Iconomie

Icône

Les faits de société à travers le prisme de l'économie…

Risque d’impayés : la France plus mal notée que la Chine ou que Danone

Avec la crise de la dette des États périphériques de la zone euro, certaines grandes entreprises se financent aujourd’hui à moindre coût que dans leur pays d’origine. Le classement des CDS, les Credit Default Swaps, réservent des surprises de taille.

Le risque n’est plus où il était. « Historiquement, explique Anne Velot chezAxa Investment Managers, les prêteurs considéraient que la signature des États était plus sûre que celle des entreprises. Or ce n’est plus toujours le cas. » Sur les marchés des Credit Default Swaps (CDS), ces assurances contre le risque de défaut des émetteurs, « certaines entreprises espagnoles ou portugaises ont des coûts d’assurance inférieurs à ceux de leur pays d’origine », relève Thibault Cuillière, stratège crédit chez Natixis. S’il précise que les faibles volumes traités sur ce marché comme l’intense spéculation qui y règne pourraient être à l’origine d’anomalies, il faut reconnaître que le niveau des taux dit la même chose. Que le gazier Bord Gais Eireann se finance à moindre coût que l’État irlandais, comme l’hellène OTE par rapport à l’État grec, le pétrolier ENI par rapport à l’État italien ou encore Portugal Telecom par rapport à l’État portugais, est en soi une nouvelle donne. Même si ce n’est pas vrai partout – et en particulier en France -, « cette nouvelle hiérarchie des risques qui émerge est l’événement le plus important de la décennie », juge Maurice de Boisséson chez Octo Finances.

Trois raisons

Ce bouleversement a trois origines. D’abord, un effet de ciseau : pendant que les États ont dépensé sans compter pour sauver leur économie, au point qu’un risque de défaut chez certains n’est plus une hypothèse farfelue, les entreprises, échaudées par l’assèchement du crédit bancaire fin 2008, ont assaini leur bilan et allongé la maturité de leur dette. Certaines sont même devenues d’excellentes signatures.

Ensuite, la mobilité du capital face à l’immuabilité territoriale des États. Quand les entreprises se développent sur des régions en croissance, quitte à délaisser leur pays d’origine, les États ne peuvent se délocaliser, et sont contraints d’en subir les performances. La recette fiscale, elle, reste territoriale.

Enfin, si les États conservent le monopole de l’impôt, l’intense concurrence fiscale limite aujourd’hui leur liberté d’action. Trois facteurs lourds qui ont fini par rogner le privilège et partant le statut de l’État qui, selon Maurice de Boisséson, « se voit progressivement relégué au rang d’un emprunteur comme les autres. »

Les CDS des groupes financiers européens malmenés

L’idée qu’un groupe d’intérim puisse être plus solvable qu’un assureur aurait pû prêter à sourire avant la chute de Lehman Brothers le 15 septembre dernier. Mais il s’agit bel et bien aujourd’hui d’une réalité. Du moins aux yeux des investisseurs. Le CDS d’Adecco de maturité à cinq ans, qui cote 123 points, vaut même légèrement moins que celui d’Axa. En clair, le coût de couverture contre un risque de défaut du premier est moindre que pour le second.

D’une manière générale, le piètre état de santé des finances publiques européennes affecte en premier lieu la qualité de signature des établissements bancaires. Principalement d’origine d’Europe du Sud. Ainsi, Banco Espirito Santo (699 points) et Banco Comercial Portuges (695 points) affichent les primes de risque les plus élevées de l’indice Markit iTraxx des CDS des sociétés européennes notées «investment grade». Sachant que la valeur moyenne de l’indice avoisine 105 points. À l’opposé, les meilleurs profils de risque se situent plutôt du côté des secteurs de l’agroalimentaire et des biens de consommations. À l’image de Cadbury (32,7 points) ou encore Altadis (41,7 points).

La France plus risquée que la Malaisie et la République tchèque

Selon la hiérarchie du prix des « Credit Default Swap » à 5 ans (CDS), le risque que court un investisseur en plaçant des liquidités sur la dette française est désormais plus élevé qu’un placement sur la dette tchèque ou malaisienne. À 83 points de base, l’assurance contre un défaut sur 10 millions d’euros de dette française coûte désormais 83.000 euros par an, contre 81.000 pour le même montant de dette de la République tchèque et 75.000 euros pour des obligations d’État malaisiennes.

« Cela a un sens d’observer le niveau des CDS au sein de la zone euro, mais il vaut mieux regarder le niveau des taux d’intérêts pour appréhender le niveau du risque souverain entre les États », souligne Nicolas Forest, responsable de la stratégie taux chez Dexia. De fait, les marchés obligataires contredisent les CDS, puisque le taux des obligations à 5 ans malaisiennes et tchèques s’établissent rspectivement à 3,26 % et 2,60 %, contre seulement 1,90% pour la France. À l’inverse, l’écart de prix entre les CDS irlandais et français s’établit à 400 points de base, contre un écart de taux entre leurs titres à 5 ans de 405 points de base.

