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Les faits de société à travers le prisme de l'économie…

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L’euro en baisse, l’inflation en hausse !?

L’euro est aujourd’hui à 1,24 $, et malgré un léger regain, les analystes parient sur une baisse encore plus grande dans les mois à venir.

Dans le même temps, l’inflation connaît son plus haut depuis Décembre 2008, avec une augmentation de 1,5% sur un an en Avril dernier et de 0,5%  sur le mois dans les pays de la zone (source Eurostat).

Alors, la valeur de l’euro baisse et pourtant les prix augmentent dans l’UE, comment est-ce possible ?

Il y a deux raisons à cela : tout d’abord une augmentation des prix de l’essence et du tabac (des biens dits « addictifs », c’est-à-dire qu’on achète peu importe leur coût), mais surtout une augmentation des prix due aux importations. Comme l’euro baisse, il en faut plus qu’avant pour acheter un bien en dollar ou en yuan. Ainsi les entreprises qui achètent des biens étrangers voient leurs coûts de production augmenter et revendent plus cher ! C’est ce qu’on appelle l’inflation importée.

Evidemment, cela présente un avantage : les exportations coûtent moins chers donc les entreprises européennes peuvent vendre plus facilement à l’étranger, elles gagnent en compétitivité (l’excédent commercial est d’ailleurs passé de 2,4 milliards d’euros en février dernier à 4,5 milliards d’euros en mars). Mais il ne faut pas oublier le défaut majeur d’un euro faible et en inflation : tous les actifs en euros perdent de leur valeur et deviennent des proies faciles pour les investisseurs.

A l’heure où l’on accuse les spéculateurs de tous les maux, on comprend bien l’erreur de se féliciter d’une baisse de l’euro dont beaucoup de politiques et d’économistes se réjouissent naïvement…  (voir «La solution de l’inflation, la politique champagne »)

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La solution de l’inflation, ou la politique champagne!

Jean Marc Vittori faisait ce matin l’apologie de l’inflation pour régler le problème de la dette souveraine. (Les Echos)

Evidemment la solution est séduisante, comme les bonnes intentions dont l’enfer est pavé ! Les prix augmentant, la dette des Etats a de moins en moins de valeur et le remboursement est plus facile. Simple n’est-ce pas ?

Oui simple comme détruire l’économie…

Que se passe-t-il lorsqu’on crée de l’inflation ? Les prix augmentent uniformément durablement donc ceux qui possèdent un capital le voient fondre (le pouvoir d’achat de la monnaie diminuant) tandis que les endettés voient leur dette diminuer (la somme qu’ils remboursent n’a plus la même valeur).

Rappelons nous que le moindre changement dans l’économie entraine un changement des comportements. Que vont faire les individus détenteurs de fonds ? Ils vont préférer acheter des biens dont la valeur ne diminue pas (l’or bien évidemment et les biens de luxes comme les œuvres d’art) ; et ces biens ne créent pas de richesse. Donc les détenteurs de fonds vont ralentir la croissance…

Par ailleurs, une variation des prix va transformer les perspectives de gains des investisseurs mal informés. C’était d’ailleurs l’idée de Keynes et de sa fameuse « illusion monétaire ». Les investisseurs voyant que les prix augmentent, pensent qu’il y a des perspectives de gains (des prix qui augmentent impliquent pour eux des plus grands profits…). Mais lorsqu’ils s’aperçoivent que les prix ne reflètent pas l’activité du marché mais simplement la politique de l’Etat, ils quittent les marchés. C’est ce qu’il s’est passé aux Etats-Unis dans le secteur immobilier qui a entrainé la crise que l’on connaît. On a alors faciliter les investissements immobiliers, ce qui a entrainé un sur-investissement dans le domaine et lorsqu’on s’est aperçu qu’il y avait trop de constructions par rapport à la demande immobilière, les prix ont chuté, causant la faillite des investisseurs. Ainsi tenter à nouveau de tromper à nouveau les investisseurs par l’inflation revient à faire de la « politique champagne » : calmer la crise due à la bulle immobilière en créant une nouvelle bulle !

Ainsi, l’inflation va tromper les investisseurs entrainant faillites et chômage à long terme, elle va aussi favoriser les endettés et réduire les bénéfices des détenteurs de capitaux.

Enfin, dans un monde globalisé, l’inflation va réduire le pouvoir de l’euro par rapport aux autres devises. L’euro vaudra de moins en moins cher. C’est un bien pour la compétitivité à court terme mais cela augmentera le coût de nos importations. De plus, l’avantage fourni par la baisse de ces prix va limiter les incitations à devenir plus efficace en innovant et en restructurant nos entreprises.

En clair, les entreprises européennes pourront facilement exporter grâce à la faible valeur de l’euro et utiliseront leur avantage pour retarder l’obligation de maîtriser leurs coûts et de créer de nouveaux produits.

Comment peut-on alors faire la promotion d’un tel système qui a prouvé sa faiblesse dans les années 1980 (avec la mise en place de la « désinflation compétitive ») et qui représente la raison même de la création de la BCE ?

Une chose est sûre. Si la solution de l’inflation est choisie par les Etats, l’UE sera le théâtre d’un combat politique vif entre la BCE et les Etats Membres, qui ne manquera pas de créer un trouble sur les marchés financiers…

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Encore un site d’économie ?

Les économistes sont restés dans leur tour d’ivoire depuis trop longtemps, au point qu’aujourd’hui ils sont accusés de tous les maux et ne trouvent plus de place pour s’expliquer. Trop abstraite, trop complexe, incapable d’expliquer les phénomènes actuels, voilà la conception qu’a l’individu lambda de l’économie. Ce blog a pour but de réconcilier cette discipline simple, vivante et intuitive avec ceux qui s’interrogent sur les problèmes que posent nos économies globalisées. Ici, pas de mathématiques, pas de grands discours ni de suites incompréhensibles de statistiques. Nous ramenons l’économie dans la réalité qu’elle n’aurait jamais du quitter…