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Les faits de société à travers le prisme de l'économie…

Les craintes de la FED

On apprenait ce matin par Marc Fiorentino sur BFM Radio que la FED envisage déjà un nouveau plan de relance aux Etats-Unis en cas de reprise économique trop faible.

Le syndrome japonais

La raison est simple: éviter une crise japonaise… Le cas du Japon est très éclairant à ce sujet, lorsque le pays est entré en récession, une politique de relance axée sur une baisse des taux d’intérêt à été mise en place afin de relancer l’investissement. Jusqu’ici rien de très nouveau dans le monde de Keynes, sauf que le résultat fut des plus catastrophiques! Même en baissant les taux, les investisseurs se sont montrés réticents à produire plus, faute de perspectives encourageantes. En d’autres termes, ils n’ont pas été victime de l’Illusion Monétaire sur laquelle repose l’ensemble de la doctrine keynesienne. Résultat: des taux d’intérêt de court terme faibles, baissés artificiellement par les autorités monétaires, mais des taux de long terme aussi bas (ils représentent la rentabilité des investissements et se forment sur les marchés, donc impossible de « jouer » artificiellement dessus): c’est ce qu’on appelle l’inversement de la courbe des taux! Dès lors que les taux court et long se sont alignés, aplatis, l’économie risque d’entrer dans une stagnation durable…

Pour éviter cela, les Américains veulent relancer de plus belle, mais à ce jeu on prend le risque que les investisseurs ne se laissent pas berner et que les dépenses publiques gonflent pour rien. C’est le problème avec la relance; si elle échoue une première fois, il ne reste plus qu’une solution: relancer encore et encore au péril des finances publiques… En voulant éviter l’éclatement d’une bulle, on en crée souvent une encore plus grosse, c’est ça la politique champagne!

A lire en complément : Sortie de Crise sur le Blog à Lupus

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Paul Krugman, la béatitude keynésienne

Le Prix Nobel expliquait ce jeudi à Interlaken le comportement que devait adopter les institutions européennes pour sortir de la crise. Selon lui, la BCE doit remonter ces taux d’intérêt lentement et surtout procéder « à une expansion massive de son bilan » en rachetant les titres trop risqués et à valeur trop faibles des PIIGS qu’il renomme par ailleurs « GIPSI » (sic !).

On comprend le raisonnement de Mr Krugman : la BCE va jouer le rôle de sauveteur, de prêteur en dernier ressort pour permettre aux Etats endettés de dépenser des fonds publics afin de relancer la croissance du pays. Le mécanisme est simple, l’Etat s’endette aujourd’hui pour injecter de la monnaie dans l’économie et cet excédent monétaire va être investi puis réinvesti en cascade dans l’ensemble des secteurs industriels puis tertiaire. C’est l’effet multiplicateur cumulé d’ailleurs à l’effet accélérateur. Fort bien.

Cependant, Mr Krugman oublie de nous expliquer sur quelle hypothèse repose cette politique simple et si efficace : la bêtise des gens ! Ou pour utiliser le terme économique consacré : l’illusion monétaire et la vision court-termiste des individus. En effet, pour que cela fonctionne, il faut que les hommes et femmes sur le marché se contentent d’utiliser l’excédent monétaire sans jamais se demander d’où il vient et comment il sera remboursé. Par ailleurs, il faut que les investisseurs et spéculateurs étrangers ne se posent aucune question quant à la situation financière de la BCE et aux risques d’inflation que présente une telle politique. Bref, il faut qu’ils n’observent que le présent et soient motivés par le gain immédiat et pire, le gain en valeur nominale (plus d’argent) et non le gain réel (un pouvoir d’achat de la monnaie plus faible du fait des risques et de l’inflation).

Malheureusement, nous avons vu dans les années 1970 que les gens ne sont pas bêtes, qu’ils s’adaptent et anticipent les changements futurs. Bien sûr, ils commettent des erreurs, mais la vérité est là : ils s’intéressent à l’avenir. Dès lors, deux phénomènes apparaissent.

1. La perte de confiance des acteurs sur les marchés financiers

Les spéculateurs s’interrogent sur la façon dont la BCE va « digérer » les achats de titres qui n’ont pas de valeur. Dès lors, ils demanderont des garanties plus élevés pour acheter des titres en euros, ou se montreront réticents à échanger des devises contre de l’euro. On retombe alors dans le piège de la chute de l’euro. (voir Pile je gagne, face tu perds!)

2. La création d’un comportement « opportuniste » pour les Etats endettés

Les Etats les plus endettés de la zone auront alors la garantie que peu importe leur comportement, ils seront sauvés par les pays de la zone ou par la BCE directement. Dès lors, un jeu pervers va naître entre les Etats de la zone. (voir FME et Loi de Gresham)

La BCE se retrouvera alors coincée avec des actifs sans valeur qu’elle aura pourtant acheté ! En réalité, elle aura donc simplement créer de la monnaie. Si les hommes et femmes sur les marchés s’en aperçoivent, ils le prendront en compte en considérant que ce n’est pas la richesse de la zone qui a changé mais simplement le nombre de pièces et de billets, c’est le début de l’inflation ou à tout le moins, de la perte de confiance des acteurs économiques dans l’euro.

En définitive, s’il existe quelques individus capables de comprendre ce que font les Etats et les institutions européennes, il semble que les prendre une fois de plus pour des idiots ne soit pas la bonne solution…

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RÈseau LHC

Encore un site d’économie ?

Les économistes sont restés dans leur tour d’ivoire depuis trop longtemps, au point qu’aujourd’hui ils sont accusés de tous les maux et ne trouvent plus de place pour s’expliquer. Trop abstraite, trop complexe, incapable d’expliquer les phénomènes actuels, voilà la conception qu’a l’individu lambda de l’économie. Ce blog a pour but de réconcilier cette discipline simple, vivante et intuitive avec ceux qui s’interrogent sur les problèmes que posent nos économies globalisées. Ici, pas de mathématiques, pas de grands discours ni de suites incompréhensibles de statistiques. Nous ramenons l’économie dans la réalité qu’elle n’aurait jamais du quitter…