 

Source : La Tribune

 

 

Classé dans:Infos éco, , , ,

Délits d’initiés à Wall Street

FBI launches insider trading probe into major US hedge funds

According to the Wall Street Journal, investigators are looking into multiple insider-trading rings that reaped millions

The FBI has begun what is expected to be a far-reaching probe into insider trading with raids on hedge funds linked to some of Wall Street’s most high-profile and wealthiest players.

The sweep – which began with armed agents raiding the Connecticut offices of Level Global Investors and Diamondback Capital Management, both multibillion dollar hedge funds set up by former managers at Steve Cohen’s SAC Capital Advisors – is already affecting stocks: a collective $15bn was wiped off the valuations of Goldman Sachs, Morgan Stanley, Citigroup, Bank of America and JP Morgan Chase.

According to reports published in the Wall Street Journal, investigators from several law enforcement and regulatory agencies are looking into multiple insider-trading rings that reaped millions in illegal profits. An FBI spokesman confirmed last night that the agency was executing « court-ordered search warrants », but declined to elaborate.

One focus is whether proprietary information is being passed from companies to hedge funds by network of independent analysts and consultants.

The investigation is being directed by Manhattan US Attorney Preet Bharara. He said last month it was his belief that « illegal insider trading is rampant » on Wall Street and « the people who are cheating the system include bad actors not only at Wall Street firms, but also at Main Street companies. » Bharara continued: « Unlawful insider trading … is an affront not only to the fairness of the market but also to the rule of law. »

Industry figures already directly affected by yesterday’s raids include SAC veteran David Ganek, a prominent New York art collector and manager of Level Global. A spokesman for the firm confirmed the raids had taken place. « We are cooperating fully with the authorities and, at the same time, we are fully operational and continue to work diligently for the benefit of our investors. »

Agents also executed a search warrant at Loch Capital Management in Boston. Loch’s director’s, Tim and Todd brothers, are acquaintances of Steven Fortuna, a hedge-fund manager who pleaded guilty in an insider trading probe centred on the Galleon Group and is now a co-operating witness.

According to reports, the investigation also includes the major industry players SAC, Citadel Asset Management, and mutual-fund firms Janus Capital Group, Wellington Management Co. and MFS Investment Management, Deutsche Bank, UBS, and Prudential Securities.

The biggest stock holding of Diamondback, one of the firms raided and run by Rich Schimel, Lawrence Sapanski and Chad Loweth, is a 5.8% stake in Virgin Media, the UK pay-television company.Jacob Frenkel, a former federal prosecutor and lawyer with the SEC, noted to the Journal that it is a measure of the government’s seriousness that it has « opted not to issue grand jury subpoenas but instead use the search warrant process. »

The raids are not entirely a surprise. Over the weekend, the Journal reported a significant bust was expected. A California research analyst John Kinnucan had warned several of the firms that he’d been approached by « two fresh faced eager beavers from the FBI » who invited him to wear a wire-tap and to help the investigation into insider trading. Investigators told Kinnucan they wanted to tape his calls with is hedge-fund giant SAC. Kinnucan wrote he « declined the young gentleman’s gracious offer to wear a wire and therefore ensnare you in their devious web. »

 

Source : The Guardian

 

 

Classé dans:Infos éco, , , , ,

Money Week : le nouveau scandale financier

« Vous avez entendu parler du dernier scandale qui vient de tomber ? », m’a demandé Simone Wapler vendredi dernier en déboulant dans mon bureau. « C’est le ‘Foreclosure Gate’… et c’est tout simplement incroyable ! ».

Renseignements pris, effectivement, ce nouveau scandale a tout d’une bombe capable de souffler les marchés.

Ce qui est en train de se passer aujourd’hui aux Etats-Unis est un choc si puissant que le fragile équilibre économique si chèrement construit par la Fed au cours de ces derniers mois pourrait ne pas y résister. Bernanke promettait de nouvelles mesures en cas d’aggravation de la situation : nous y sommes.

Plongeons dans les méandres de l’administration américaine et dans les fosses sceptiques des grandes banques.

Qu’est-ce que le Foreclosure Gate ?
Pour résumer très rapidement ce Foreclosure Gate – scandale des saisies – de très nombreuses procédures de saisies immobilières aux Etats-Unis viennent de s’avérer complètement illégales. Cela peut sembler peu de chose au départ. Un épiphénomène qui ne concerne pas le reste de l’économie américaine, et encore moins le reste du monde. Mais vous vous rappelez la dernière fois qu’on a entendu parler d’un petit problème prétendument « local » sur le marché immobilier américain ? Oui, les fameux subprime

Le Foreclosure Gate = 700 milliards de dollars de pertes supplémentaires possibles + 750 milliards de dollars de dommages et intérêts + 60 milliards de dollars d’arriérés de taxe
Que se passe-t-il cette fois ? Eh bien une sombre histoire d’hypothèques, de titrisation et de saisies indues. Pour saisir un bien, et entamer la fameuse foreclosure, il faut une créance et une hypothèque.

