociales à cohabiter sereinement.

Pire encore, l’économie européenne n’est pas au bout des réformes qu’elle avait pourtant promis de mettre en place comme le rappelle l’économiste Mario Monti dans The Economist : – la productivité dans les services est 30% inférieure à celle des USA car trop « protégées » par les barrières nationales qui réduisent l’incitation à l’effort ; – l’absence de compétition dans les secteurs coûteux aux Etats tel que la Sécurité sociale, rend le problème des déficits plus que préoccupant ; – l’absence d’un marché « digital » qui pourrait offrir une richesse évaluée à 4% du PIB européen ; – la protection  sociale des pays méditerranéens qui empêche l’emploi des jeunes entrants sur le marché du travail car faute d’avoir fait leur preuves, ils ne sont pas jugés rentables par les entreprises étant donné le coût du travail ; enfin – le fardeau fiscal de certain pays (France et Allemagne notamment) sur les entreprises et notamment les start-up qui réduit l’incitation à entreprendre et produire.

Voilà les véritables maux de nos économies européennes, et tant qu’ils ne seront pas considérés et pris à bras le corps par nos dirigeants, Bulls & Bears miseront sur le court terme au péril de nos économies….

Une lumière au bout du tunnel

Y a-t-il un espoir ? A en croire le sondage de Pew Research Center, les citoyens européens sont prêts pour les réformes : 73% des Allemands et 67% des Français interrogés estiment qu’ils vivraient mieux dans une économie de libre marché (contre respectivement 65% et 56% en 2007), soit autant si ce n’est plus que nos homologues Américains (68%). Cela veut dire que pour une fois, un homme politique qui voudrait se faire élire pourrait proposer un programme efficace à long terme !

Ne reste plus qu’à espérer que les politiques auront le courage de changer de discours et le savoir-faire pour mettre en place des réformes qui limiteraient leur sentiment de pouvoir mais améliorerait durablement la situation des citoyens…

A lire en compélement : le commentaire du Wolf (Blog à lupus)

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La France aboie, l’Allemagne passe…

Les réactions des marchés sont sans appel, leur constat est clair : la France n’est pas l’Allemagne !

Hier les fameux Credit Default Swap des deux pays qui mesurent la confiance des marchés dans la capacité des Etats à rembourser leurs emprunts s’écartaient dangereusement (54 points de base) et ce matin les taux d’emprunts à 10 ans s’éloignaient l’un de l’autre (plus de 3% pour la France contre 2,54% pour l’Allemagne). La conclusion est simple : entre l’Allemagne et la France, les investisseurs ont fait leur choix. Et comment pourrait-il en être autrement ? Nous expliquions hier ce qui incite l’Allemagne a faire cavalier seul dans la course à l’assainissement des finances publiques. Voici quelques points fondamentaux supplémentaires : l’Allemagne mène depuis quelques années déjà des réformes de fond sur le régime fiscal et mieux, les Allemands ont accepté d’avancer ensemble, de faire des réformes.

Qu’en est-il de la France ? Et bien, elle regarde les trois piliers de la stagnation et attend, hésite, tergiverse. Pourtant, il faudra bien agir pour rattraper l’Allemagne sans quoi la notion même d’Union Européenne se videra de son sens. La France se targue d’être le deuxième pays d’Europe (rappelons que l’Allemagne et la France représente environ la moitié de la richesse européenne…), fort bien ! Elle doit alors réformer en profondeur les piliers suivants : retraites, flexibilité du travail et dépenses publiques.

Mais pour réformer, il  faudra apporter le consensus dans le pays et comprendre une chose fondamentale : en achetant la paix social à court terme, on fera fuir les investisseurs nationaux et étrangers, les travailleurs aussi, bref les garants de la croissance qui nous fait tant défaut aujourd’hui…

A lire en complément essentiel :Inquiétante dégradation des CDS sur la dette publique de la France

A voir : Rapport sur la dépense publique

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RÈseau LHC

Encore un site d’économie ?

Les économistes sont restés dans leur tour d’ivoire depuis trop longtemps, au point qu’aujourd’hui ils sont accusés de tous les maux et ne trouvent plus de place pour s’expliquer. Trop abstraite, trop complexe, incapable d’expliquer les phénomènes actuels, voilà la conception qu’a l’individu lambda de l’économie. Ce blog a pour but de réconcilier cette discipline simple, vivante et intuitive avec ceux qui s’interrogent sur les problèmes que posent nos économies globalisées. Ici, pas de mathématiques, pas de grands discours ni de suites incompréhensibles de statistiques. Nous ramenons l’économie dans la réalité qu’elle n’aurait jamais du quitter…