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Les faits de société à travers le prisme de l'économie…

Un bien triste anniversaire…

Le 4 septembre 2000, le CAC 40 frôlait les 7000 points, un plus haut jamais retrouvé depuis 10 ans…  Pire encore, le gâteau a fondu de presque moitié sur la période pour atteindre 3650 points aujourd’hui, soit une perte de plus de 400 milliards d’euros (les Echos). Comment a-t-on pu en arriver là ? Euphorie des années 2000 pour les uns, avidité extrême des spéculateurs pour les autres, chacun jette sa pierre sur les marchés boursiers et ses apôtres financiers. Mais sont-ils vraiment coupables ?

Dix ans de Crise(s)

Les dix dernières années ont vu se succéder trois grandes crises dont nos économies ont eu du mal à se guérir : la crise internet tout d’abord, qui a vu les investisseurs trop nombreux, engager trop de fonds dans des entreprises sans valeur pour la plupart. Si la crise des « Dotcom » est bien le fait des spéculateurs, qu’en est-il des conséquences qui ont conduit à la crise suivante ?

Face au risque de faillite de beaucoup d’entreprises (notamment de start-up) les autorités américaines ont tenté de rediriger les investissements vers un autre secteur, plus solide : le secteur immobilier. Idée compréhensible à court terme puisque cela évitait d’affronter l’explosion de la bulle internet, mais nous connaissons aujourd’hui les conséquences à moyen terme : un surinvestissement dans l’immobilier et un soutien artificiel de la demande à travers les crédits subprimes… Résulat : une crise financière sans précédent qu’on ne pouvait éviter qu’à condition d’intervenir massivement dans les économies désormais mondialisées. Là encore, nous savons avec quel succès nous avons évité l’éclatement de la bulle subprime ! Il a fallu investir massivement avec l’argent que personne ne possédait. Troisième crise donc, la dette souveraine.

Un enseignement peut-être ?

Quel enseignement tirer de ces dix années de crise ? Les acteurs privés sur les marchés sont certainement responsables de la première bulle internet, en revanche c’est l’intervention des Etats qui a conduit à la création de la bulle financière (Etats Unis principalement) puis à la crise de dettes souveraines qui semble se matérialiser autour d’une bulle obligataire à présent.

Deux choses retiennent alors notre attention : les Etats semblent avoir aggraver la situation d’une part, et les Etats-Unis ont une grande responsabilité d’autre part. Cette deuxième affirmation est d’ailleurs bien connue des politiques français qui ne cessent de se cacher derrière elle pour éviter d’agir.

Mais alors, si tout le monde a été durement touché, pourquoi le CAC a-t-il pris du retard sur ses homologues américains et allemands ? La faute aux spéculateurs girouettes ? Ce serait un peu facile de les accuser en même temps de trop investir et donc d’être à l’origine des crises et de ne pas assez investir (uniquement en France cette fois) !

S’ils refusent d’investir en France, il y a une raison simple : ils sont rationnels et responsables. En effet, pourquoi investir en France alors qu’il n’y a eu aucune amélioration en dix ans ? Pas une leçon n’a été tirée des trois crises ; et ce n’est pas une accusation sans fondement, il suffit d’observer le climat actuel pour s’en convaincre : une politique fiscale qui n’incite pas à entreprendre ni embaucher ; un chômage plus élevé que dans les autres grandes places mondiales et surtout qui ne baisse pas assez rapidement ; et en ces jours de rentrée, comment ne pas ajouter les menaces de grèves nationales ? Pas étonnant alors que les investisseurs se montrent frileux et que par extension les places boursières françaises stagnent.

Happy birthday au pompier-pyromane !

De ce triste constat, nous osons tirer une conclusion rapide et peu reluisante : dix ans de crise certes, mais pas une réforme en profondeur, pas un sacrifice présent pour améliorer la situation future comme l’ont fait les Allemands que nous critiquons tant. Bien sûr, le gouvernement a agi, certains prétendront même qu’il a fait de son mieux, mais chaque mesure a posé les fondements d’une nouvelle crise, plus grave encore et cela ne va pas s’arrêter avec les émissions d’obligations « nécessaires » au financement de la dette publique.

A l’heure de souffler les bougies, une seule certitude se dessine : les bulles se font de plus en plus grosses et la politique champagne a encore de beau jour devant elle…

A lire en complément : Dominique Seux, Chômage : le secret allemand

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D’une bulle à l’autre, les délices de la politique champagne !

Pour fêter le livre de Nouriel Roubini (Economie de Crise), il serait peut-être de bon ton de développer un peu cette idée de bulles économiques.