Les crédits subprime avaient été accordés à tort et à travers. Entre 2004 et 2007, la folie s’est emparée du marché immobilier américain. Vous avez de ressources plus que limitées ? Vous êtes obligé d’accumuler trois petits boulots pour boucler vos fins de mois ? Qu’importe, on vous fait miroiter une jolie maison préfabriquée qui deviendra votre home sweet home. En deux temps trois mouvements, vous voilà propriétaire du rêve de votre vie. Des millions de prêts hypothécaires sont accordés… et les banques ne sont vraiment pas regardantes.

Puis vient la crise. Les saisies se sont multipliées. Et les équipes des établissements prêteurs étant débordées, certaines procédures de saisies ont même été entamées à tort. Les gens se sont défendus comme des beaux diables, ont pris des avocats. C’est ce que vous feriez, à leur place.

Et les avocats ont soulevé un lièvre, un énorme, colossal, lièvre à 700 milliards de dollars.

Que s’est-il passé ? De la titrisation –il faut dire qu’elle est de tous les mauvais coups. Les prêteurs voulaient pouvoir faire de jolis petits paquets avec les créances pour former des MBS (Mortgage Backed Securities), vous vous souvenez ? Il s’agissait, bien sûr de répartir les risques … Les banquiers se sont fait beaucoup d’argent avec ces produits financiers vendus pour « sûrs » puisqu’ils reposaient sur du concret, des biens immobiliers bien réels.

Pour faciliter cette titrisation, la finance a eu recours à un artifice… qui serait illégal.

L’enregistrement d’hypothèque coûte cher en procédures. Surtout si vous multipliez les transferts de votre hypothèque en l’incluant dans des produits titrisés.

Donc, les grandes banques et les deux principaux organismes de prêts hypothécaires, les inénarrables Freddie Mac et Fannie Mae, ont décidé de créer (en 1997) un organisme leur permettant de s’éviter de longues et coûteuses procédures d’enregistrement.
MERS, un système informatisé permettant l’enregistrement des achats et des ventes d’hypothèques – et de sérieuses économies de frais d’enregistrement était né.

2008, les subprime sonnent le glas de la folie immobilière. Le nombre de procédure de saisies explose littéralement. Les foreclosure sont signées à tour de bras… tant et si bien que le Wall Street Journal révèle que des employés de GMAC Home Mortgage et de la banque JPMorgan ont admis dans leur témoignage avoir chacun signé 10 000 documents par mois. Tout cela sans véritable contrôle et surtout sans aucun respect des règles fixées pour les saisies hypothécaires.

Scandale numéro 1 : les saisies illégales
L’affaire devient alors vraiment nauséabonde… et complexe.

1. Les procédures enregistrées par le système MERS ont été jugées illégales, ou du moins non recevables devant un tribunal, et incomplètes. Des millions de prêts peuvent donc être invalidés.

2. Avec l’informatisation des actes de ventes/achats, de nombreux documents ont été perdus. Les banques ne s’avèrent plus capables de prouver qu’elles détiennent bien une hypothèque. Les imbroglios se multiplient : certains propriétaires se sont retrouvés face aux envoyés de deux banques différentes venus saisir le même bien, chaque banque prétendant, preuves à l’appui, détenir l’hypothèque.

3. Pour remédier aux problèmes de pertes de documents, de nombreuses banques, assistées par des avocats à la morale plus que douteuse, ont produits de toute pièce de faux documents d’hypothèque.

4. Et pour couronner le tout, MERS s’est estimé compétent pour décider lui-même des saisies. Or, il n’est qu’un organisme intermédiaire entre les banques qui détenaient réellement l’hypothèque.

Rien que pour septembre, 350 000 biens ont été saisis aux Etats-Unis. Des milliers d’Américains pourraient dans les jours qui viennent se regrouper pour attaquer les banques responsables de ce scandale. Motif : escroquerie (fraud).

Conclusion, c’est la grande panique aux Etats-Unis. Les saisies effectuées sont-elles légales ? Les nouveaux propriétaires – ceux qui ont achetés un bien saisi – sont-ils légitimes ou le bien appartient-ils aux anciens propriétaires saisis ? Vous imaginez l’imbroglio… et les poursuites judiciaires qui se préparent.

Le gouvernement américain vient de décider de suspendre toutes les saisies en cours pour essayer d’y voir plus clair.

Si les propriétaires gagnent, les banques pourraient être lourdement condamnées. On parle déjà de 750 milliards de dollars. Eh oui, l’escroquerie, c’est du pénal et les sanctions sont lourdes. Ce qui risque de mettre certaines banques au bord de la faillite. Le gouvernement américain et surtout les contribuables accepteront-ils encore une fois de payer pour sauver les banques des conséquences de leur avidité et de leur malhonnêteté ?

Car ce n’est pas tout.

Scandale numéro 2 : la fraude aux taxes
En créant le MERS, les banques ont mis en place un système leur permettant de ne pas s’acquitter des taxes dues – en général aux Etats, ou aux municipalités – à chaque enregistrement de prêts ou à chaque modification.

Ainsi, le MERS devrait entre 60 à 120 milliards de dollars rien qu’à l’Etat de Californie pour rembourser les taxes d’enregistrement non perçues. Qui va payer ?

