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Les faits de société à travers le prisme de l'économie…

Prix Nobel d’Economie: la victoire du bon sens

Les trois lauréats du Nobel d’Economie ont été récompensés pour leurs travaux sur les frictions des marchés, et notamment du marché du travail. Très simplement, leurs recherches démontrent qu’un salaire minimum (prix plancher) tend à allonger la durée moyenne de chômage et à augmenter le nombre de chômeurs (et ils observent le même phénomène sur le marché de l’immobilier). Cela répond au « paradoxe » des marchés du travail : le nombre de chômeurs est important et les entreprises se plaignent d’une pénurie de main d’œuvre dans le même temps…

 

Paradoxe… en réalité, ce n’est absolument pas un paradoxe et le bon sens nous donnait déjà l’intuition de leur découverte : les entreprises embauchent si les salariés potentiels leur rapportent plus que ce qu’ils leur coûtent. Si le salaire minimum augmente, du fait de la réglementation publique, le coût du travail augmente. Dès lors, si le salarié n’est pas suffisamment productif, il n’est plus rentable pour l’entreprise de l’embaucher, il représente une charge nette. Ainsi, les chefs d’entreprises renâcleront à embaucher et si le licenciement est rendu plus coûteux par le droit du travail, le phénomène empire. Alors évidemment, le nombre de chômeurs augmente…  Et quelle catégorie de chômeurs en souffre en premier ? Les non qualifiés et les jeunes entrants sur le marché évidemment, puisqu’ils représentent une faible productivité pour les premiers et un risque pour les seconds ! C’est donc bien ceux que la loi visait à protéger qui sont punis. Smart isn’t it ?

 

Pourtant, quelque chose me surprend et me laisse perplexe face à la nomination de ces nouveaux Nobels… Certes, ils ont démontré, approfondi, généralisé l’explication donné au paragraphe précédent, mais quand même. Bastiat avait déjà expliqué cela, il y a bien longtemps, et nous sommes nombreux à présenter cet exemple précis des effets pervers des politiques sociales sur le marché du travail à nos étudiants. Alors que penser ? Que le jury du Nobel découvre ces idées ? Peut-être ont-ils jugé opportun de rappeler ces phénomènes simples mais omniprésents dans une période de fièvre régulatrice…

Finalement qu’importe, l’essentiel est le message, gravé dans le marbre en cette année 2010 qui a vu le monde réclamer l’aide des Etats : l’intervention des gouvernements, si louable soit-elle porte toujours en elle des effets secondaires que ni le marché ni les hommes politiques ne pourront soigner…

 

Comme l’écrivait Bruno Léoni, « l’économie n’est pas un gadget que l’on peut changer à sa guise ».

 

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Faillites économiques ou faillites légales?

Selon Creditreform, le nombres de faillite économique n’aurait augmenté que de 0,3% entre 2008 et 2009.

Voici le résumé qu’en fait Emmanuel Garessus (du Temps)

L’augmentation des faillites n’est pas liée à la crise

En 2009 l’augmentation des faillites a atteint un niveau record. La progression est de 8% contre 0,3% en 2008, selon l’Office fédérale de la statistique. Mais la cause n’est pas à chercher dans la récession, selon laNZZ. C’est la réforme du droit de révision qui a poussé nombre d’entreprises à fermer, et en particulier l’article 731b du CO, qui exige la fermeture pour de graves défauts d’organisation. Selon Creditreform, en 2008, 329 sociétés ont été mises en faillite sur la base de l’article 731 b et 3892 pour des raisons économiques. En 2009, il dénombre 1148 cas pour des raisons d’organisation et 4067 des raisons économiques. L’augmentation pour raisons économiques n’est que de 0,3%.

Un problème économique?

Si tel est le cas, la question suivante vient immédiatement à l’esprit: est-il plus rentable de conserver une règle si coûteuse à l’heure où les perspectives de croissance et d’emploi demeurent si faibles?

Nous voyons ici une illustration de la fameuse maxime de Bastiat « ce qu’on voit et ce qu’on ne voit pas » sur laquelle repose toute l’analyse économique des institutions et du droit lui-même: l’idée est qu’avant de « créer » une règle et de l’appliquer, il est fondamental de se demander quels en seront les effets « pervers », « inattendus », bref ce qu’on ne voit pas lorsqu’on crée une règle et qui peut la rendre totalement inefficace…

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RÈseau LHC

Encore un site d’économie ?

Les économistes sont restés dans leur tour d’ivoire depuis trop longtemps, au point qu’aujourd’hui ils sont accusés de tous les maux et ne trouvent plus de place pour s’expliquer. Trop abstraite, trop complexe, incapable d’expliquer les phénomènes actuels, voilà la conception qu’a l’individu lambda de l’économie. Ce blog a pour but de réconcilier cette discipline simple, vivante et intuitive avec ceux qui s’interrogent sur les problèmes que posent nos économies globalisées. Ici, pas de mathématiques, pas de grands discours ni de suites incompréhensibles de statistiques. Nous ramenons l’économie dans la réalité qu’elle n’aurait jamais du quitter…