Un concept flou mais pourtant pas si compliqué à comprendre, et tellement important pour anticiper les conséquences des politiques actuelles.

Pour saisir l’essence du concept, deux choses à garder en tête : premièrement, les hommes et femmes répondent aux incitations données par les institutions, c’est-à-dire que les institutions (politiques, économiques, sociales) font les incitations des individus qui font elles-mêmes les comportements et ce sont ces comportements qui aboutissent aux résultats qu’on observe dans la société. Ainsi, on ne peut comprendre une situation donnée simplement en observant la société ou le marché à un moment donné. Il faut toujours et avant tout tenir compte des institutions qui régissent les vies des gens.

Deuxièmement, les prix ont un sens. Un prix se fixe sur un marché selon les préférences des individus, la quantité de biens demandée et la quantité offerte par les producteurs qui dépend elle-même des capacités des entreprises. On peut donc dire que le prix reflète l’ensemble des goûts et capacités de la société, il est un symbole essentiel au bon fonctionnement du marché. Lorsque le prix augmente, c’est que les consommateurs veulent davantage de ce bien et cela incite de nouvelles entreprises à entrer sur le marché pour profiter de cette hausse de prix…

Que se passe-t-il alors quand les prix sont artificiellement modifiés ? Les producteurs font de mauvaises anticipations. Si le prix est artificiellement haut, ils pensent que la demande est grande et décident d’entrer sur le marché. Ils vont investir (engager des fonds qu’il faudra rembourser) pour produire plus et s’apercevront ensuite  que personne ne veut ces biens excédentaires. Ils ne pourront donc pas rembourser leurs investissements et feront faillite. C’est ce que Hayek appelait l’Effet Accordéon (Concertina Effect), car l’économie se détend artificiellement puis se contracte avec les faillites des entreprises trop nombreuses sur un marché.

Lorsque les entreprises ont sur-investi dans les valeurs informatiques (la fameuse bulle internet), les gouvernants des Etats-Unis ont tenté d’éviter l’éclatement de cette bulle. Craignant des faillites inéluctables (les entrepreneurs étaient trop optimistes), ils ont faciliter la création immobilière, en baissant les taux d’emprunt pour les entreprises et les ménages désireux d’acheter de l’immobilier. Ce fut le début de la crise des subprimes… En effet, en trichant sur un prix (ici le taux d’emprunt, qui n’est rien d’autre que le prix qui se fixe sur le marché des fonds prêtables, c’est-à-dire entre les personnes voulant emprunter et celles ayant de l’épargne), on a modifier les incitations des acheteurs et des investisseurs. On a alors produit trop d’immobilier par rapport à ce que pouvaient acheter les ménages américains. Quand les Américains s’en sont aperçus, les entrepreneurs ne pouvaient plus rembourser leurs investissements, ce fut l’éclatement de la bulle immobilière créée par l’Etat Américain pour éviter la bulle internet. C’est ça la politique champagne ! On passe d’une bulle à l’autre.

Et bien, c’est ce que nous prédit Nouriel Roubini (qui rappelons le, avait déjà prévu la crise des subprimes) pour les années à venir. La raison est toujours la même. En conservant des taux d’intérêt faibles dans les plus grandes places mondiales (US, UE), on incite les entrepreneurs à investir et à court terme, cela va créer de la croissance. Mais cette croissance sera fictive puisqu’on va produire alors que personne ne peut acheter ces nouveaux biens. Et hop ! Nouvelle bulle, nouvelle crise…

Cela doit nous amener à une conclusion fondamentale : chaque fois qu’il y a intervention publique dans l’économie, elle doit être mûrement réfléchie et jamais motivée par la volonté de « réorienter » l’investissement dans un secteur moins risqué ; sans quoi on ne fera que passer d’une bulle à l’autre, bulles devenant de plus en plus grosses jusqu’à ce qu’elles éclatent : la fatalité de la politique champagne…

A lire en complément : Le Blog à Lupus

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RÈseau LHC

Encore un site d’économie ?

Les économistes sont restés dans leur tour d’ivoire depuis trop longtemps, au point qu’aujourd’hui ils sont accusés de tous les maux et ne trouvent plus de place pour s’expliquer. Trop abstraite, trop complexe, incapable d’expliquer les phénomènes actuels, voilà la conception qu’a l’individu lambda de l’économie. Ce blog a pour but de réconcilier cette discipline simple, vivante et intuitive avec ceux qui s’interrogent sur les problèmes que posent nos économies globalisées. Ici, pas de mathématiques, pas de grands discours ni de suites incompréhensibles de statistiques. Nous ramenons l’économie dans la réalité qu’elle n’aurait jamais du quitter…