Scandale numéro 3 : la fraude aux MBS
Si les banques ont créé le MERS, avec son système très léger d’enregistrement des prêts hypothécaires, c’est surtout pour dissimuler ce qui se cache réellement derrière les attractifs MBS. Pour dissimuler que de trop nombreux prêts avaient été attribués à des familles qui auraient du mal à rembourser : bref, que les MBS reposaient sur des crédits même pas subprime mais tout simplement poubelle. C’est ce que le langage marketing de la finance appelait la « répartition du risque ».

Le scandale actuel résulterait donc en grande partie de la volonté des banques de cacher aux yeux des autres banques leurs vilains petits secrets et leurs crédits douteux…

D’après certaines premières estimations, près de 30% des MBS pourraient être frauduleux.

Et là, même une intervention du gouvernement ne pourra rien faire.

Quelles conséquences pour nous ?
Si les banques sont jugées coupables et doivent rembourser ou verser des intérêts soit aux propriétaires floués, soit aux Etats qui n’ont pas reçu les taxes d’enregistrement, soit aux banques qui ont acheté des MBS frauduleux, soit aux assureurs qui ont assurés ces MBS, elles risquent la faillite.

Une vague de faillite en série mettrait à mal l’économie, comme l’avaient fait lessubprime.

D’un autre côté, le Foreclosure Gate pourrait être l’élément déclencheur persuadant la Fed de lancer son quantitative easing 2. Les marchés ont déjà peut-être anticipé ce nouvel afflux de liquidités. Le Dow Jones n’a perdu que -0,29% vendredi dernier. L’argent va rester gratuit pour très très longtemps et les marchés s’en frottent les mains, prouvant une fois de plus leur désintérêt pour l’économie réelle.

A la clôture de vendredi soir, Bank of America cédait 5,82% et l’indice KBW des bancaires américaines reculait de 2,63%.

Par Cécile Chevret,

 

Source : Money Week

Classé dans:Infos éco, , , ,

Professeur Chesney : Enseignement de la finance

La convulsion du système bancaire et financier a révélé des comportements inquiétants, comme l’affaire Kerviel. Or, le monde académique n’en a pas véritablement tenu compte. Pourtant, le problème du cynisme et la question de la responsabilité face à ses actes devraient être traités.

Cette question est pertinente, puisque les leçons de la crise actuelle n’ont que très marginalement été tirées par la théorie financière et qu’en conséquence l’enseignement de la finance à l’université n’a pas vraiment été modifié. Or cette absence de réaction pose un véritable problème. L’université, à qui échoit la responsabilité de la formation des futures élites, se devrait, de par son caractère public, de réfléchir aux failles de la théorie financière ayant contribué à l’apparition de la crise, à l’utilisation qui est faite des connaissances qu’elle dispense ainsi qu’au comportement de ses diplômés. Deux exemples illustrent les problèmes qui peuvent apparaître à ce niveau. Le premier a trait à M. Kerviel, le trader qui a fait perdre 4,9 milliards d’euros à la Société Générale en 2007 et qui vient d’être condamné par la justice. Il a déclaré entre autres: «Dans une salle de marchés, le modus operandi idéal tient en une phrase: savoir prendre le maximum de risques pour faire gagner à la banque le maximum d’argent. Au nom d’une telle règle, les principes les plus élémentaires de prudence ne pèsent pas lourd. Au sein de la grande orgie bancaire, les traders ont donc juste droit à la même considération que n’importe quelle prostituée de base: la reconnaissance rapide que la recette du jour a été bonne.»

Le second exemple concerne M. Tourre, le centralien diplômé de Standford qui dès l’âge de 22 ans fut recruté par Goldman Sachs. Certains de ses courriels servent de pièces à conviction à la SEC qui accuse cette banque de s’être enrichie aux dépens de ses clients. Voici un extrait de sa prose: «De plus en plus d’effet de levier dans le système. L’édifice tout entier peut s’effondrer à chaque instant. Quand je pense que c’est un peu moi qui ai participé à la création de ce produit…, le genre de truc que tu inventes en te disant: et si on créait un machin qui ne sert absolument à rien, qui est complètement conceptuel et hautement théorique et que personne ne sait pricer, ça fait mal au cœur de voir que ça implose en vol. C’est un peu comme Frankenstein qui se retourne contre son inventeur.»

Que retirer de ces déclarations atterrantes? Qu’elles ne proviendraient que d’individus isolés et que la formation dispensée ne serait donc pas vraiment concernée. L’argumentation ne serait pas convaincante. Il conviendrait plutôt de remarquer que si la justice n’a mis en évidence que quelques cas, rien n’exclut que cet état d’esprit ne se soit généralisé et ce d’autant plus que rien de sérieux n’est entrepris pour lutter contre ces pratiques, au sein des formations de référence en finance. Le monde académique ne saurait ignorer ce problème. Il a la responsabilité de le traiter à la source et ne peut se contenter d’une attitude de fierté quant au placement de ses étudiants dans les institutions financières réputées.

De telles déclarations sont pitoyables. S’il s’avérait que l’état d’esprit qu’elles expriment est généralisé, il pourrait s’agir d’une faillite tant morale que scientifique du système de formation académique en finance. La faillite scientifique serait liée au caractère irréaliste de certains paradigmes classiques sur lesquels reposent encore, malgré la crise, de nombreux modèles. Ces paradigmes seraient en contradiction avec le fonctionnement des marchés financiers et les conséquences de l’innovation financière. Leurs caractéristiques les plus problématiques pourraient se décliner de la manière suivante.

– Les principaux marchés financiers seraient censés être transparents, liquides, efficients. Or aux moments cruciaux de la crise, ils se sont révélés opaques, asséchés et inaptes à transmettre des informations pertinentes. Comme le fait remarquer M. Tourre, il n’était pas vraiment possible d’évaluer le produit financier qu’il a contribué à créer. C’était en particulier ses caractéristiques complexes et opaques qui en étaient la cause. Lorsque la création de valeur, associée aux nouveaux produits financiers, est liée à ces caractéristiques, plutôt qu’à la transparence, alors l’hypothèse d’efficience des marchés est malmenée et l’innovation financière est susceptible de générer un risque systémique qui sera assumé par l’ensemble de la société.

– L’innovation financière serait un élément clé de la croissance économique et son impact en termes de risque systémique serait négligeable (pour ne pas dire négligé par la théorie financière). Ce qui est ainsi oblitéré, c’est d’une part que les produits financiers toxiques, à l’origine de la crise, résultent précisément de cette innovation, ce qui devrait inciter à la contrôler et d’autre part que si le volume de produits innovants devient trop important, par exemple dans le cas des CDS incriminés pendant la crise, ils peuvent avoir un impact sur le risque qu’ils sont censés couvrir et donc sur celui qu’ils sont susceptibles de générer. Le produit devant couvrir un risque de faillite, peut l’accentuer, à partir d’un certain volume de transactions.

Quant à la faillite morale, la plus désastreuse, elle serait évidente. La finance, y compris quantitative, n’est pas une matière uniquement technique. Le problème du cynisme et la question de la responsabilité face à ses actes, devraient être traités en amont, au sein des cursus universitaires. Comment? Tout d’abord en reconnaissant que ce sont des problèmes et non pas en le niant. Par ailleurs, en comprenant que les aspects moraux sont liés à des dimensions scientifiques.

Ainsi, ces questions épineuses devraient être introduites au sein des cours qui forment l’ossature d’un cursus. Par exemple, un cours traitant des produits dérivés ne devrait pas se limiter à leur description, évaluation et couverture. Il devrait aussi traiter de questions concrètes concernant l’attitude de certains traders, comme M. Kerviel, de manière à mener avec les étudiants une réflexion sur les causes de ces comportements. Il serait aussi nécessaire que ceux-ci réfléchissent à ce que devrait faire un trader s’il se sent incité par sa hiérarchie à prendre des risques inconsidérés et sur les conséquences qu’un tel comportement pourrait avoir, s’il était généralisé, en termes de risque systémique et de croissance économique.

Ainsi, c’est en montrant aux étudiants que les questions éthiques sont intimement liées à la théorie financière et en impliquant les professeurs de finance, au lieu de se contenter de les «sous-traiter» à un éthicien, qu’on leur donne plus de valeur et que l’intérêt des étudiants est susceptible d’être suscité.

Ces questions tant morales que scientifiques sont essentielles et doivent donc être traitées avec la plus grande attention, à moins de se satisfaire d’une situation où il n’y aurait «plus aucune espèce de conscience, sauf, si l’on peut s’exprimer ainsi, la conscience de l’opinion publique et celle du code pénal», comme l’a écrit Léon Tolstoï dans «La sonate à Kreutzer».

 

Source : Le Temps

 

 

 

Classé dans:Ce qu’on ne voit pas…, Soyons clairs !, , , , ,

Un bien triste anniversaire…

Le 4 septembre 2000, le CAC 40 frôlait les 7000 points, un plus haut jamais retrouvé depuis 10 ans…  Pire encore, le gâteau a fondu de presque moitié sur la période pour atteindre 3650 points aujourd’hui, soit une perte de plus de 400 milliards d’euros (les Echos). Comment a-t-on pu en arriver là ? Euphorie des années 2000 pour les uns, avidité extrême des spéculateurs pour les autres, chacun jette sa pierre sur les marchés boursiers et ses apôtres financiers. Mais sont-ils vraiment coupables ?

Dix ans de Crise(s)

Les dix dernières années ont vu se succéder trois grandes crises dont nos économies ont eu du mal à se guérir : la crise internet tout d’abord, qui a vu les investisseurs trop nombreux, engager trop de fonds dans des entreprises sans valeur pour la plupart. Si la crise des « Dotcom » est bien le fait des spéculateurs, qu’en est-il des conséquences qui ont conduit à la crise suivante ?

Face au risque de faillite de beaucoup d’entreprises (notamment de start-up) les autorités américaines ont tenté de rediriger les investissements vers un autre secteur, plus solide : le secteur immobilier. Idée compréhensible à court terme puisque cela évitait d’affronter l’explosion de la bulle internet, mais nous connaissons aujourd’hui les conséquences à moyen terme : un surinvestissement dans l’immobilier et un soutien artificiel de la demande à travers les crédits subprimes… Résulat : une crise financière sans précédent qu’on ne pouvait éviter qu’à condition d’intervenir massivement dans les économies désormais mondialisées. Là encore, nous savons avec quel succès nous avons évité l’éclatement de la bulle subprime ! Il a fallu investir massivement avec l’argent que personne ne possédait. Troisième crise donc, la dette souveraine.

Un enseignement peut-être ?

Quel enseignement tirer de ces dix années de crise ? Les acteurs privés sur les marchés sont certainement responsables de la première bulle internet, en revanche c’est l’intervention des Etats qui a conduit à la création de la bulle financière (Etats Unis principalement) puis à la crise de dettes souveraines qui semble se matérialiser autour d’une bulle obligataire à présent.

Deux choses retiennent alors notre attention : les Etats semblent avoir aggraver la situation d’une part, et les Etats-Unis ont une grande responsabilité d’autre part. Cette deuxième affirmation est d’ailleurs bien connue des politiques français qui ne cessent de se cacher derrière elle pour éviter d’agir.

Mais alors, si tout le monde a été durement touché, pourquoi le CAC a-t-il pris du retard sur ses homologues américains et allemands ? La faute aux spéculateurs girouettes ? Ce serait un peu facile de les accuser en même temps de trop investir et donc d’être à l’origine des crises et de ne pas assez investir (uniquement en France cette fois) !

S’ils refusent d’investir en France, il y a une raison simple : ils sont rationnels et responsables. En effet, pourquoi investir en France alors qu’il n’y a eu aucune amélioration en dix ans ? Pas une leçon n’a été tirée des trois crises ; et ce n’est pas une accusation sans fondement, il suffit d’observer le climat actuel pour s’en convaincre : une politique fiscale qui n’incite pas à entreprendre ni embaucher ; un chômage plus élevé que dans les autres grandes places mondiales et surtout qui ne baisse pas assez rapidement ; et en ces jours de rentrée, comment ne pas ajouter les menaces de grèves nationales ? Pas étonnant alors que les investisseurs se montrent frileux et que par extension les places boursières françaises stagnent.

Happy birthday au pompier-pyromane !

De ce triste constat, nous osons tirer une conclusion rapide et peu reluisante : dix ans de crise certes, mais pas une réforme en profondeur, pas un sacrifice présent pour améliorer la situation future comme l’ont fait les Allemands que nous critiquons tant. Bien sûr, le gouvernement a agi, certains prétendront même qu’il a fait de son mieux, mais chaque mesure a posé les fondements d’une nouvelle crise, plus grave encore et cela ne va pas s’arrêter avec les émissions d’obligations « nécessaires » au financement de la dette publique.

A l’heure de souffler les bougies, une seule certitude se dessine : les bulles se font de plus en plus grosses et la politique champagne a encore de beau jour devant elle…

A lire en complément : Dominique Seux, Chômage : le secret allemand

Classé dans:Ce qu’on ne voit pas…, Infos éco, , , , ,

Bulls et Bears sont-ils devenus fous ?

Les variations boursières de ces derniers jours montrent une volatilité incompréhensible des marchés : deux jours de hausse puis une baisse, trois jours de hausse puis deux de baisse sans que les fondamentaux n’aient changé durant ces périodes ; plus étrange encore les banques sont attaquées avant de tirer les marchés à la hausse. Alors quoi ? Les spéculateurs sont fous ? Une guerre sans merci a-t-elle lieu dans l’ombre entre les optimistes bulls et les pessimistes bears ?

Bulls et Bears sont pessimistes

En réalité, il n’y a pas de lutte entre les spéculateurs béats et les sceptiques, tous sont pessimistes quant à l’avenir des marchés, et leurs craintes les poussent à mener des stratégies opposées en apparence seulement. Tandis que les uns attendent la lente reprise et ne répondent plus aux publications des indicateurs des derniers mois, les autres adoptent une attitude de pillards, prenant leurs bénéfices dès que le marché grimpe et se faisant, le poussant à retomber. Tout se passe comme si les premiers attendaient pour agir, tant ils sont peu confiants dans les indices présents, alors que les seconds avaient opté pour une spéculation de court terme puisque le long terme ne réserve rien de bon. Finalement, seuls leurs plans diffèrent, leur compréhension et leurs attentes demeurent identiques. Mais alors, ce pessimisme de rigueur (sic !) est-il normal ?

Pas de changement institutionnel

Depuis l’épisode grec, les effets d’annonce et les mesures de sauvetage se sont multipliés mais quid d’une UE unie et concertée sur les réformes de fond à mener dans le futur ? Si la crise grecque a prouvé une chose, c’est bien que les Etats Membres n’ont pas le même vision du rôle de l’Union et qu’il est donc impossible de s’entendre sur les directions à suivre pour l’Europe. Pourtant, il faudra agir parce que le cadre institutionnel européen demeure incomplet : plus de dirigisme ou plus de laissez-faire ? Relance ou rigueur ? Quelle relance ? Ces questions reflètent l’incapacité de deux cultures politiques et sociales à cohabiter sereinement.

Pire encore, l’économie européenne n’est pas au bout des réformes qu’elle avait pourtant promis de mettre en place comme le rappelle l’économiste Mario Monti dans The Economist : – la productivité dans les services est 30% inférieure à celle des USA car trop « protégées » par les barrières nationales qui réduisent l’incitation à l’effort ; – l’absence de compétition dans les secteurs coûteux aux Etats tel que la Sécurité sociale, rend le problème des déficits plus que préoccupant ; – l’absence d’un marché « digital » qui pourrait offrir une richesse évaluée à 4% du PIB européen ; – la protection  sociale des pays méditerranéens qui empêche l’emploi des jeunes entrants sur le marché du travail car faute d’avoir fait leur preuves, ils ne sont pas jugés rentables par les entreprises étant donné le coût du travail ; enfin – le fardeau fiscal de certain pays (France et Allemagne notamment) sur les entreprises et notamment les start-up qui réduit l’incitation à entreprendre et produire.

Voilà les véritables maux de nos économies européennes, et tant qu’ils ne seront pas considérés et pris à bras le corps par nos dirigeants, Bulls & Bears miseront sur le court terme au péril de nos économies….

Une lumière au bout du tunnel

Y a-t-il un espoir ? A en croire le sondage de Pew Research Center, les citoyens européens sont prêts pour les réformes : 73% des Allemands et 67% des Français interrogés estiment qu’ils vivraient mieux dans une économie de libre marché (contre respectivement 65% et 56% en 2007), soit autant si ce n’est plus que nos homologues Américains (68%). Cela veut dire que pour une fois, un homme politique qui voudrait se faire élire pourrait proposer un programme efficace à long terme !

Ne reste plus qu’à espérer que les politiques auront le courage de changer de discours et le savoir-faire pour mettre en place des réformes qui limiteraient leur sentiment de pouvoir mais améliorerait durablement la situation des citoyens…

A lire en compélement : le commentaire du Wolf (Blog à lupus)

Classé dans:Ce qu’on ne voit pas…, Infos éco, , , , ,

Dégradation de la Grèce et non réaction des marchés ?!

Alors que Moody’s  dégradait de 4 crans la note de la Grèce et classait les emprunts de l’Etat dans la catégorie « spéculative », les marchés n’ont pas réagi aussi violemment qu’on pouvait s’y attendre. La bourse de Paris est stable (+0,43%) et l’euro est lentement remonté (1,2193) après sa baisse ce matin. Alors pourquoi personne ne semble inquiet de cette dégradation ? Les méchants spéculateurs seraient-ils devenus sages ? Peut-être sont-ce les agences de notation qui ont perdu toutes crédibilité ?

Une communication publique efficace

En réalité, la raison de la faible réaction des marchés est double. Tout d’abord, et il faut l’admettre quand c’est le cas, la communication des gouvernants européens s’est avérée payante. En insistant sur la particularité grecque, ils ont montré que le risque de faillite des autres Etats n’était pas de la même ampleur. De ce fait, ils ont ramené de la confiance sur les marchés financiers. Mais justement, si les marchés sont en confiance et qu’une note est dégradée, cela devrait causer un cataclysme ! Alors quoi ?

Une réciprocité de l’information

L’absence de réaction des marchés n’est pas surprenante à condition de bien comprendre une chose essentielle : la relation entre investisseurs et agences de notation n’est pas à sens unique mais réciproque. Ainsi lorsqu’une agence dégrade une note, les investisseurs réagissent mais l’inverse est aussi vrai. Lorsque les investisseurs ont des doutes sur le risque de leurs placements, ils demandent des taux plus élevés en guise de garantie – ce qui s’est passé dans le cas des bonds grecs – et voyant la situation se dégrader les agences modifient leur note.

Il est donc normal que la chute attendue ne soit pas arrivée, car en réalité elle a déjà eu lieu il y a plusieurs semaines ! Ce phénomène n’est pas rare et doit nous rappeler le rôle premier des agences de notations tant décriées – et à juste titre parfois – qui n’est autres qu’informer l’ensemble des investisseurs sur les tendances du marché et non de créer ces tendances…

Classé dans:Ce qu’on ne voit pas…, Infos éco, , , ,

Une coopération douce amère…

Le couple Sarkozy-Merkel s’est enfin entendu sur la gouvernance de l’Union Européenne. Mieux, ils vont réclamer ensemble, au G20, des mesures d’encadrement des marchés, notamment une taxe sur les transactions financières et sur les banques.

Enfin nos dirigeants affichent une union parfaite. D’accord au niveau international pour taxer les transactions financières. D’accord au niveau européen pour sanctionner les pays laxistes, notamment en leur retirant leur droit de vote. Ces décisions communes ne sont pas surprenantes. Les dirigeants français et allemand ont en commun la même crainte des marchés financiers et la même expérience de la gestion de la crise grecque. Rien de vraiment inattendu dans leur déclaration, ce serait plutôt un soulagement de les voir enfin réunis autour des mêmes propositions.

Pourtant, il y a un sujet de discorde plus profond qui a été dépassé et celui-ci représente, si ce n’est une surprise, du moins une information nouvelle quant au futur de l’UE. Depuis plusieurs semaines, Nicolas Sarkozy réclame une structure formelle de gouvernement économique et Christine Lagarde annonçait hier encore dans le Süddeutsche Zeitung qu’il fallait « réfléchir sérieusement à la nécessité d’un gouvernement économique qui aurait une réelle fonction de pilotage et ne soit pas seulement un contrôleur des banques et des marchés, mais un exécutif efficace et coordinateur». A ce sujet, le gouvernement français fait aujourd’hui volte face et s’aligne avec l’Allemagne qui ne souhaite ajouter aucune structure de peur de voir la BCE perdre son indépendance. On pourrait penser que cette volonté affichée d’agir ensemble, de faire des concessions est une bonne chose pour l’UE mais ce qu’on voit surtout c’est le message envoyé par l’Allemagne. Madame Merkel a imposé, une fois de plus, son point de vue et les autres gouvernants européens n’ont plus le choix : il faut suivre et se taire.

Que l’on suive l’Allemagne plutôt que la Grèce ou l’Espagne est une sage décision, mais le danger demeure lorsqu’il n’existe plus de contre-pouvoir de se laisser entrainer sur des chemins qu’on ne voulait pas prendre, surtout lorsque l’Allemagne lance la chasse aux spéculateurs et à la finance en général ; chasse qui sonnera l’hallali de l’économie européenne…

Classé dans:Ce qu’on ne voit pas…, Infos éco, , , ,

La dette grecque tombée au rang de «pourri»

Moody’s a dégradé de 4 niveaux les titres d’Athènes

L’agence de notation Moody’s a abaissé lundi soir, après la fermeture des places boursières, la note de la Grèce de quatre crans. Elle passe de «A3» à «Ba1», la reléguant à son tour dans la catégorie spéculative, ce qui reflète un risque de non-remboursement de sa dette publique. Les financiers parlent de titres «pourris» (junk).

La note Ba1 reflète «les risques liés au plan de sauvetage mis en place par les pays de la zone euro et le Fonds monétaire international», a expliqué Moody’s dans un communiqué. L’agence avait prévenu en mai qu’elle pourrait reléguer la note de la Grèce en catégorie spéculative.

En accord avec S & P et Fitch

«C’est un abaissement significatif», a réagi le stratégiste obligations de Morgan Stanley Smith Barney à New York. Interrogé par Bloomberg, il estime cependant que «ce n’est pas une surprise».

Après avoir atteint le sommet de 12,5% début mai, le taux des obligations grecques à dix ans reste supérieur à 8% (8,339% hier soir), et bien loin des 2,6% pour l’Allemagne. Depuis plusieurs séances, le taux des emprunts de la France s’inscrit en hausse. A échéance 10 ans, il s’établissait lundi à 3,094%, contre 2,85% il y a trois semaines, signe d’inquiétude dans la zone euro.

La Grèce a déjà subi des baisses de notation par les deux autres agences. Elle est notée BB+ par Standard and Poor’s, qui la range aussi dans les investissements «spéculatifs», et BBB– par Fitch.

Source : Le Temps

Classé dans:Infos éco, , ,

Frau Merkel, Démolissez le Mur !

Voici un article (traduit) du Professeur Don Boudreaux, envoyé au Washington Post

Accusant les «spéculateurs » et « l’avidité des investisseurs » du déclin de l’euro, le gouvernement allemand a imposé de nouvelles taxes et réglementations pour restreindre sévèrement la spéculation (« German lawmakers approve euro rescue package », 21 Mai).

Chacune de ces restrictions est au capital ce que le Mur de Berlin était aux hommes : un obstacle destiné uniquement à protéger les gouvernements répressifs et irresponsables des conséquences de leur irresponsabilité et de leur oppression.

En limitant par la force, la capacité des hommes à fuir un régime tyrannique, le Mur de Berlin ne combattait qu’un symptôme – la fuite des peuples – de la faillite du gouvernement d’Allemagne de l’Est.

De même, en limitant par la force, la capacité des investisseurs à vendre des biens financiers, les nouvelles restrictions allemandes sur le capital ne combattent qu’un symptôme – la fuite des capitaux – de l’imprudence des politiques économiques menées par le gouvernement allemand.

Sincèrement,

Donald J. Boudreaux

Retrouvez les lettres quotidiennes de Don Boudreaux sur Cafe Hayek

Classé dans:Ce qu’on ne voit pas…, Infos éco, , , , , ,

RÈseau LHC

Encore un site d’économie ?

Les économistes sont restés dans leur tour d’ivoire depuis trop longtemps, au point qu’aujourd’hui ils sont accusés de tous les maux et ne trouvent plus de place pour s’expliquer. Trop abstraite, trop complexe, incapable d’expliquer les phénomènes actuels, voilà la conception qu’a l’individu lambda de l’économie. Ce blog a pour but de réconcilier cette discipline simple, vivante et intuitive avec ceux qui s’interrogent sur les problèmes que posent nos économies globalisées. Ici, pas de mathématiques, pas de grands discours ni de suites incompréhensibles de statistiques. Nous ramenons l’économie dans la réalité qu’elle n’aurait jamais du quitter…